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Consommation de ciment: La machine grince

Par L'Economiste | Edition N°:4072 Le 11/07/2013 | Partager
Une chute de 12,6% des ventes
Peu d’espoir de reprise sur le reste de l’année

Source: Source: Ministère de l’Habitat
La baisse de la consommation de ciment se fait ressentir avec des proportions comparables dans la majorité des villes du pays. En cause, la crise de l’immobilier et la fin de grands chantiers comme les autoroutes et les infrastructures publiques

La consommation de ciment est l’un des indicateurs économiques les plus avérés. Plus un pays en consomme, plus il est considéré en phase de croissance et de création de valeur ajoutée. La mauvaise santé de l’économie marocaine est un secret de Polichinelle. Quasiment tous les indicateurs sont au rouge. En plus des déficits jumeaux, l’un des plus inquiétants est la chute libre de la consommation de ciment.
Le Maroc qui était qualifié, il y a quelques années, de chantier à ciel ouvert réduit la cadence. Les grues sont bien rangées en attendant des jours meilleurs. Du coup, au 1er semestre 2013, la consommation a reculé de 12,6% pour s’établir à 7,7 millions de tonnes contre 8,8 millions de tonnes sur la même période l’année précédente. Plusieurs éléments peuvent expliquer cette tendance. D’abord, les premiers mois de l’année ont connu une forte pluviométrie qui a conduit à plusieurs arrêts de chantiers. Ensuite, l’immobilier qui constitue la plus grande part de la consommation du ciment traverse un passage à vide. Les promoteurs broient du noir en particulier dans le haut standing qui est bon an mal an en perte de vitesse. Pis encore, même le logement social qui tirait la croissance du secteur s’essouffle. Cette crise a réellement commencé depuis l’année dernière. Après une courbe haussière qui a débuté depuis 2005, la production de logement a fléchi en 2012 (voir infographie). Les mises en chantier ont reculé de 11% avec une baisse de 5% des logements achevés. Faute de liquidités chez les promoteurs, les travaux s’étalent sur des périodes plus longues qu’auparavant. Pour cette année, à fin février, 544 projets de logements sociaux, totalisant 398.808 logements, ont reçu l’avis favorable (ou favorable sous réserve des agences urbaines). Au total, 381 projets ont été autorisés, avec une consistance prévue de 278.788  logements en légère hausse par rapport à 2012. Le nombre de logements, dont les travaux ont démarré, est de 309 projets totalisant 224.694 logements.
De façon surprenante, l’encours de crédits à l’immobilier a enregistré un accroissement de 7,5% sur la même période par rapport à fin février 2012. Par contre, certains produits de financement échappent à la croissance. En mars 2013, le nombre de dossiers garantis dans le cadre du Fogarim s’élève à 1.201 prêts contre 1.434 en février 2012, soit une régression mois à mois de 16,25%. Une situation attribuée en partie au resserrement des conditions d’octroi de ces prêts à cause de la hausse du défaut de paiement. L’autre importante composante de la consommation de ciment est l’auto-construction. L’érosion du pouvoir d’achat a conduit plusieurs ménages à reporter leur projet de construction ou à les redimensionner. La composante politique est également très liée à l’auto-construction. Depuis très longtemps, les périodes électorales sont accompagnées d’une hausse des constructions anarchiques. Les autorités deviennent habituellement moins regardantes sur les normes et les travaux. Ainsi, l’attente des élections communales contribue à temporiser les constructions. Côté perspectives, les opérateurs sont peut optimistes. Une récente étude de BMCE Capital prévoit une baisse annuelle de 8%.
En outre, le recul de la consommation du ciment est quasiment ressenti sur l’ensemble du territoire. Seuls deux des 16 régions du pays enregistrent une hausse. Casablanca, qui continue à accaparer la première place en matière de consommation de ciment, affiche l’une des plus fortes baisses de consommation au premier semestre.

IL.B.

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