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Analyse

Essaouira/Gnaoua
Le festival qui valait 300 millions!

Par L'Economiste | Edition N°:4070 Le 09/07/2013 | Partager

Neïla Tazi, directrice et productrice du festival Gnaoua Musiques du Monde, promet une belle édition pour 2014, sans vouloir en dire trop: «La prochaine édition sera pleine de surprises, patience donc! Mais réservez vos dates du 12 au 15 juin 2014!»

Le festival Gnaoua Musiques du Monde est le rendez-vous culturel annuel par excellence d’Essaouira. Voilà plus de 16 ans qu’il continue de séduire et de surprendre un public fidèle qui vient de partout du Maroc et de l’étranger. De grandes têtes d’affiche s’y sont produites: de Youssou N’Dour à Omar Sosa, les plus grands maâlems… et bien d’autres! Seulement, pour organiser un événement d’une telle ampleur, il faut y mettre du cœur, de la logistique… et beaucoup de moyens!

- L’Economiste: Le festival Gnaoua prend de l’ampleur chaque année. Quelle a été l’évolution du budget en 16 ans et quels en sont les enjeux?
- Neïla Tazi: En 16 ans, le budget du festival est passé de 600.000 à 12 millions de dirhams. Nous n’avons pas de financement de la ville, 90% des fonds viennent de sponsors privés ou semi-publics qui renforcent leur contribution parce qu’ils ont confiance en ce projet et les valeurs qu’il défend. 10% de nos ressources sont des fonds publics. Au fil des ans, la programmation se renforce, les durées des résidences s’allongent, les scènes et les conditions techniques se transforment… De plus, le festival abrite désormais un forum international. Nous  nous efforçons de parfaire cet évènement pour qu’il soit à la hauteur des ambitions de notre pays et des attentes d’un public fidèle.
- Quel est l’apport de la médiatisation au succès de l’événement?
- Le soutien des médias est un réel capital du festival. Il a commencé il y a 16 ans avec un appui manifeste et massif de la presse nationale, puis a fait l’objet d’un intérêt croissant de la presse internationale.
Nous avons évalué à plus de 500 millions de dirhams la visibilité du festival dans les médias au cours de ces années, par le travail de relations presse et de partenariats médias.
Une campagne médiatique annuelle représente 600 passages promotionnels sur des chaînes de télévision  nationales et internationales, 1.300 passages sur des radios marocaines et étrangères, 60 annonces dans la presse écrite.  Plus de 200 journalistes accrédités, en provenance de tous les continents, couvrent le festival. En moyenne, 300 articles paraissent dans la presse, 140 reportages TV et radio sont diffusés, 250 interviews réalisées. Au-delà du quantitatif, c’est forcément sur l’authenticité et l’originalité du projet, sur la force des messages, que repose la notoriété éditoriale du festival.
J’aimerais enfin signaler qu’un des meilleurs baromètres de popularité du festival est l’écho formidable qu’il rencontre dans les réseaux sociaux. Le festival totalise sur Facebook 23.300 fans et plus de 500.000 personnes l’ont suivi sur le Web à travers le site gnaoualive.com.
- Qu’en est-il de l’attractivité des touristes et des recettes générées? 
- Le festival représente un formidable rendez-vous pour le tourisme culturel. Le taux d’occupation dépasse largement la capacité hôtelière. Pendant une semaine, la ville est pleine, les hôtels, les maisons d’hôtes… La particularité d’Essaouira, c’est qu’il y a beaucoup de locations de particulier à particulier. La présence de touristes étrangers est de plus en plus visible d’une édition à l’autre, mais qu’ils soient nationaux ou étrangers, les touristes sont bel et bien là.  Toute la ville en bénéficie: hôtels, restaurants, commerçants, artisans… Le maire d’Essaouira a annoncé que 300 millions de dirhams sont injectés dans la ville pendant la période du festival.
- Pourtant, d’aucuns estiment que le festival dénature l’esprit de la ville des Alizés?
- Au contraire! Le festival est connu pour son ambiance magique parce qu’il se produit une formidable alchimie entre la ville et les festivaliers, entre les artistes et le public. C’est tout cela qui fait le charme du festival Gnaoua: la magie des fusions et l’hospitalité d’une ville où il fait bon se promener d’un lieu à un autre en toute quiétude. Il est vrai qu’au début des années 2000, la ville était prise d’assaut. Il n’y avait alors presque aucun autre festival populaire au Maroc et c’étaient des vagues humaines qui se déversaient sur la ville. Depuis, les choses ont évolué: les festivals se sont multipliés et l’approche qualitative a repris le dessus. Les retombées économiques ont été tellement importantes que le festival est attendu par la grande majorité des Souiris comme une véritable bouffée d’oxygène. Je précise aussi que 200 personnes sont recrutées localement par  l’organisation.
- Rencontrez-vous encore des difficultés au niveau de l’organisation?
- Les conditions d’organisation ont clairement évolué et en particulier la collaboration avec les pouvoirs publics et divers responsables locaux. Les difficultés sont donc surtout d’ordre financier parce que, bien que le budget évolue, il reste encore en deçà des besoins. Pour créer les conditions d’une solide  pérennisation d’un festival de cette ampleur, il est important d’avoir une vision ambitieuse, mais désormais partagée en amont par l’ensemble des acteurs. L’évolution réside dans les modalités d’un nouveau partenariat avec les opérateurs locaux, un partenariat dans lequel tout le monde serait plus engagé. Nous pourrions par exemple imaginer la mise en place d’une taxe qui serait reversée au festival pour en allonger la durée, car il y a un potentiel pour une semaine pleine. Le tourisme local y gagnerait, mais les moyens manquent.
Un long chemin a été parcouru, mais un nouveau palier important reste encore à franchir dans l’approche collective pour le développement du projet. Nous sommes confiants.

 

Propos recueillis par Sanaa EDDAÏF

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