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Politique

Transitions arabes: Un brouillard aveuglant!

Par L'Economiste | Edition N°:4066 Le 03/07/2013 | Partager
Dans un contexte d’incertitude, le Maroc profite de la stabilité garantie par la monarchie
Retour en force de l’institution militaire
Le changement de l’élite en Algérie ne permettra pas la relance du Maghreb

Abdelkrim Benatiq, Youssef Amrani et Pascal Chaigneau, président du Centre d’études diplomatiques et stratégiques, ont mis l’accent sur la singularité du Maroc, qui a la chance d’avoir initié sa transition dans la stabilité, grâce à l’unité garantie par l’institution monarchique, contrairement aux autres Etats où l’incertitude et le doute s’installent de plus en plus

LES bouleversements qu’a connus le monde arabe se sont traduits par des transitions caractérisées par un manque de visibilité. C’est ce qu’a affirmé Abdelkrim Benatiq, directeur de l’antenne marocaine du Centre d’études diplomatiques et stratégiques, lors d’une conférence organisée hier à Rabat. Pour les intervenants de cette journée de réflexion, il s’agissait de trouver des réponses à une série de problématiques que posent les nouvelles tendances sur le concert des nations, notamment dans les points chauds, à l’instar du monde arabe. Pour l’ancien ministre de gauche, dont le parti vient d’officialiser l’intégration à l’USFP, «nous constatons qu’il y a une incapacité à trouver une autre voie que l’affrontement». C’est le cas notamment en Tunisie, avec l’échec de trouver un compromis autour de la Constitution, en Egypte où le doute s’installe après la nouvelle rébellion de la rue, ou encore en Libye où l’absence d’une architecture institutionnelle pendant des décennies rend difficile l’installation d’un modèle d’Etat moderne. Un constat partagé par Youssef Amrani, ministre délégué aux Affaires étrangères, qui a rappelé que «même si les pays arabes disposent de caractéristiques communes, ils ne représentent pas un ensemble homogène». Cela est bien visible à travers les évolutions différenciées qu’ont connues les mouvements populaires dans chacun des Etats de la région. Pour lui, «c’est normal que les transitions soient difficiles, car la démocratie est une culture qui a besoin du temps pour s’enraciner». Et le Maroc a pris le temps de jeter les bases d’un système démocratique, grâce à un processus initié depuis plusieurs années. En effet, «nous avons eu des moments difficiles, mais certains partis ont lutté pour le développement de la démocratie. C’est le cas de l’USFP qui a œuvré pour l’instauration de l’alternance», a fait savoir le ministre istiqlalien. Néanmoins, tous les intervenants étaient unanimes à souligner que la chance du Maroc réside dans l’unité autour de l’institution monarchique, facteur de stabilité et moteur des réformes. Cependant, Amrani n’a pas été tendre avec l’Europe, lorsqu’il a considéré que «ses réponses n’étaient pas aussi ambitieuses que les attentes des populations qui avaient initié le Printemps arabe». Aujourd’hui, «l’Europe, doit accompagner de façon plus substantielle ces transitions, et avoir une politique plus ambitieuse envers le Maghreb», a-t-il affirmé. Cet espace considéré comme «une aspiration populaire, mais surtout une nécessité stratégique et sécuritaire». Or, ce projet est bloqué, car «le couple Maroc-Algérie ne fonctionne pas». Rabat n’a cessé de tendre la main, face à une Algérie qui s’entête à tourner le dos à la logique de la mondialisation galopante. Si plusieurs observateurs parient sur le changement des élites chez le voisin de l’Est pour relancer le processus de rapprochement, l’analyse de Pascal Chaigneau, président du Centre d’études diplomatiques et stratégiques à Paris, laisse planer le doute sur cette ambition. S’il a fait savoir que «la phase post-Bouteflika se prépare déjà», il a estimé que «cela ne permettra pas de débloquer la situation, dans la mesure où la nouvelle génération de militaires, des quadragénaires, sont des jeunes loups qui ne diffèrent pas de leurs aînés». Ce professeur à HEC Paris a mis l’accent sur «la résurgence du fait militaire dans la région». En effet, «en Mauritanie, le rôle de l’armée devient important, face au risque de transformation en Etat islamiste», a-t-il noté. Cette remise en selle des militaires est «également visible en Tunisie, où le général Rachid Ammar, chef d’état-major, pourrait apparaître comme un recours national», a-t-il ajouté. Cela, sans parler de l’Egypte où l’armée jouera certainement un rôle décisif dans la confrontation entre les manifestants et le président contesté, Mohamed Morsi, surtout après qu’elle ait lancé un ultimatum de 48 heures.

2e vague de mondialisation

LES bouleversements accélérés que traversent plusieurs régions du monde se combinent à un autre mouvement de «déconstruction du modèle étatique sur lequel se base le système international», comme l’a souligné l’Amiral Jean Dufourcq, auditeur à l’Institut des Hautes études de la défense nationale. Pour lui, «le Maroc dispose d’une série d’atouts à faire valoir dans cette deuxième vague de mondialisation». En effet, grâce à sa position géostratégique, «il se place entre deux couloirs de raccordements entre la Méditerranée et l’Atlantique», a-t-il noté. Ce rédacteur en chef de la revue Défense nationale, a estimé que «le Maroc est capable d’initier une dynamique unificatrice dans la région, notamment en coopération avec la France, pour favoriser la ré-articulation des relations entre l’Afrique et l’Europe et l’Amérique latine».

Mohamed Ali MRABI

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