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Les Cahiers de l'Émergence

Employabilité: Le parcours du combattant des lauréats des facs

Par L'Economiste | Edition N°:4067 Le 04/07/2013 | Partager
Bons sur le plan technique, mais pas assez de «soft skills»
Pour beaucoup d’entreprises, c’est la dernière option de recrutement
Les cursus gagneraient à intégrer des modules de leadership, d’entrepreneuriat…

Source: HCP
Le nombre des HCP diplômés des universités publiques qui arrivent chaque année sur le marché est 8 fois supérieur à celui des diplômés de l’enseignement supérieur privé.

Des milliers de diplômés arrivent chaque année sur le marché de l’emploi, dont la majorité vient des universités publiques. Et ce sont justement ceux qui ont le plus de mal à décrocher un premier job. Pourquoi  les entreprises se méfient-elles tant des lauréats des universités marocaines? Et quand elles les recrutent, c’est souvent pour les placer à des postes inférieurs à leurs qualifications supposées.
Les réponses sont évidentes, à en croire les spécialistes. «Le marché de l’emploi est devenu si étriqué que même des  lauréats de grandes écoles, jusque-là très prisés, mettent beaucoup plus de temps pour trouver leur premier emploi. Les entreprises  ont relevé leur niveau d’exigence, conduisant ainsi à creuser davantage  le gap avec les diplômés issus de nos universités», analyse Khadija Boughaba, directrice du cabinet de recrutement Invest RH. Selon elle, le problème du chômage des jeunes diplômés est général, mais il est moins visible pour les diplômés de l’enseignement privé puisqu’ils sont moins nombreux. Et les chiffres en attestent.
Le nombre des diplômés des universités publiques qui arrivent chaque année sur le marché du travail est 8 fois supérieur à celui des diplômés du privé. En effet, selon les statistiques du ministère de l’Enseignement supérieur, les diplômés des universités publiques, toutes filières confondues, sont au nombre de 43.778 (2010), alors que ceux du privé ne dépassent pas les 5.100 (2009).
Par ailleurs, les professionnels reprochent à l’université de ne pas être sélective à l’entrée contrairement aux classes prépas, écoles de commerce publiques et même le privé. Résultat: des niveaux très hétéroclites à l’arrivée, avec de sérieuses défaillances notamment au niveau des langues et des compétences de communication, essentielles sur le marché de l’emploi. «Nous avons reçu à plusieurs reprises des candidats qui ne savent même pas aligner deux phrases en français. Certes, ce n’est pas le premier critère de sélection, mais le fait est que les enseignements sont exclusivement en français, et les entreprises marocaines travaillent en français, et puis c’est surtout un indicateur sur la crédibilité du filtre donnant accès aux diplômes universitaires», témoigne cet ex-DRH d’une multinationale de la place.
Ce problème de langue, et donc de capacités de communication, est aussi relevé par d’autres professionnels. «La formation initiale se fait essentiellement en arabe avant de passer au français à l’université, pour arriver sur un marché en grande partie francophone (ou même anglophone et hispanophone), il y a comme une incohérence, non?», s’exclame  Aïcha Beymik, DRH chez Manpower et membre de la commission Emploi à la CGEM.
Outre les lacunes linguistiques, la consultante RH évoque aussi l’inadéquation entre les formations dispensées et les besoins réels du marché. «Les formations universitaires sont axées sur les «hard skills» (compétences techniques) uniquement, certaines filières sont quasi obsolètes pour notre économie.
Pour des filières plus spécialisées, l’écart de profil  se situe plutôt au niveau des «softs skills»  qui n’ont pas été développés chez ces lauréats. Ces derniers voient leurs chances de recrutement diminuer à cause de leur niveau de communication ou d’assertivité.
Certes, les entreprises ont besoin de compétences techniques, mais ce qui compte davantage aujourd’hui, ce sont d’autres talents comme la communication, la capacité de résolution de problèmes, de travail en équipe, la créativité, l’esprit d’entreprise, le leadership… Ce sont malheureusement des spécialités qui ne sont pas inculquées dans nos universités, déplorent les spécialistes RH.
Cela revient-il à dire que les universités ne forment que pour la fonction publique?
«Pendant longtemps, l’Etat fut le principal employeur des lauréats de nos universités dont les profils répondaient aux besoins des administrations. Or, l’entreprise, dont les enjeux ne sont pas les mêmes, réclame des profils plus opérationnels. En tant que cabinet conseil en recrutement, nous sommes malheureusement proches de cette réalité qui nous est confirmée au quotidien par les candidatures reçues de lauréats de certaines filières universitaires», témoigne Khadija Boughaba. Mais ce décalage est aussi constaté dans le sens inverse. Autrement dit: les postes disponibles dans le privé ne répondent pas forcément aux attentes des diplômés des universités. «Beaucoup d’entreprises recrutent parmi les lauréats des universités, mais les postes qu’elles offrent ne sont pas en ligne avec les attentes des candidats. Ces derniers aspirent à des postes managériaux, alors qu’on ne leur propose que des postes techniques ou d’agent de maîtrise», affirme un consultant RH et ex-DRH d’une multinationale.

Partenariat public/privé

L’une des solutions pour améliorer l’employabilité des jeunes serait de développer davantage le partenariat public/privé et responsabiliser les professionnels en encourageant les stages au sein des entreprises. Mais celles-ci jouent rarement le rôle qui leur est dévolu (stages, accompagnement, encadrement…), constate un consultant RH. «Et parmi celles qui font l’effort, on déplore un contenu très faible et non créateur de valeur ajoutée, peu d’encadrement, manque de professionnalisme lors du traitement des candidatures ou lors de l’accueil des stagiaires, absence ou faible niveau de rémunération… Et en fin de compte, on ne récolte que ce qu’on sème», conclut-il.

Aziza EL AFFAS

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