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Wifi Outdoor: Inwi complète le maillage du haut débit

Par L'Economiste | Edition N°:4067 Le 04/07/2013 | Partager

Frédércic Debord, DG de Inwi: «Sur l’ADSL, on a pris beaucoup de retard au Maroc. On ne se donne pas les moyens d’avoir une vraie concurrence. Le modèle actuel de manque de concurrence fait que l’on ne peut pas apporter une justesse des prix et de meilleurs services. Il y a donc un monopole de fait»

Le 3e opérateur télécoms s’apprête à lancer en avant-première le Wifi Outdoor. Une technologie qui permet de se connecter à un réseau de haut débit à ciel ouvert. L’opération pilote du lancement de ce nouveau service se fera aujourd’hui 4 juillet à El Jadida. Un test grandeur nature dans un univers maîtrisable avant le lancement dans d’autres villes. Frédéric Debord, DG, explique les enjeux de cette opération et analyse l’évolution du marché.

- L’Economiste: Vous vous apprêtez à lancer le Wifi Outdoor. Que devra apporter cette solution en termes de  couverture haut débit, de décongestionnement et de valeur ajoutée au marché des télécoms?
-  Frédéric Debord: Aujourd’hui, le marché du haut débit n’est pas satisfaisant. La perception des clients est négative. Chez Inwi, nous avons bâti toute une stratégie à partir des attentes des clients et nous constatons que les opérateurs ont encore du travail à faire sur le haut débit. Certes, il y a eu un certain nombre d’étapes franchies. Mais la 3G est arrivée très rapidement à saturation. Aujourd’hui, il va falloir construire toutes les briques nécessaires à l’accès haut débit. Parmi ces briques, il y a bien sûr l’ADSL, la 4G qui va bientôt être déployée et le Wifi Outdoor. L’Outdoor est une technologie différente et complémentaire qui permet au consommateur, lorsqu’il se trouve en ville, de pouvoir accéder à du haut débit à l’extérieur. Cela ne remplacera pas la connexion à l’intérieur de la maison, mais c’est en semi-mobilité, c’est-à-dire dans la rue, les terrasses de cafés, les universités… et surtout à partir de n’importe quel outil. Cela peut être un téléphone, une tablette, un PC… C’est possible dès qu’il y a une connexion Wifi.  Notre valeur ajoutée réside dans la couverture de pans entiers de villes, voire plus tard des villes entières à partir de notre infrastructure existante. On ne construit pas une nouvelle infrastructure. L’ambition est de faire bénéficier l’ensemble des habitants de cette nouvelle activité avec une couverture de qualité et un tarif accessible. Cette technologie permettra de compléter le maillage du haut débit au Maroc
- Est-ce que ce nouveau service sera payant et permettra de drainer une nouvelle clientèle?
- Absolument, ce sera un service payant. Car nous avons vu les dangers de l’illimité gratuit sur la 3G. Je vous rappelle qu’à partir du moment où le service est devenu gratuit, les utilisateurs n’en profitaient plus et ceux qui en faisaient un usage démesuré prenaient toute la place. Le Wifi Outdoor sera un service payant avec des coûts relativement bas. Côté utilisateurs, n’importe qui pourra se connecter. Nous voulons ouvrir cet environnement à tous les utilisateurs. Nous comptons faire un grand pas dans l’accessibilité au haut débit. C’est dire que nous sommes contre les monopoles et nous ne voulons pas verrouiller les environnements.
- Vous faites allusion aux blocages sur l’ADSL?
- L’ADSL est  un sujet parmi d’autres. La semaine dernière, nous avons enfin reçu un texte qui devait arriver il y a plus de 6 mois. Ce texte explique comment partager l’ADSL avec l’opérateur historique. Sur l’ADSL justement, on a pris du retard au Maroc. On ne se donne pas les moyens d’avoir une vraie concurrence. Aujourd’hui, ce service n’est toujours pas comparable aux standards internationaux. Le modèle actuel de manque de concurrence fait que l’on ne peut pas apporter une justesse des prix et de meilleurs services. Il y a donc un monopole de fait.
- Est-ce que l’Autorité de régulation n’intervient pas pour mettre en place un modèle concurrentiel qui convient à tous?
- Lorsqu’on voit les pays où l’ADSL a explosé, ce sont justement des marchés où le régulateur a dû taper du poing sur la table. Je pense que nous sommes dans un univers avec un espace concurrentiel très réduit. Or, si l’on veut obtenir des résultats, il faut mettre les moyens. Aujourd’hui, l’on parle beaucoup de presse numérique, d’accès à la 3G et la 4G pour tout le monde, mais si les moyens ne sont pas mis en place, s’il n’y  a pas de textes appliqués sur le partage des infrastructures, l’on va se trouver de fait avec un monopole qui conservera l’ensemble de ces avantages.
- L’ANRT vient d’annoncer que l’appel d’offres des licences 4G aura lieu la fin de l’année. Quels sont les enjeux et les retombées d’une telle décision sur l’avenir des télécoms et de Inwi en particulier?
- Je pense que l’avènement de la 4G permettra de mieux répondre aux besoins des clients. Aujourd’hui, la 3G a montré ses limites et les niveaux d’insatisfaction. La 4G est un gros pari technologique et financier. C’est une nouvelle technologie qui sera déployée sur l’ensemble des sites qui existent. Ce sont des milliards de DH qui seront donc investis. Ceci étant, il va falloir optimiser les dépenses. Pour ce faire, les opérateurs doivent travailler ensemble. Là justement, le rôle du régulateur est de créer les conditions optimales d’une vraie concurrence. La 4G ne peut pas être réservée à ceux qui ont les moyens financiers d’investir. En clair, les trois opérateurs doivent aller sur la 4G, avoir les moyens d’être concurrentiels et apporter ce que le client attend d’eux.
- Peut-on dire que les services liés à la 4G vont démarrer vers la mi-2014, c’est-à-dire dans un an au maximum. Va-t-on y arriver dans les délais avec tous les investissements prévus?
- Certes, les investissements sont lourds car on envisage une couverture globale. Il est évident qu’au lancement la couverture ne sera que partielle ou le nombre de clients ne sera pas tel qu’il faudra investir lourdement. Néanmoins, la redondance d’investissements peut coûter cher aux différents opérateurs.
- A combien s’élèvent les montants de vos investissements en 3 ans?
- La structure de nos investissements dans les infrastructures et la qualité du réseau  est en nette croissance. En 2011, nous avons investi 1,3  milliard de DH. L’an dernier, nos investissements ont atteint 1,4 milliard. Cette année, nous avons un programme de 1,5 milliard. Nous avons aussi signé des conventions d’investissements avec l’Etat. La 3e porte sur 4,3 milliards de DH.
- Que vous inspirent les soldes actuels dans les recharges GSM qui arrivent jusqu’à 7 fois le prix réel. D’aucuns estiment que c’est une sorte de concurrence déloyale. D’autres parlent de ventes à perte?
- Inwi ne vend jamais à perte. Inwi a eu certes un passé difficile, mais le lancement de l’entreprise a été fait sur des critères purement financiers. La multiplication des recharges par 8, par 10, voire par 30… c’est quelque chose qui trouble le consommateur. Comme vous l’avez dit, ce sont des soldes. Et lorsqu’on achète en soldes, on se pose des fois des questions sur le prix réel. Donc chez Inwi, vous ne verrez jamais des recharges multipliées par 5 ou 6. Nous voulons financer le choix. C’est-à-dire que lorsque nous lançons une promotion sur le prépayé, le client a le choix entre trois options. Sur l’abonnement, nous démarrons à 73 DH (HT), soit 88 DH TTC. Avec le produit «Kibghit», le client dispose d’un forfait  nu avec de la voix uniquement. Ensuite il peut choisir et composer ses options Internet en fonction de ses besoins. Avec la multiplication des offres et des promotions, le client ne sait plus où il en est ni ce qu’il achète. La tendance aujourd’hui est que le client achète beaucoup et consomme moins que ce qu’il achète. D’ailleurs, certains baissent leurs prix pour cacher une baisse de qualité. Chez Inwi,  nous voulons donner le choix au client grâce à des offres qu’il peut adapter en fonction de ses besoins réels. Cela nous impose d’offrir du service, du conseil et de l’accompagnement de qualité. C’est ce qui va nous permettre de nous positionner face à un marché en soldes permanents.
- Quelles sont vos prévisions en termes de croissance et de part de marché sur le mobile et Internet en 2013?
- Sur l’Internet, le marché est en train de s’auto-régler. Chaque opérateur essaie à sa façon d’arrêter l’illimité pour pouvoir créer de la valeur. Je ne suis pas sûr qu’il y aura une forte croissance sur le marché de l’accès Internet cette année. On passe par un moment où le marché devient normal. Ce processus, on l’a vu partout en France, en Espagne, aux Etats-Unis… cela commence par l’engouement et des gratuités offertes par les opérateurs dans tous les sens avant de revenir à la valeur réelle de ce qui est  consommé. Globalement, 2013 est une année charnière qui sera difficile sur Internet, mais une année importante pour l’éducation du marché et la qualité. Par rapport au mobile, nous sommes plus connus dans les mass-market avec le prépayé. Nous sommes en train d’investir d’autres zones où nous n’étions pas présents pour se différencier et croître.
Le lancement du forfait Kibghit a eu un grand succès. Ce qui a fait d’Inwi un opérateur de référence dans le postpayé (les abonnements). Nous avons aussi réalisé de grands succès sur la partie entreprises en mobile et en Data.  Mais il y a encore des domaines où il doit y avoir plus de concurrence, notamment l’ADSL, la voix fixe. C’est dire qu’il y a encore beaucoup de marges de croissance pour Inwi dans les prochaines années.
- Est-ce que la baisse des coûts des appels du mobile  se répercute sur votre chiffre d’affaires?
- Il y a une partie qui a un effet automatique. C’est lorsqu’il y a eu la baisse des taxes d’interconnexion de 30 à 40%, le prix auquel s’échange le trafic entre opérateurs, cela a systématiquement un impact sur le chiffre d’affaires. Cette baisse réglementée depuis 2010 a eu un impact important sur les revenus des opérateurs. Il y a aussi la concurrence qui a un impact. S’y ajoute l’environnement macro-économique qui n’a pas été radieux au premier semestre. Je pense que l’année 2013 sera difficile pour l’ensemble des opérateurs.
- Pour atténuer la baisse des revenus, quels sont les relais de croissance?
- Il y a des usages qu’il faut stimuler. Il faut sortir du schéma de la voix uniquement. Aujourd’hui, la concurrence se joue principalement sur le prépayé et la voix, qui sont le cœur de business des opérateurs alternatifs. Or, il y a plein de secteurs à côté où il y a moins de concurrence et où les opérateurs alternatifs ne sont pas présents. Ce sont ces espaces-là qu’il faudra explorer. C’est grosso modo l’environnement de la Data,  l’ADSL, le haut débit sur mobile, le business lié à l’entreprise, le Wifi Outdoor. La 4G devra apporter aussi de nouveaux relais de croissance mais il faut que l’on ait les conditions réglementaires optimales pour pouvoir le faire.

Service universel

POUR le 3e opérateur, «Inwi n’a pas beaucoup bénéficié du Fonds de service universel. C’est le cas sur  le programme Pacte, par exemple, où les règles de calcul étaient telles que c’est le moins-disant qui fait les infrastructures». En plus clair, Debord estime que Inwi a contribué à Pacte dans des endroits où elle n’a pas pu en bénéficier, du coup l’entreprise a dû réinvestir dans les mêmes zones via un réseau en propre. «Le Service universel est un concept qui a montré ses limites, du moins dans sa version initiale», estime Debord. Et d’ajouter: «Je sais que l’ANRT est en train de réfléchir sur un service universel qui va développer encore plus les infrastructures. Là, je pense qu’on sera sur la bonne  voie». Aux yeux du patron d’Inwi, pour les années à venir, le souci ne sera plus celui de  la couverture nationale, mais plutôt comment s’assurer que le trafic/Data couvrira l’ensemble du pays avec un modèle différent du passé.

Propos recueillis par Amin RBOUB

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