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    Economie

    Ramadan: La spéculation ne désarme pas

    Par L'Economiste | Edition N°:4067 Le 04/07/2013 | Partager
    Défaut d’affichage des prix et stockage, les signes apparents
    Les frigos plein de fruits, légumes et poissons
    Noix, amandes, graines de sésame et épices flambent

    Grand décalage entre les prix à l’import et ceux proposés au détail. Les amandes coûtent entre 120 et 130 DH/kg contre une moyenne à l’importation de 50 DH. Les noix, les graines de sésame ont fortement augmenté

    VENT de frénésie sur le marché. En cette semaine qui nous sépare du mois de jeûne, les ménagères prennent d’assaut les étalages de denrées alimentaires. Avec comme première cible les fruits secs, le sucre, le beurre, les dattes et la farine. Histoire de préparer à l’avance les quelques «spécialités maison», traditionnellement consommées durant le mois de Ramadan. C’est logique  d’anticiper les achats mais la pratique attise la voracité de certains marchands qui, face à l’explosion de la demande, augmentent les prix. Et le phénomène est très visible actuellement sur le marché des épices et fruits secs. Des produits, pour l’essentiel d’importation qui subissent, tout naturellement, les variations des cours  à l’international. Seulement à la comparaison entre la valeur de la tonne importée et les prix pratiqués au niveau du détail, la différence est énorme.
    A titre d’exemple, les amandes de qualité moyenne sont proposées entre 90 et 100 DH/kg contre une moyenne à l’import de l’ordre de 35 à 40 DH. On est loin donc des frais de mise en marché majorés des marges du grossiste et du détaillant.
    Le constat est aussi valable pour les noix et les grains de sésame. Le premier fruit est vendu entre 120 et 130 DH/kg, voire plus, contre 80% à pareille époque de l’année dernière. Quant aux grains de sésame, ingrédient incontournable pour la pâtisserie marocaine, ils dépassent les 40DH/kg au lieu de 20 à 25 DH la veille du ramadan dernier. Les marchands expliquent la flambée par le refoulement d’une cargaison importée d’Egypte pour défaut de qualité.
    Mais la cherté a gagné d’autres produits pour lesquels le disponible est jugé même pléthorique. L’envolée s’est, en effet, emparée des épices, des féculents et du beurre.
    Pourtant, le ministre des Affaires générales et de la gouvernance a assuré tout récemment que rien ne manque. «L’offre est deux fois supérieure à la demande pour les produits comme le sucre, l’huile de table, le beurre et le gaz butane. Elle représente l’équivalent de quatre fois les besoins pour le concentré de tomates et de 100% pour les féculents», est-il précisé. Ce qui est vrai, corroborent de nombreux grossistes. Mais le dosage de l’offre via le stockage est aussi monnaie courante. De source professionnelle, l’essentiel de la chaîne de froid casablancaise regorge actuellement de fruits (oranges, pommes, avocats) de poissons, de beurre et de dattes. Ce qui est normal si, la pratique reste motivée par la sauvegarde de la qualité des produits. Ce qui n’est pas évident quand les prix des oranges et pommes locales passent à des niveaux sans commune mesure avec la saison. Bien sûr des produits d’importation comme les dattes n’ont pas enregistré de hausse par rapport à l’année dernière. Celles d’origine tunisienne et algérienne sont proposées actuellement entre 35 et 40 DH/kg. Mais l’emballage peut souvent comporter un mélange de diverses qualités aux prix aussi différenciés. En clair, c’est de la fraude. Cela pourrait être considéré comme un cas isolé. En revanche, ce qui est général et flagrant, c’est le défaut d’affichage des prix. Une intention manifeste de frauder prévue et sanctionnée par la loi.
    Or, le gouvernement, selon Mohamed Najib Boulif, a promis de sévir fermement contre ce genre de pratique et bien d’autres pour contrer la spéculation. Mieux, les autorités assurent que le contrôle des prix et de la qualité des produits sera la règle pour parer à toute augmentation. Ceci même si la liberté des prix ne fait pas l’exception d’après la législation en vigueur. Des instructions dans ce sens ont été données aux services centraux et régionaux des ministères concernés pour coordonner les actions et barrer la route à toute spéculation. Mais dans la réalité celle-ci ne désarme pas. Tant que la demande reste effrénée, la voracité spéculative en profitera.


    A. G.

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