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Evénement

Commerce des fruits et légumes
Coup de pied dans la fourmilière du marché local

Par L'Economiste | Edition N°:4066 Le 03/07/2013 | Partager
Les agrumiculteurs veulent initier la vente directe au consommateur
200.000 tonnes de fruits seront mises dans la grande distribution
Calibrage, emballage et traçabilité seront assurés

Les deux tiers de la production agrumicole ne transitent pas par les stations de conditionnement. Résultat, des risques sanitaires pour le consommateur et un manque à gagner en termes de création d’emplois et de valorisation

Trop, c’est trop. «Il temps de mettre de l’ordre dans les circuits de commercialisation des fruits et légumes», s’indigne le président de l’Association des producteurs d’agrumes du Maroc (ASPAM), lors de la rencontre interprofessionnelle des agrumiculteurs, conditionneurs et responsables de la grande distribution, hier à Casablanca. Et pour cause, plus de deux tiers de la production agrumicole sont sous-valorisés. Pas moins de 1,2 million de tonnes d’agrumes toutes variétés confondues sont écoulées sur le marché local sans aucune  valorisation  et de surcroît sans la traçabilité requise par les normes en vigueur. «Du coup, les risques sanitaires restent entiers», prévient un représentant de l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires.  «D’autant plus que le gros des volumes est constitué de fruits avec feuilles», précise Ahmed Darrab, secrétaire général de l’Aspam. Des marchandises qui peuvent contenir des résidus chimiques car n’ayant été soumises à aucune analyse au niveau des stations de conditionnement. Et la manne générée par ce marché ne profite qu’aux intermédiaires dans la mesure où consommateur et producteur sont pénalisés.
La perte estimée pour ces derniers est en moyenne de l’ordre de 2 dirhams par kilo. Pour les stations de conditionnement, le manque à gagner se traduit par 40 à 45% de sous-utilisations des capacités. Ces unités se trouvent surchargées durant la campagne d’exportation qui dure 4 à 5 mois et chôment tout le reste de l’année. «C’est pourquoi une réflexion a été initiée par l’interprofession depuis février dernier dans l’objectif de valoriser au mieux le gros de la production agrumicole», révèle Darrab.
En partenariat entre producteurs et conditionneurs, une première expérience de commercialisation directe sera lancée dès la prochaine campagne. Elle portera sur un volume de 200.000 tonnes d’agrumes à mettre à la disposition du consommateur final selon la traçabilité requise et à des prix raisonnables. Cette expérience ciblera en priorité la grande distribution avec laquelle une convention sera signée. La profession est consciente de l’ampleur des difficultés à surmonter pour faire aboutir ce projet car des expériences similaires ont échoué par le passé pour «cause de problème social». C’est la raison pour laquelle le soutien des ministères concernés est vivement sollicité. A commencer par celui de l’Intérieur qui doit, dans un premier temps, fermer les yeux sur le passage obligatoire par les marchés de gros. D’autant plus que l’ambition est de généraliser l’expérience à l’ensemble du secteur des fruits et légumes dont le potentiel reste considérable: 12 millions de tonnes produites contre 1,3 million de tonnes valorisées à l’export.
En attendant, il appartient aux divers acteurs de trouver les synergies possibles pour assurer les conditions de réussite au projet. Selon le secrétaire général de l’Aspam, les stations de conditionnement doivent faire l’effort en assurant  un emballage économique et une prestation moins chère par rapport à l’export. De son côté, la grande distribution doit différencier les produits livrés par les stations de conditionnement tout en abaissant les marges, ne serait-ce que dans une première étape. Toujours est-il que le gain sera substantiel vu l’importance du volume.  Pour le moment, les magasins de grande surface ne drainent qu’environ 1% des quantités destinées au marché local.
Au-delà, il s’agit de redresser la situation d’une filière qui tient une importance capitale dans la stratégie agricole en termes de valorisation et d’exportation. Or, la filière a pratiquement réalisé ses objectifs de renouvellement et d’extension des plantations. Paradoxalement, l’export est sur un trend baissier: à peine 25% de la production globale. «D’où la nécessité aussi de s’intéresser au secteur de la transformation», souligne Kacem Bennani Smires, DG du groupe Delassus. Le Maroc qui produisait et exportait, il y a quelques années, l’équivalent de 200.000 tonnes de concentré d’agrumes est devenu net importateur. 44% des besoins en jus de fruits sont en effet importés, soit l’équivalent de 50.000 tonnes d’agrumes. N’est-ce pas scandaleux pour un pays qui compte parmi les premiers producteurs de la Méditerranée?


A. G.

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