×
  • L'Editorial
  • régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Le prix de L’Economiste pour la recherche en économie, gestion et droit
    Economie

    Tourisme/Ramadan: Le pari difficile du remplissage

    Par L'Economiste | Edition N°:4068 Le 05/07/2013 | Partager
    Les professionnels rivalisent d’astuces
    Prix et packages alléchants

    En dehors des zones touristiques, comme ici à Jamaâ Fna, il peut s’avérer difficile de trouver un restaurant, un café ouvert hormis dans les grands hôtels. Pensez donc à vous renseigner sur place ou auprès des bureaux du tourisme

    C’est devenu un casse-tête pour les professionnels du tourisme. Le duo infernal Ramadan-vacances. Chaque année, c’est la même question: comment attirer la clientèle marocaine en période de Ramadan dans les hôtels et stations balnéaires touristiques? Pis encore, cette année, Ramadan coïncide avec la saison des grandes vacances,  à cheval sur les deux mois-pic de l’été, juillet et août. Certains professionnels ne s’en cachent plus: Ramadan en été, disent-ils, est une mauvaise affaire pour le secteur. Cet hôtelier confie clairement que «Ramadan est synonyme d’assèchement d’une manière très forte sur le marché local et d’une manière variable sur les marchés leaders européens, notamment français où l’impact est plus ressenti. Puisque c’est un marché beaucoup plus familier à la destination Maroc».
    La deuxième contrainte que pose le Ramadan au secteur, est le fait que ce rendez-vous soit sur une échelle mobile. Si c’était un rendez-vous à date ou période fixes, les professionnels du secteur auraient au fil des ans, en essayant différentes formules, fini par trouver la formule qu’il faut pour dynamiser le marché local. C’est une affaire de longue haleine, «le temps de lancer une offre pertinente, adaptée, il faut du temps. Et entre-temps justement, le Ramadan s’est décalé d’un mois», caricature cet hôtelier. Sachant que le marché du tourisme local reste figé à 95% en période de Ramadan.
    A ces contraintes s’ajoute que la tradition bien établie, voulant que les Marocains résidant à l’étranger (MRE) reviennent au pays pour le Ramadan, est de moins en moins respectée. Et cela peut se comprendre. Pour éviter d’avoir à supporter en plein jeûne les chaleurs écrasantes de certaines destinations, les MRE restent souvent insensibles aux packages touristiques pourtant alléchants. En cette période de jeûne, ils ont de plus en plus tendance à raccourcir leurs vacances au «bled» pour retrouver les températures plus clémentes de France et d’ailleurs. Ici et là, on constate, au niveau des frontières, les première vagues de retour de vacanciers dans leur pays d’origine. Les plus jeunes étant les plus réticents à passer Ramadan au «bled», l’été. 
    Aujourd’hui, en tout cas, les professionnels redoutent que les MRE, grands amateurs de vacances d’été dans le Royaume, ne soient pas au rendez-vous pendant le mois de Ramadan.Ce qui n’est pas sans conséquence négative sur la clientèle domestique, tant les MRE ont cette capacité à entrainer leurs familles restées au bled dans leurs plans de vacances estivales. Un seul mot d’ordre pour les professionnels du secteur: les convaincre qu’une fois passée la rupture du jeûne, ils retrouveront les soirées à l’ambiance traditionnelle et familiale unique. Pour cela, les hôteliers multiplient les initiatives. Ils ont pour la plupart revu à la baisse leurs prix, pour sauver la saison estivale. Ce qui devrait l’être, car la destination est bien référencée parmi les meilleures cet été chez les TO et agences de voyages des marchés émetteurs.
    Dans la région, seule l’Espagne avec ses offres séduisantes qui attirent même les vacanciers marocains s’offre en alternative pour les touristes qui devaient se rendre initialement en Turquie, Egypte ou Tunisie. Nos réceptifs ont compris la menace. Ils jouent à fond sur le prix (packagé). Les principales destinations estivales, Saïdia, Agadir et El Jadida où les établissements classés affichent complet pour la deuxième quinzaine du mois d’août, les offres rivalisent les formules pour passer le creux de la vague annoncé avec le Ramadan sans trop de casse. Mazagan a dégainé le premier : 2.500 DH pour 2 adultes et 2 enfants de moins de 16 ans plus petit-déjeuner, diner (buffet) et accès gratuit à certaines activités dont le kids club, les cours de tennis, la balade en VTT… Le groupe Accor a ratissé large. Il propose une réduction de 40 à 50% sur 22 de ses hôtels moyenne gamme. Sur la station Saïdia, c’est déjà dans les mœurs. Le «all inclusive» fait tabac chez la clientèle espagnole et séduit de plus en plus les Marocains. La semaine en tout compris y est proposée à partir de 10.000 DH. A Agadir et Marrakech, les offres de prix varient largement d’un établissement à un autre et les formules qui vont avec. Seule manière d’éviter les pertes sèches de revenus pour le secteur qui tourne d’ordinaire à plein régime tout l’été. La faute, en partie, à la clientèle marocaine qui rechigne à aller en vacances pendant le Ramadan. Cette situation difficile pour le secteur va se répéter sur plusieurs années encore, le Ramadan avançant d’une dizaine de jours par an en fonction du calendrier lunaire.

    ----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

    Nord: Les hôteliers misent sur l’après-Ramadan

    Pour les opérateurs de la région Nord, la saison touristique sera bien meilleure que celle de l’année dernière. En effet, selon leurs prévisions, le Nord devrait connaître un véritable rush à partir de la deuxième semaine du mois d’août qui devra coïncider avec la fin du mois sacré de Ramadan. Les plages du Nord étant le fief quasi exclusif des nationaux, un déplacement de la demande devrait s’effectuer vers la première semaine de juillet qui s’annonce animée mais surtout vers les trois dernières semaines d’août. A noter que dans des villes comme Martil ou Mdiq, l’animation touristique risque elle aussi d’être entachée dans une moindre mesure toutefois.
    Dans ces villes, la location d’appartements meublés est l’un des moyens d’hébergement préférés pour les nationaux. Le marché de la location devra lui aussi connaître, selon un intermédiaire, une baisse durant le mois de Ramadan, pour s’activer lors de la dernière semaine de ce mois. La ville de M’diq avait connu par exemple une affluence record lors des derniers jours d’août avec des personnes qui ont dû passer leurs nuits à la belle étoile, le surbooking affectant aussi ce marché de la location.  Les hôteliers se préparent d’ores et déjà à un mois de Ramadan assez calme. En effet, même le volume du tourisme international devrait baisser de manière significative pendant cette période. Seuls quelques individuels optent pour Tanger et Tétouan lors de cette période particulière. D’ailleurs, la plupart des guides touristiques dont le Routard conseillent d’éviter ces périodes pour un déplacement touristique au Maroc. Seules quelques formules du type ‘club’ tel le Club Med Yasmina à Cabo Negro arrivent à maintenir un volume normal.
    A. A.

    L’offre marrakchie difficilement attractive

    Les offres ramadanesques ne sortent pas de l’ordinaire cette année. Hormis les clubs, la plupart des établissements hôteliers ont concocté des packages adaptés avec séjour+ftour+soirée à l’hôtel en plus d’une gratuité pour les enfants. C’est le cas des hôtels Atlas Hospitality, le Taj Palace, l’Eden Andalou ou encore le Palm Plaza qui a concocté une offre complète avec repas, transfert pour tarawihs, réduction aux Spa, animation pour les enfants…. Malgré ces bonnes volontés, les opérateurs de Marrakech n’arrivent pas à transformer Ramadan en un mois «attractif» et la demande du marché domestique reste très timide. Les touristes nationaux qui habituellement permettent de maintenir l’activité en juillet  la désertent durant le mois saint. «Il faut du temps pour pouvoir installer dans l’esprit du consommateur marocain la possibilité de voyager en ramadan à l’instar de ce qu’il fait désormais pendant les fêtes religieuses», estime Lahcen Zemat, hôtelier de Marrakech. Si certains professionnels souhaitent un plan qui permettrait d’adapter l’offre touristique durant le mois de Ramadan à l’instar de ce qui se fait en Turquie, par exemple, pour d’autres professionnels, il est difficile d’envisager et d’installer un plan d’action vu la mobilité du mois sacré. Hormis le marché domestique qui n’est pas de la partie, les autres marchés émetteurs  ne boudent pas la destination.
    Les perspectives pour le mois d’août sont aussi excellentes pour les clubs et les établissements en all inclusif ainsi que pour les appart/hôtels.
    B. B.

    Saidia: Animation

    Afin d’atteindre les objectifs tracés par la Société de développement de Saidia (SDS), tout un programme varié a été concocté pour communiquer l’attractivité touristique de cette station balnéaire. Une station qui a souffert de l’absence d’une vision cohérente pour sa promotion et qui cherche à rattraper le temps perdu. Un programme spécial est également dédié au mois de Ramadan. A l’affiche des tournois internationaux de beach soccer et arts martiaux, un festival des arts de la rue ainsi que des animations spécifiques pour enfants et personnes âgées. L’objectif est de faire de Saidia une station balnéaire attractive pour les touristes exigeants en matière d’animation. En parallèle, des soirées musicales pour jeunes et  public à fibre spirituelle seront présentées pour communiquer autour de l’attractivité culturelle du Maroc oriental. Et pour résoudre le problème d’animation durant le mois sacré de Ramadan, un festival du rire ainsi que des projections de films compléteront l’offre en animations artistico-musicales. La gastronomie marocaine, l’artisanat local ainsi que des randonnées de découvertes sont aussi au menu de cet été. Une offre qui répond aux attentes des professionnels au niveau de la marina qui ont souvent décrié le manque d’accompagnement de leurs activités commerciales.
    A. K.

    Pourrais-je me rendre au Maroc pendant le ramadan?

    Sur la toile, comme tous les ans en pareille période aussi, les mêmes interrogations reviennent comme un leitmotiv. Comme ce message sur le site [email protected] posté le 29 juin dernier: «être au Maroc pendant le Ramadan, est-ce que cela pose problème ? Transport, repas, ect.»? Et cette réponse d’un internaute limite excédé: «Excusez-moi d’être aussi direct pour répondre à cette question, mais elle est qualifiable d’ineptie! Où serait le problème? Pensez-vous qu’en période de fêtes de Noël ou de Pâques dans les pays catho, il existe un quelconque risque pour les gens pratiquant une autre religion? Franchement?... ». Faut-il lui en vouloir pour autant? Non, au regard de sa réaction: «Merci, ça me rassure car je commençais à me demander si il ne fallait pas que j’annule mon séjour au Maroc».
    Sur la toile et les réseaux sociaux de manière générale chacun y va de sa science. Pour le coup, la «bible» du vacancier, Le Guide du Routard, fait référence. Voilà son conseil: «Si vous comptez partir pendant le mois du Ramadan dans un pays musulman, sachez que durant cette période, la vie est transformée, les horaires sont différents et tout fonctionne au ralenti. Cependant, chaque pays ne pratique pas cette obligation religieuse avec la même intensité. La plupart des restaurants et certains magasins sont fermés une partie de la journée».
    B. T.

    Bachir THIAM

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc