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Economie

Défense commerciale
L’arsenal juridique doit être complété

Par L'Economiste | Edition N°:4068 Le 05/07/2013 | Partager

Hassan Sentissi: «L’ampleur du problème qui handicape l’offre exportable marocaine nécessite une politique intégrée qui porte sur la gestion des importations, les mesures de sauvegarde et le soutien de la compétitivité à l’export»

L’Association marocaine des exportateurs (Asmex) organise ce vendredi une rencontre sur la défense commerciale. Un événement qui intervient au moment où plusieurs secteurs, tels que la sidérurgie, le PVC, le contreplaqué, l’insuline ou encore la pâte à papier, se plaignent du dumping ou d’importations massives ou abusives. Entretien avec Hassan Sentissi, président de l’Asmex

- L’Economiste : Dans quel contexte s’inscrit la rencontre d’aujourd’hui sur l’application de la défense commerciale?
- Hassan Sentissi: La rencontre d’aujourd’hui s’inscrit dans le cadre des débats et forums que l’Asmex compte animer sur les problématiques nationales concernant les exportateurs marocains. L’objectif étant de créer un espace d’échange constructif qui permet ainsi aux professionnels, d’un côté, d’exposer aux représentants des pouvoirs publics leurs points de vue sur les enjeux du développement de l’offre exportable et, de l’autre côté, de s’informer sur les actions qu’entreprend l’administration pour soutenir les activités exportatrices et améliorer les conditions de déploiement à l’international.
Le débat d’aujourd’hui porte pour nous beaucoup plus sur les conditions d’efficacité à l’exportation en sachant que la sauvegarde du tissu économique en est une base importante. Il ne s’agit pas pour nous de défendre en quoi que ce soit la protection, mais de sensibiliser toutes les parties concernées à l’importance d’actionner les mesures de sauvegarde pour défendre les secteurs qui souffrent d’une concurrence déloyale avérée. En tout état de cause, cette action s’insère dans le cadre de notre plan d’information et de formation des exportateurs qui constitue un des piliers majeurs du plan d’actions du nouveau Bureau de l’Asmex.

- Comment le Maroc peut-il concilier les intérêts de l’industrie nationale, du consommateur avec les engagements des accords de libre-échange?
- Vous avez raison, il est impératif d’assurer un équilibre entre le développement des échanges commerciaux et la sauvegarde du tissu productif national.
Le Maroc a volontairement pris des engagements à l’international qu’il doit tenir. Il doit tout autant prendre en considération les intérêts de l’entreprise et du marché intérieur lorsqu’ils sont soumis aux attaques concurrentielles déloyales.
En effet, en ces temps de crise mondiale persistante, de nombreux secteurs d’activités font face à une concurrence étrangère déloyale, pratiquée par des subventions ou par le dumping pur et dur. Il convient d’actionner notre arsenal de mesures de sauvegarde en les appliquant efficacement et dans les délais requis.
Pour ce faire, notre arsenal juridique doit être complété et nos services administratifs concernés doivent être renforcés en experts qualifiés et en moyens comme le font d’ailleurs des pays proches de nous.

- Les requêtes des opérateurs nationaux prennent souvent plusieurs mois avant d’aboutir. Le Maroc a-t-il vraiment les moyens d’appliquer les règles de défense commerciale ?
- Le Maroc a adopté la loi 16-09 relative aux mesures de sauvegarde conformément aux règles de l’OMC. Nous avons également un service concerné au niveau du département du Commerce extérieur qui a lancé plusieurs enquêtes. Le temps assez long est peut-être justifié, puisque les enquêtes doivent suivre une procédure fastidieuse qui ne concerne pas seulement des opérateurs locaux, tant les exportateurs que les importateurs du produit objet de la requête, mais aussi les fournisseurs étrangers.
Les règles internationales du dumping, du subventionnement et de sauvegarde sont très pointues et nécessitent une expertise pointue que notre pays possède.
En tout cas, le ministère concerné et le gouvernement dans sa globalité sont sensibilisés à ce problème et doivent signer des accords dans ce sens avec des pays étrangers. Il n’empêche que l’ampleur du problème qui handicape l’offre exportable marocaine nécessite une politique intégrée qui porte sur la gestion des importations, les mesures de sauvegarde et le soutien de la compétitivité à l’export.

- Quel rôle l’Administration des douanes et les ambassades du Maroc doivent-elles jouer pour sauvegarder le tissu industriel contre le dumping?
- L’Administration des douanes et les ambassades doivent jouer un rôle proactif en matière notamment de veille sur les marchés, en général, et sur les pays connus par leurs pratiques de dumping, en particulier, pour anticiper les actions à entreprendre. Il incombe à la douane d’assurer la sauvegarde tant des intérêts du budget de l’Etat que ceux des entreprises et de leurs employés.

- Que propose l’Asmex pour une stratégie efficiente en matière de défense commerciale ?
- C’est une question de mobilisation de tout le pays, chacun à son niveau de responsabilité, pour lutter contre les attaques commerciales déloyales contre nos entreprises et notre économie. Notre législation doit être complétée; les services concernés doivent être renforcés, et notre système d’intelligence économique et de veille mis en marche. Certains aspects de nos accords avec nos partenaires doivent être revisités comme c’est aujourd’hui le cas de l’ALECA. De même que de nouveaux accords utiles doivent être activés comme celui avec l’UEMOA, qui a mis tant de temps à être ratifié.


Propos recueillis par Hassan EL ARIF

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