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    Par L'Economiste | Edition N°:4070 Le 09/07/2013 | Partager
    Les entreprises s’impliquent pour l’employabilité des jeunes
    Mais peu d’entre elles associent leur enseigne à des masters

    Les lauréats de l’Enseignement supérieur sont ceux qui souffrent le plus du chômage. Selon les statistiques 2011 du HCP, globalement un chômeur sur quatre est diplômé de niveau supérieur. Le taux de chômage des lauréats des facultés est considérable, soit 22,3%. Car ils n’ont pas reçu les outils leur permettant de répondre aux besoins du marché de l’emploi

    L’université publique continue, malheureusement, à former des profils dont les qualifications sont très éloignées des attentes des entreprises. Pour recruter des managers, les patrons regardent plutôt du côté des lauréats des Grandes écoles et des établissements privés. Les diplômés des facultés, eux, se voient souvent proposer des postes techniques, car ils n’ont pas été formés pour devenir des «challengers». Ils manquent cruellement d’esprit de leadership, de capacités à communiquer et à résoudre des problèmes. Ils ne sont pas habitués à travailler en équipe et n’ont qu’une vague connaissance du monde du travail.
    L’efficacité du système de l’enseignement étant ce qu’elle est, les entreprises ont bien compris qu’il fallait prendre en main la formation de leurs futurs cadres et techniciens. De plus en plus, elles participent à l’animation, voire à la conception des modules pédagogiques et signent des conventions avec les établissements de l’enseignement supérieur. Beaucoup n’hésitent pas à mobiliser leurs cadres pour animer des modules, sélectionner des candidats, diriger des séminaires, mais très peu décident d’associer leur nom à un master particulier. Car cela nécessite un engagement encore plus fort dans la formation, y compris sur le plan financier. Les établissements de l’enseignement, pour leur part, notamment du côté du privé, ne sont pas tous partants pour l’idée. «Nous préférons rester neutres quant au marketing de nos masters, car il pourrait être difficile d’attirer d’autres entreprises par la suite», explique Yasmine Benamour, administrateur de l’Institut des hautes études de management (HEM). 
    Attijariwafa bank (AWB), elle, a initié en 2008 le master «Banque et marchés financiers», en partenariat avec la Faculté de droit de Casablanca (Aïn Chock), Banco Santander et l’Université de Cantabria (Espagne). Le groupe a dû mettre les moyens pour garantir la réussite de ce diplôme qui compte déjà 140 lauréats (70 en cours de formation). Des locaux équipés sur deux étages, en plein centre-ville, ont été mis à disposition des étudiants.
    La banque offre une vingtaine de stages rémunérés sur une durée de 6 mois. Elle finance aussi les activités para-universitaires et prend en charge, en partie, les frais des voyages d’études en Espagne au profit d’une douzaine d’étudiants par an.
    «Les professionnels ont été associés à la définition du contenu pédagogique dès le début. Par conséquent, le taux d’insertion des trois premières promotions frise les 100%», relève Chadia Bennani, directrice de la fondation Attijariwafa bank. Le master, qui en est à sa 4e promotion, compte actuellement quelque 66 intervenants, dont 20 d’AWB, 8 de Banco Santander et 10 professionnels du secteur.
    D’autres entreprises préfèrent monter leurs propres écoles et instituts.
    L’OCP est en train de lancer l’université polytechnique Mohammed VI à Benguerir, dont l’ouverture est prévue en septembre prochain (sans compter ses 5 centres de formation dédiés aux jeunes, dans le cadre du programme OCP Skills).
    A la faveur des plans sectoriels, les fédérations professionnelles, elles aussi, s’engagent dans la formation, à l’instar de celle du tourisme (FNT) qui co-gère un institut public à Casablanca (Sidi Bernoussi). «Les étudiants sont formés en alternance à 80% sur le terrain et à 20% à l’institut. Il s’agit d’une expérience pilote qui sera élargie à 8 instituts», précise Saïd Tahiri, directeur de la fédération. La FNT est par ailleurs présente dans le comité de sélection et d’orientation de plusieurs universités.
    Dans le BTP, les professionnels ont aussi opté pour la construction de leur propre école à Settat (pas encore ouverte), pour un investissement de 200 millions de DH.
    L’Association marocaine des industries solaires et éoliennes (Amisole) pilote des formations qualifiantes dans les énergies renouvelables,  en partenariat avec l’OFPPT. La Fédération nationale de l'électricité et de l'électronique (Fenelec), pour sa part, vient de signer une convention avec l’OFPPT pour la transformation de l’institut de Aïn Borja en centre spécialisé en énergies renouvelables. Au total, la Fenelec gèrera 3 instituts dédiés, à Oujda, Tanger et Ouarzazate.
    «Nous avons de nouveaux métiers qui se créent chaque jour dans le secteur et nous devons assurer des profils adéquats», insiste  Tagmouti, président de la Fenelec.
    C’est la plus ancienne expérience au Maroc, chez les textiliens, les opérateurs interviennent via l’Esith (Ecole supérieure des industries du textile et de l'habillement), dont l’Amith est actionnaire à hauteur de 24%. Toutes les formations de l’école, créée en 1996, sont réalisées en concertation avec les professionnels. Un millier de stages en entreprise sont organisés chaque année. «Le taux d’insertion des lauréats est de 100% à 6 mois de la sortie de l’école», assure Abderrahmane Farhate, DG de l’école.
    Les professionnels de l’aéronautique ont également conçu leur propre modèle de formation, à travers l’Institut des métiers aéronautiques (IMA), formant des techniciens et des middle-managers en fonction des besoins des entreprises. Lancé en 2011, il est censé former 800 profils d’ici à 2015.

    Maîtrise des langues étrangères, une vraie tare…

    C’EST un fait, les lauréats de l’enseignement public ne maîtrisent pas les langues étrangères, à commencer par le français. Les tests effectués au niveau des facultés montrent que seuls 2% des étudiants justifient d’un bon niveau de français. Les groupes de niveau intermédiaire ne représentent que 14% du total. La plupart ont des niveaux de maîtrise faibles à très faibles. Pour le moment, peu d’universités s’y attèlent en partenariat avec des entreprises. La tutelle a promis de s’attaquer à ce problème. Le ministre de l’Enseignement supérieur, Lahcen Daoudi, a récemment annoncé que l’enseignement de la langue française sera dispensé aux étudiants dès l’obtention du baccalauréat, au mois de juillet.

    Ahlam NAZIH

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