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Fès : La restauration du mausolée Moulay Driss piétine

Par L'Economiste | Edition N°:4066 Le 03/07/2013 | Partager
Des difficultés à faire évacuer la qoubba des chorfas
Les découvertes d’ordre technique très intéressantes

«Nous avons dans plusieurs cas dû modifier des éléments qui avaient fait l’objet par le passé de transformations abusives ou supprimer des matériaux exogènes qui avaient été mis en place par erreur ou par négligence», indique Rachid Haloui, architecte chargé de la restauration du mausolée de Moulay Driss 

FERMÉ à la prière juste après l’effondrement de la mosquée de Bab Berdiine à Meknès en 2010, le mausolée Moulay Driss est toujours en cours de rénovation. Un budget de l’ordre de 52,5 millions de DH lui a été consacré. Toutefois, sa restauration, prévue sur une durée de 24 mois, a pris du retard. Pour Rachid Haloui (1), architecte chargé de la réhabilitation de l’édifice religieux, «le facteur inattendu est plutôt d’ordre humain». En effet, il y a beaucoup de mal à faire évacuer les locaux pour entamer les travaux, sachant que la mitoyenneté dans ces bâtiments traditionnels est facteur de risque dans ce genre d’intervention. Ceci peut bloquer les opérations sur l’ensemble des autres composantes du mausolée. Cette situation perdure d’ailleurs en ce qui concerne la qoubba (coupole) qui n’est toujours pas évacuée.
Rappelons que ce chantier vise la consolidation ou la reconstitution de la grande coupole, du patio, de la salle de prière, du minaret, du logement de l’imam, de la mosquée Mkalka (espace de prière et salles d’ablutions) et de Dar Kaïtoun, l’ancienne résidence de Moulay Idriss. Soit la préservation d’un ensemble d’édifices historiques s’étendant sur une superficie totale couverte de 2.548 m2. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard que le projet soit confié à l’architecte Rachid Haloui qui a une grande connaissance des sites historiques et des modes d’intervention en médina. «Nous avons mis tellement de temps à étudier le moindre détail en amont des travaux que nous n’avons pas de surprise et, bien au contraire, tout se passe comme prévu», dit-il. Déjà, le budget (52,5 millions de DH) ne sera pas dépassé. Ce qui est rarissime dans les travaux de restauration, a fortiori dans un chantier aussi vaste et aussi complexe. D’ailleurs, vu l’importance patrimoniale, la qualité exceptionnelle du lieu et sa symbolique nationale, l’équipe de la restauration veille au respect de la tradition, la rigueur et la prudence. «Nous évitons de remplacer systématiquement les éléments originels comme cela se fait malheureusement trop souvent dans les restaurations». En fait, tous les ouvrages sont préservés, restaurés ou remplacés, mais toujours à l’identique de l’état originel bien en ce qui concerne les matériaux que leur mise en œuvre. De même, lorsqu’un signe constructif caché sous les enduits est découvert, il est mis en évidence afin de permettre une meilleure compréhension des bâtiments et une meilleure lecture de leur histoire. Par ailleurs, quoiqu’il soit millénaire, le mausolée  ne peut faire l’objet de découvertes archéologiques. D’abord parce que son sol est couvert de tombes. Donc, pas question de creuser ou de faire des fouilles. Mais il n’en reste pas moins que les découvertes sont d’ordre technique et d’une très grande valeur historique et pédagogique.  Ceci, comme c’est l’exemple la technique de construction du minaret qui a été construit voici plus de 300 ans et qui ne comporte pas une seule fissure. Autre exemple, le passage secret du fquih qui accède au-devant de la qoubba pour officier sans traverser les fidèles mais en empruntent un petit escalier construit dans l’épaisseur du mur. On peut également citer le cas de la mosquée Mqalqa qui présentait quelques fissures. Des recherches ont permis de découvrir qu’elle était construite en partie au-dessus d’une maison habitée, laquelle maison est construite partiellement sur un magasin et l’ensemble sur un oued.

Le projet présenté en Angleterre

SELON Rachid Haloui, les travaux de restauration du mausolée de Moulay Driss ont été présentés récemment à l’université de Manchester en Angleterre. «Non seulement cette présentation a suscité un très vif intérêt mais j’ai été surtout très sollicité par des étudiants algériens, lybiens et saoudiens qui la larme à l’œil ont déploré le délaissement du patrimoine dans leurs pays respectifs», rapporte l’architecte du projet. Et de poursuivre: «Les Européens eux, ont été très admiratifs sur notre capacité à conserver nos métiers traditionnels». Cette même conférence a été présentée à un groupe de polytechniciens à Fès dans le cadre des activités parallèles du Festival des Musiques sacrées du monde. Elle sera donnée également à l’université de Princeton.

De notre correspondant, Youness SAAD ALAMI
(1) Diplômé de l’Ecole d’architecture de Toulouse et ancien architecte en chef de la ville de Fès, Rachid Haloui s’active dans plusieurs domaines, dont les arts plastiques, la littérature et la photographie. Enseignant et conférencier, il est également l’auteur de nombreux textes, essais et articles de presse. Il compte à son actif plusieurs expositions au Maroc et en France, notamment à Fès, Essaouira, Toulouse et La Rochelle

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