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    Economie

    Banque mondiale
    Nouvelle stratégie santé pour la région Mena

    Par L'Economiste | Edition N°:4067 Le 04/07/2013 | Partager
    L’institution plus regardante sur les critères d’éligibilité aux prêts
    Principes directeurs: équité et redevabilité
    Une charte pour la santé en préparation au Maroc

    Enis Baris, responsable du secteur santé, département du développement humain pour la région Mena à la Banque mondiale et chef de l’équipe qui a rédigé le rapport intitulé : «Equité et redevabilité : s’engager en faveur des systèmes de santé au Moyen-Orient et en Afrique du Nord»

    Hasard de calendrier ou timing voulu, la Banque mondiale vient de dévoiler sa nouvelle stratégie pour la région Mena parallèlement aux Assises de la Santé organisées les 2 et 3 juillet à Marrakech (www.leconomiste.com).
    «Le Maroc est la seconde étape d’un road show qui a démarré il y a 4 jours à Tunis», affirme Enis Baris, responsable du secteur santé, département du développement humain pour la région Mena à la Banque mondiale. La tournée se poursuivra à Marseille et Le Caire (fin août). Objectif : présenter le nouveau rapport de la BM intitulé : «Equité et redevabilité: s’engager en faveur des systèmes de santé au Moyen-Orient et en Afrique du Nord». Ce dernier fixe les grandes lignes de la nouvelle stratégie SNP (santé, nutrition, population) de la Banque mondiale dans les cinq années à venir (2013/2018). «Ce rapport régional sera suivi d’ici à fin 2013 d’un rapport détaillé par pays», indique Enis Baris, qui est également chef de l’équipe qui a rédigé le rapport.
    Le document montre que les gouvernements des pays de la région n’affectent en moyenne que 8% des budgets nationaux à la santé, contre 17% en moyenne dans les pays de l’OCDE. Cela signifie que les ménages de la région doivent prendre en charge la différence, qui atteint jusqu’à 40% des dépenses de santé, contre 14% dans les pays de l’OCDE. En conséquence, nombreux sont ceux qui retardent des traitements médicaux hautement nécessaires ou s’en passent, faute de ne pas pouvoir se les procurer sans s’appauvrir radicalement.
    A noter que les priorités de la banque ont changé depuis les évènements qui ont secoué la région à partir de 2010 (printemps arabe). «Nous sommes prêts à soutenir la demande des populations en faveur de systèmes de santé justes et redevables en développant une nouvelle stratégie inspirée par les changements révolutionnaires», explique Baris.
    Ce changement de cap se traduit par l’élaboration de «principes directeurs»  basés sur l’équité et la redevabilité. «Dorénavant, ces critères  sont utilisés comme un filtre pour décider de l’octroi des prêts », poursuit Baris.
    Concrètement, il s’agit de promouvoir l’équité notamment à travers la diminution des disparités, la juste distribution des coûts, la protection financière (couverture santé pour les populations vulnérables)… Quant à la redevance, elle se traduit entre autres par la création de systèmes hautement performants, le respect des règles et des normes de performance. Mais où en est le Maroc par rapport à ces nouvelles règles de l’institution financière? «Le diagnostic est là, on sait quels sont les maux de la santé. Il y a 10 ans, ce n’était pas le cas. Aujourd’hui, il y a des discussions très franches entre toutes les parties prenantes», reconnaît Baris qui a pris part aux Assises de la Santé. Selon l’expert, le livre blanc et la stratégie sectorielle, annoncés lors de ces Assises, abordent clairement les problèmes du secteur. Ce qui signifie qu’un changement d’esprit et une volonté politique sont là. «Cela va aider les responsables à être redevables, revoir les systèmes existants et voir comment on peut améliorer l’accès aux soins de santé», indique le responsable régional de la Banque mondiale.
    Et d’ajouter que les équipes de l’institution (BM) se penchent actuellement sur «une feuille de route et une charte pour la santé qui sera signée par les parties prenantes probablement avant la fin de l’année»
    L’aide de l’institution financière prend la forme d’un appui technique à la préparation de la feuille de route, de la charte et à l’extension du Ramed et éventuellement l’harmonisation de tous les régimes d’assurance. Ces actions seront certainement suivies par l’octroi d’un prêt pour soutenir le système de santé au Maroc qui a d’énormes besoins en terme d’infrastructures et de RH, notamment dans les zones rurales. Pour l’heure, une équipe de 4 personnes est dédiée à ce projet.

    8% du budget à la santé

    AU Maroc, plus de la moitié de l’ensemble des dépenses de santé sont privées, ce qui limite considérablement l’accès aux soins pour des pauvres, des personnes non assurées et des ruraux. Seulement un tiers de la population dispose d’une assurance-maladie. Cette situation se complique du fait qu’il y a peine un médecin pour 1.600 habitants, contre 1 pour 800 en Tunisie et 1 pour 350 en Egypte. Et ils pratiquent essentiellement dans les grandes villes.

    Aziza EL AFFAS

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