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Les Cahiers de l'Émergence

Exclusif: Le classement 2012 des universités maghrébines

Par L'Economiste | Edition N°:4067 Le 04/07/2013 | Partager
Malgré l’instabilité politique, la Tunisie truste les 3 premières places
Premier au Maroc, Mohammed V-Agdal est quatrième au Maghreb
Les établissements marocains pâtissent du manque de moyens et du déficit marketing

Source: Tasdawit Ranking

Les jeunes qui viennent de décrocher le bac devraient scruter cette deuxième édition du Tasdawit Ranking, le classement des universités maghrébines, pour compléter leur mix de critères de choix de l’établissement où ils désirent poursuivre les études supérieures. Les décideurs devraient s’en approprier pour étudier et mettre en œuvre les améliorations qui s’imposent au système d’enseignement supérieur et de la recherche. Comme tous les rankings, celui-ci a valeur d’indication et renseigne surtout sur la capacité de ces universités à produire du savoir. Et au final, de celle de tout un pays à s’inscrire dans l’économie du savoir.
Absents de la précédente édition (2011), les deux petits nouveaux de l’échantillon, l’Université Moulay Slimane classée 28e et Larbi Ben Mhidi (Algérie, 32e position) font une entrée en fanfare. Les plus fortes progressions entre les deux éditions du classement sont à relever du côté de deux universités algériennes, Saad Dahlab et Badji Mokhtar. Elles ont respectivement gravi 14 et 11 places par rapport au ranking de 2011.
Du classement 2012 se dégagent quelques grosses tendances lourdes: les universités tunisiennes maintiennent une très belle position en plaçant cinq établissements dans les dix premiers malgré une situation politique encore instable. La Tunisie réalise quasiment le Grand Chelem en trustant les trois places du podium : Sfax est première, Tunis deuxième et l’université Tunis El Manar complète le podium. La première université marocaine la mieux placée, Mohammed V-Agdal, est au pied du podium, à la quatrième position sur un échantillon de 49 universités, toutes du Maghreb (Algérie, Tunisie, Maroc). Elle recule d’un rang par rapport au classement 2011.
Cadi Ayyad (Marrakech) connue pour son «école» mathématique de réputation internationale, est 8e même si elle perd deux positions. Ce vivier de chercheurs de haut niveau en sciences mathématiques serait peut-être l’arbre qui cache la forêt d’un établissement soumis à une pression démographique sans précédent, et qui rejaillit forcément sur sa productivité scientifique. Troisième marocain dans le top-ten, Mohammed Premier d’Oujda (10e) arrive cinq rangs devant l’Université Hassan II Aïn Chock de Casablanca qui a pourtant plus de ressources. L’heure des remises en cause a peut-être sonné pour la plus grande université du pays (en effectifs).
Globalement, les universités marocaines marquent plus que des progrès dans cette édition 2012 en plaçant un 9e établissement parmi les 20 premiers.
Il reste qu’il y a des questions dont on ne peut pas faire l’économie au niveau des pouvoirs publics car le constat général est sans ambages: le Royaume perd chaque année un peu plus de terrain par rapport à la concurrence. Alors qu’il est à 1.900 publications par an (indexées à Web of Science en 2011), la Tunisie en réalise plus de deux fois, soit plus de 3.700 publications la même année. L’explication est à chercher dans plusieurs facteurs : la forte mobilisation des chercheurs dans les programmes de coopération scientifique, leur statut apparemment plus «motivant » et une certaine dynamique intrinsèque lancée depuis plus de cinq ans.
Cette agilité des universités tunisiennes, elle tient aussi à une plus grande souplesse dans la gestion financière, analyse le Pr Hamid Bouabid, auteur du classement. Elles souffrent moins des procédures de gestion (complexité et lenteur) que leurs homologues marocaines. Moins de bureaucratie et de centralisation permet de gagner du temps dans un domaine où les délais constituent un élément crucial.

La bureaucratie et la centralisation écrasent nos chercheurs

Les Tunisiens bénéficient aussi de plus de facilités et de flexibilité dans les programmes de recherche financés par la coopération internationale. Enfin, il y a une plus grande responsabilisation des directeurs de laboratoires de recherche, ils ont plus d’autonomie que dans les universités marocaines.
Comment expliquer qu’un pays trois fois plus petit que le Maroc produise deux fois plus de publications? N’y a-t-il pas là un problème de motivation de nos chercheurs? C’est une question légitime que l’on peut se poser, relève l’auteur du ranking des universités maghrébines. L’un des objectifs de ce classement est justement de pousser les pouvoirs publics à réfléchir sur des mesures correctives pour rattraper le retard. Au-delà de la Tunisie, le Maroc perd aussi des positions même vis-à-vis de pays qu’il devançait jadis, comme l’Algérie qui était loin derrière en 1995 et qui l’a devancé en volume de publications internationales (2.300 publications en 2011). Idem vis-à-vis de pays moins avancés économiquement que le Maroc.
L’autre menace pour les universités marocaines est ce big-bang démographique qui se profile déjà et devra s’accentuer d’ici trois à cinq ans. La population des enseignants-chercheurs est aujourd’hui vieillissante. A moyen terme, il va se poser un gros problème de relève dans toutes les universités, problème dont on doit mesurer les conséquences et qui n’a pas été anticipé. La scientométrie comme nouvelle science offre les outils et les moyens d’évaluer, d’apprécier et d’anticiper sur les politiques scientifiques ainsi que les programmes et les projets.
Quel que soit le pays, les universités du Maghreb souffrent du manque de visibilité dans les grandes revues scientifiques de réputation mondiale comme «Science» et «Nature» par exemple. Seules deux publications en 5 années sont recensées par les universités maghrébinnes: Tunis el Manar et Cadi Ayyad. C’est la crème de la crème des publications scientifiques générales. Pour être publié dans le «saint des saints», il faut intégrer les réseaux et «adopter le logiciel de fonctionnement». En gros, se faire repérer par des personnes capables de vous assurer le parrainage.

Comment décrypter les critères du classement

Le classement Tasdawit Ranking est fondé sur un modèle hybride. Il comprend trois types d’indicateurs. Le premier type comprend des indicateurs adoptés de classements mondiaux (voir tableau): R2 (Leiden), E3 (Times Higher Education), le deuxième type des indicateurs adapté toujours de classements mondiaux mais en fonction du contexte de la région du Maghreb : R4 (Academic Ranking of World Universities - Shanghai), E2 (Times Higher Education). Le troisième type des indicateurs reflète le contexte propre de cette région1: R1, R3 et E1.
Tasdawit Ranking est composé de deux espaces: Recherche et Enseignement. L’espace Recherche est décliné en 4 indicateurs qui pèsent 65% du classement. L’espace Enseignement est décliné en 3 indicateurs avec une pondération de 35%.

Abashi SHAMAMBA

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