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    Culture

    La musique comme moyen d’insertion

    Par L'Economiste | Edition N°:4072 Le 11/07/2013 | Partager
    La Fondation Ténor pour la culture forme les jeunes défavorisés
    Objectif: 200 bénéficiaires mélomanes d’ici à 2016

    Les élèves du programme Mazaya ont présenté lundi 8 juillet leur audition de fin d’année au Centre culturel d’Agdal à Rabat. Après une formation d’un an et demi aux instruments à cordes, ceux-ci ont fait preuve de beaucoup de professionnalisme et de talent sur scène. La relève musicale est assurée!

    AUCUNE fausse note pour le programme Mazaya. Orchestré par la Fondation Ténor pour la culture, le programme prend en charge depuis un an et demi des enfants issus de milieux défavorisés. L’objectif à long terme étant de les former à un métier dans la musique (musicien professionnel, professeur de musique…), sans pour autant les limiter à la musique classique. Le premier pas fondamental est de maîtriser la technique et la culture musicales.
    Mazaya est un programme d’éducation informelle dont la double mission réside en l’alphabétisation fonctionnelle de ces enfants (culture générale, cours de langues et de mathématiques). Et cerise sur le gâteau, leur apprendre à jouer d’un instrument.
    Aujourd’hui, 36 enfants entre 8 et 13 ans font partie de ce projet pilote. L’objectif est de former 200 élèves à Rabat et à Casablanca d’ici à 2016. Si la Fondation se limite pour l’heure à 100 élèves par ville, c’est pour pouvoir constituer deux grands orchestres (un grand orchestre étant constitué de 100 musiciens). 
    Dans un premier temps, Mazaya s’est focalisé sur l’apprentissage des instruments à cordes (violoncelles, violons, altos et contrebasses). Ces instruments étant les plus difficiles à maîtriser, nécessitant une technique qu’il faut apprendre dès le plus jeune âge.
    Pour mener à bien ce programme, la Fondation a su s’entourer de partenaires de taille.
    Le premier partenaire institutionnel est l’INDH. L’Institut soutient ce projet en répertoriant les familles dans le besoin. Ces 36 élèves sont ainsi, pour la plupart, issus de centres INDH. Par la suite, la fondation prend sous son aile des enfants prédisposés à la musique. « Il faut que ces jeunes aient un minimum de pré-requis pour bénéficier de notre formation. Ils doivent avoir le sens du rythme, chanter juste… », soutient Farid Bensaïd, président de la Fondation Ténor pour la culture.
    Le ministère de la Solidarité et du développement social fait aussi partie des partenaires privilégiés du programme Mazaya bien que les accords ne soient pas encore finalisés.
    Une convention a également été signée avec le CHU Ibn Sina de Rabat qui s’occupe du suivi santé des enfants, prodiguant des soins gratuitement.
    Autre coup de pouce majeur, celui de la Fondation Zakoura qui permet aux élèves Mazaya d’obtenir l’équivalent du certificat d’études. Ce qui est un bon début pour une insertion dans la vie professionnelle.
    « Bien entendu, nous avons plusieurs partenaires dans le privé sans qui ce programme ne pourrait exister. Mazaya nécessite beaucoup de moyens et la Fondation Ténor contribue en grande partie à son financement. Nous souhaitons que le programme s’étale sur une durée minimale de cinq ans d’accompagnement », tient à préciser Farid Bensaïd.
    Les organisateurs de Mazaya considèrent que ces enfants sont sauvés par la musique qui leur offre ainsi un moyen de s’insérer dans la société. D’ailleurs, ceux-ci ont constaté qu’en un an et demi, les enfants avaient moins de difficultés à monter sur scène et présentaient plus d’ambition et d’espoir. Ces enfants entre 8 et 13 ans ont fait preuve de grands progrès dans leur apprentissage de la musique.
    Un changement conséquent au niveau de leur comportement s’est également fait ressentir. « Au début, les enfants étaient très agressifs entre eux et arrivaient aux cours ensanglantés. Aujourd’hui, ils sont beaucoup plus calmes et disciplinés. D’ailleurs, un moyen radical de les calmer est de les punir en les privant de leur instrument. Ce qui prouve leur grand intérêt. Ils sont intelligents, ils ont compris que la musique était un moyen d’exister et d’avoir un avenir », explique Bensaïd. Pas de moyen plus concret d’illustrer le vieil adage: «La musique adoucit les mœurs ».
    Selon Nawfal Bouzari, assistant social et coordinateur du projet, le programme Mazaya a pour ambition de donner l’exemple dans toute l’Afrique. « Nous espérons que ce programme prendra de l’ampleur et que d’autres enfants pourront en bénéficier à Rabat, Casablanca, dans d’autres villes du Maroc et, pourquoi pas, dans d’autres pays africains par la suite», soutient-il.

    El Sistema: Le Venezuela comme modèle

    POUR l’élaboration du programme Mazaya, Farid Bensaïd confie prendre exemple sur El Sistema, programme d’éducation musicale qui a su faire ses preuves au Venezuela. Initié par l’économiste et musicien José Antonio Abreu, El Sistema est un modèle de réussite pour le monde entier. Mis en place en 1975, il a formé près de 300.000 enfants à la musique (dont 90% issus de milieux défavorisés). El Sistema a su survivre sous 10 gouvernements différents. Le programme a été dès le début sous la tutelle du ministère des Services sociaux et non celui de la Culture, ce qui a certainement contribué à sa pérennisation.
    Pour la petite histoire, le gouvernement Chavez a été le plus généreux avec le programme El Sistema en finançant l’ensemble de son budget annuel.

    Sanaa EDDAÏF+

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