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    Politique Internationale

    Les incertitudes au lendemain du départ de Morsi

    Par L'Economiste | Edition N°:4068 Le 05/07/2013 | Partager
    Arrestations, violences et censure… la face cachée d’une destitution
    La situation divise la communauté internationale

    LA rue est arrivée à ses fins. Mercredi 3 juillet, le président Mohamed Morsi est destitué par l’armée. Le premier président civil de l’histoire contemporaine de l’Egypte n’aura pas tenu plus d’une année. Et dire qu’initialement les Frères musulmans pensaient ne pas présenter de candidat à l’élection présidentielle de juin 2012...
    Atypique. C’est bien l’adjectif qui sied le mieux à l’opération ayant mené à la chute du pouvoir des Frères musulmans, annoncés grands vainqueurs de la révolution de 2011. S’il s’agit clairement d’une décision des forces armées, ce coup d’état n’en demeure pas moins porté par les aspirations populaires.  Toujours est-il que la situation n’est pas au beau fixe, loin s’en faut. La violence est toujours perceptible place Tahrir, où l’on recense une centaine d’agressions sexuelles. Aussi, 6 chaînes de télévision ayant couvert les contre-manifestations des partisans de Morsi ont été fermées, 2 leaders des frères musulmans, Saad al-Katatni et Rashad al-Bayoumi, ont été arrêtés. 
    Le lendemain, la sécurité égyptienne a ordonné l’arrestation de 300 membres des Frères musulmans, le mouvement du président déchu Mohamed Morsi, a annoncé le journal gouvernemental Al-Ahram dans son édition de jeudi. Un responsable au ministère de l’Intérieur a confirmé à l’AFP que «des membres des Frères musulmans» étaient recherchés après le lancement de mandats d’arrêt à leur encontre, sans donner d’autres détails. Morsi a lui-même été transféré au ministère de la défense où il est détenu seul et «de façon préventive». Et surtout, la police militaire a procédé à l’arrestation du guide suprême des Frères musulmans, Mohamed Badie.
    Autant dire que beaucoup d’incertitudes gravitent autour d’une situation qui parait paradoxale. La ferveur populaire et l’isolement des Frères musulmans expliquent-ils une levée de boucliers? Ce n’est pas l’avis des éditoriaux du «Monde», du «Guardian» et du «New York Times», qui dénoncent clairement une ingérence de l’armée dans les affaires civiles, d’autant que Mohamed Morsi a été élu suite à un suffrage reconnu internationalement comme transparent. Constat partagé en Espagne par El Pais, qui décrit l’intervention de l’armée comme une «humiliation pour la démocratie», et s’étonne de la réaction des Egyptiens. «Les manifestants ont accueilli la nouvelle avec liesse. Ce fut une preuve supplémentaire du mythe qui confère à l’armée égyptienne un rôle de sauveur de la patrie. Mais l’Egypte n’avancera pas tant qu’elle n’aura pas remis l’armée à sa place», prévient le quotidien espagnol. Avant de conclure que les militaires jouent «un rôle important dans le désastre égyptien».
    Les réactions de la communauté internationales sont aussi mitigées. Si la France dit «prendre acte» des changements, la plus vive réaction est venue de l’Allemagne, dont le ministre des Affaires étrangères Guido Westerwelle a évoqué «un échec majeur pour la démocratie en Égypte». Et d’ajouter : «Il est urgent que l’Égypte retourne aussi vite que possible à un ordre constitutionnel»,  se faisant l’écho au message envoyé par plusieurs dirigeants occidentaux. Le président américain Barack Obama s’était dit «profondément inquiet» de l’évolution de la situation dans le plus grand des pays arabes, auquel les États-Unis apportent une aide militaire essentielle.


    Abdessamad NAIMI

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