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    Analyse

    Défense commerciale : Un plan contre l’anarchie des importations

    Par L'Economiste | Edition N°:4069 Le 08/07/2013 | Partager
    Le décret sur la sécurité des produits et des services mettra de l’ordre
    Un statut de l’importateur est également en préparation

    Fini la récréation pour les amateurs des opérations coup de fusil! Abdelkader Amara, ministre de l’Industrie et du Commerce, affirme que le décret d’application de la loi 24-09 sur la sécurité des produits et des services, qui vient d’être publié au BO, va mettre de l’ordre dans les importations. Une activité effectuée parfois au détriment des entreprises, des consommateurs et des intérêts économiques du pays. Depuis quelques années, plusieurs opérateurs, dont des industriels, se sont reconvertis dans l’import, spécialement à partir de Chine. Des bureaux ont même été ouverts au Maroc offrant un package de prestations dont un billet d’avion jusqu’à l’hébergement en Chine, en passant par un accompagnement personnalisé et même l’interprétariat. En cause, les faibles prix pratiqués par ce pays. Mais pour certains importateurs, la Chine offre des perspectives de rentabilité intéressantes en raison de méthodes anticoncurrentielles telles que la sous-facturation, la triche sur les règles d’origine, la valeur…
    Conséquence: le Maroc n’est lié à l’empire du Milieu par aucun accord préférentiel. Et pourtant, 8.000 importateurs achètent pour 26 milliards de dirhams de marchandises chinoises. Ce qui explique le recul des échanges commerciaux du Maroc avec l’UE, qui sont passés de 75 à 60%. Les produits importés de Chine sont souvent décriés pour leur nature basique et le plus souvent leur mauvaise qualité, quand ils ne sont pas dangereux pour la santé des citoyens. Des produits qui auraient pu être fabriqués localement si le Maroc disposait d’un tissu industriel performant. Mais ce qui suscite l’ire de Miriem Bensalah Chaqroun, présidente de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), c’est que «l’informel représente 90% de ces marchandises. Ces importations obéissent à des règles de façade, mais la partie immergée de l’iceberg attaque beaucoup plus en profondeur le tissu économique qu’on ne le croit».
    Le décret d’application de la loi devrait remettre de l’ordre dans les importations «sauvages». Tous les produits, de fabrication locale ou importés, devront répondre désormais aux exigences de sécurité et être conformes aux normes. Les contrôles relèveront de la compétence d’une commission comprenant les ministères de l’Industrie et du Commerce, de l’Intérieur, des Finances et le département ministériel concerné par un produit ou un service. Un système d’alerte sera mis en place au cas où un produit ou un service présenterait un danger pour les consommateurs. Qu’il soit produit localement ou importé. Le cas échéant, ledit produit serait retiré ou récupéré. Le décret définit les caractéristiques de certains produits et services et prévoit l’attribution d’agrément à des organismes d’évaluation de conformité. Un arsenal juridique qui sera renforcé par le projet de réglementation relative au statut d’importateur. Des textes qui compléteront la panoplie d’instruments réglementaires en matière de défense commerciale.

    Omar Tazi, PDG de Sothema: «Il faut mettre en place des garde-fous»
    Le Maroc veut promouvoir la fabrication des génériques. Or, si les fabricants étrangers s’installent dans notre pays, ce sera la fin des génériqueurs marocains. En effet, ces industriels disposent d’un avantage concurrentiel qui est de produire des matières premières, ce qui n’est pas le cas des industriels marocains. Comment peut-on dans ces conditions concurrencer un pays qui produit des matières de base? C’est la raison pour laquelle nous avons toujours appelé à la mise en place de garde-fous comme aux Etats-Unis et en Union européenne. Les formalités d’enregistrement des médicaments ne sont pas suffisantes. En effet, le gouvernement ne pourra pas rejeter les dossiers des entrants car ils sont toujours bien montés. Il existe d’autres mesures pour protéger les laboratoires nationaux. Si ces mécanismes sont mis en œuvre, je vous garantis que les prix des produits de biotechnologie, pourront baisser du tiers ou du quart. Mais à condition qu’ils soient fabriqués localement. Actuellement, nous exportons l’insuline dans une quinzaine de pays africains. Des laboratoires internationaux sont gênés car cela les oblige à baisser leurs prix.

    El Mostafa Sajid, président de l’Amith, «Hors subventions, le Maroc reste compétitif!»
    Le Maroc est signataire de plusieurs accords de libre-échange, notamment avec l’Union européenne. Si le Royaume peut être considéré comme le meilleur élève de la classe, les pays européens ne respectent pas leurs engagements. A titre d’exemple, nous avons procédé au sein de l’Amith à une étude qui démontre que l’Espagne et l’Italie pratiquent de manière fulgurante la sous-facturation.
    Toutes les importations en provenance de ces deux pays par rapport aux secteurs marocains sont sous-facturées et bénéficient en plus de zéro droit de douane. Ce qui est extrêmement dangereux! Il y a également des pays qui subventionnent leurs entreprises à l’étranger à hauteur de 10 à 15%. A titre d’exemple, la Turquie subventionne une chaîne de magasins pour s’installer dans notre pays. Il est donc normal que ces structures soient plus compétitives que leurs homologues marocaines. De plus, c’est illégal. Pis encore, ces subventions ne sont jamais déclarées!

    Hassan EL ARIF

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