×
  • L'Editorial
  • régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Le prix de L’Economiste pour la recherche en économie, gestion et droit
    Entreprises

    Caisse centrale de garantie
    Nouveau mode opératoire

    Par L'Economiste | Edition N°:4072 Le 11/07/2013 | Partager
    Un seul acteur, un seul opérateur et une cible choisie
    Grosse offensive de la garantie crédit sur le marché
    Effet de levier comparativement aux subventions

    Le modèle marocain de garantie fait partie des plus performants au monde. Le benchmark montre que la CCG fait presque jeu égal avec son homologue français, bien devant d’autres grandes puissances économiques

    L’issue de la réforme du système national de garantie, opérée fin 2012, aura permis une meilleure lisibilité du marché de la garantie. Désormais, les choses sont claires. L’Etat est le seul acteur du secteur, les très petites, petites et moyennes entreprises (TPME), la cible prioritaire, et la Caisse centrale de garantie (CCG), opérateur unique. Un coup de balai qui met donc fin à la dilution des efforts publics, fournis depuis la création de l’institution il y a 64 ans. Une récente étude sur l’impact de la garantie, portant sur un échantillonnage de 10% des entreprises clientes, soit 400 TPME, commanditée par la CCG à un cabinet international indépendant, a permis de mesurer l’additionnalité induite par la garantie. Etant entendu que l’application du principe d’additionnalité exige que la garantie s’ajoute mais ne se substitue pas aux crédits. «Il est prouvé aujourd’hui que le système national de garantie porté par la CCG crée une grande valeur ajoutée», souligne Hicham Zanati Serghini, directeur général par intérim (depuis deux ans). Le management démontre, chiffres à l’appui, que la garantie «est un effet de levier important comparativement à des systèmes de subventions». Pour une dotation de 1 DH dans le processus de garantie des crédits, c’est l’équivalent de 22 DH investis qui rapporteront à leur tour au Trésor public d’importantes recettes fiscales. Les banques ont bien compris les bienfaits de ce mécanisme dont le seul bailleur de fonds est le budget de l’Etat.
    Elles utilisent la garantie comme outil pour financer davantage les PME risquées. Une chose est sûre, les mécanismes mis en place par la CCG sont orientés secteurs et non en fonction des stades de vie de l’entreprise. Et la simplification de la lisibilité des fonds de garantie et des critères d’éligibilité rend facile leur maîtrise par le réseau bancaire et les entreprises cibles.
    Aujourd’hui, la CCG a les coudées franches. Elle agit seule. Elle finalise son déploiement physique en mettant en place des centres régionaux. En plus des deux centres déjà fonctionnels à Tanger et Agadir, quatre nouveaux vont s’y ajouter cette année à Casablanca, Fès, Oujda et Marrakech. Le but étant de déployer une task force composée surtout de commerciaux et de conseillers, au fait de l’activité bancaire, pour «prêcher la bonne parole».
    A marche forcée certes, mais la CCG entend jouer entièrement son rôle et surtout le faire savoir. Son plan de développement 2013-2016, qui s’articule autour de deux axes offre-produits et modernisation de l’institution, en dit long sur le nouveau mode opératoire de la Caisse. Elle vient de mettre sur le marché de nouveaux produits pour «consolider l’offre de garantie générique en faveur des TPME», mais aussi une offre de produits triptyque pour accompagner la dynamique des entreprises cibles à l’export: Mezzanine export concerne des prêts participatifs subordonnés ou jumelés à un prêt bancaire; Damane export, c’est une quotité de garantie de 70% pour les crédits d’exploitation; Cautionnement des marchés à l’étranger. Il s’agit d’une garantie à 70% des cautionnements de soumission, de restitution, d’avance, de bonne fin, de retenue de garantie…, exigés au titre de marchés à l’étranger. La Caisse lance également de nouveaux produits pour renforcer l’offre dédiée à la création des TPME. Elle crée ainsi un fonds de fonds pour la structuration de trois fonds de capital risque, un fonds pour garantir les prêts d’honneur, Mowakaba, octroyés par certaines associations accompagnant des TPME et une garantie préférentielle, Ilayki, de 80% pour les crédits à la création des TPE par des femmes. Dans son nouveau plan de développement, la CCG réaménage aussi son offre Enseignement plus. Le plafond du montant du crédit garanti passe désormais de 100.000 à 250.000 DH, à raison d’un plafond de 50.000 DH par année d’études. Il est élargi à un plus grand nombre de filières de formation. La durée du différé des remboursements gagne également un an. Elle passe de 5 à 6 ans. L’autre nouveauté, c’est la possibilité désormais d’octroi du crédit soit à l’étudiant, soit à son tuteur ou aux deux en même temps.
    Pour faciliter le déploiement de ces nouvelles offres, la CCG jettera son dévolu sur la dynamisation et l’ancrage régional de son action pour jouer serrer. Les huit centres régionaux à l’horizon 2014 permettront d’accompagner le réseau bancaire local dans la promotion justement de ces offres, «pour mieux servir la TPME». Ces centres vont assurer la proximité auprès d’elles, en les conseillant dans leur montage financier de projet et le suivi des engagements sur le terrain. 
    Le business model élaboré et porté par la CCG recherche un juste équilibre entre l’intervention de l’Etat et la logique du marché. Pour cela, l’Etat prend plus que sa part de risque global et accepte moins de son rendement global. Autrement dit, l’Etat ne se substitue pas au marché, son intervention a juste un effet de catalyseur.


    Bachir THIAM

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc