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Economie

La santé prépare sa Charte nationale

Par L'Economiste | Edition N°:4065 Le 02/07/2013 | Partager
Droit d’accès aux soins, équité et gouvernance du système, les attentes
Les thématiques des 2es assises de la santé à Marrakech
Le Souverain appelle à une adhésion active et constructive de tous les intervenants

El Haussaine Louardi, ministre de la Santé, présentant quelques équipements au chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane, lors de l’inauguration des 2es assises de la santé à Marrakech (Ph. Mokhtari)

Les projecteurs sont braqués sur Marrakech qui accueille jusqu’au 3 juillet les 2es assises de la santé. Une rencontre à laquelle participe le chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane, et qui rassemble 500 professionnels de la santé, ONG et élus. Il a fallu plus d’un demi-siècle pour tenir ces assises dont la première édition remonte à 1959 au temps de Mohammed V. De par sa dimension nationale et les résultats qui en sont attendus, l’évènement est de taille. Il devrait en effet engager un débat national sur la santé dans le contexte de la nouvelle Constitution qui consacre le droit d’accès aux soins.
Le second objectif est tout aussi important et se veut une réponse aux nouveaux défis mondiaux liés à la santé avec comme finalité l’élaboration d’une Charte nationale de la santé qui sera soumise à l’approbation du gouvernement et ensuite discutée au Parlement.  Cela nécessite une amélioration de la gouvernance de la santé qui passe d’abord par une coordination entre les différents intervenants institutionnels et non institutionnels. Ce sont aussi les recommandations du message royal lu à l’ouverture par El Haussaine Louardi, ministre de la Santé. «Cette charte devrait placer le citoyen au cœur du système de la santé tout en redressant les dysfonctionnements, et trouver les moyens pour dépasser les contraintes».
Le Souverain a d’ailleurs insisté sur l’adhésion active et constructive de tous les intervenants pour la mise en œuvre de cette charte qui doit être menée dans un cadre de complémentarité et de partenariat institutionnalisé aux niveaux national et international entre secteur publics et privé et la société civile. La perspective de la régionalisation avancée est une autre motivation pour initier ces instruments de concertation. «Cela devrait se faire dans le cadre d’une nouvelle approche territoriale, se fondant sur le renforcement de la politique de proximité», recommande le message royal. Seul bémol, trois syndicats professionnels ont boycotté la rencontre de Marrakech dénonçant leur mise à l’écart dans les préparatifs de ces assises. Argumentaire que réfute Louardi pour qui les raisons de ce boycott sont plutôt d’ordre politique.

Médicament trop cher, le leitmotiv

Le secteur de la santé n’est plus du tout adapté au contexte. C’est le constat le plus criant du livre blanc qui vient d’être présenté aux assises nationales de la santé et qui relève plusieurs dysfonctionnements à corriger. D’abord, au niveau de l’extension du réseau hospitalier, il y a 20% de la population qui se trouve encore à 10 km d’une formation sanitaire et les taux d’utilisation des services curatifs publics restent très faibles avec 0,6 nouveau cas par personne. Le taux d’hospitalisation ne dépasse pas les 5%, indique aussi le livre blanc. Cette sous-utilisation est le fait des déficits des ressources humaines et l’inadéquation de l’offre de service au type de demande, notamment les maladies chroniques.
A titre d’exemple, la densité de médecins publics et privés confondus est passé de 0,43 à 0,62 pour 1.000 habitants alors que la densité du personnel infirmier fluctuait entre 0,89 et 0,97 pour 1.000 habitants. Le troisième problème relevé par le livre blanc, les prix du médicament. Ces derniers sont 2 à 3 fois plus chers que dans les pays voisins, principalement en raison de la fragmentation de l’approvisionnement et l’absence de concurrence par des produits génériques dont la pénétration ne dépasse pas les 30%. Par ailleurs, la distribution publique et les ventes privées de médicaments sont mal gérées. Pour les rédacteurs du livre blanc, il y a une série de fonctions essentielles que le système de santé doit remplir. En premier lieu, la prévention et la surveillance des maladies transmissibles, la santé au travail, la protection de l’environnement, la planification de la gestion tout en mettant la santé au cœur des politiques publiques. «La santé n’est pas seulement le résultat des activités du secteur sanitaire et cela nécessite une action à long terme», est-il indiqué.

D’après le ministre de la Santé, son département a initié un large processus de consultations d’abord auprès des citoyens à travers le programme Intidarat qui a fait l’objet d’un rapport déclinant les attentes et les propositions des populations. Les consultations ont concerné également les professionnels et partenaires avec plusieurs rencontres programmées en 2012 et 2013. Des consultations qui ont abouti à l’élaboration d’un livre blanc sur la santé au Maroc qui recommande la nécessité d’intégrer la dimension sanitaire dans les différentes politiques publiques et une attention particulière aux ressources humaines. Le livre blanc évoque aussi la cherté des médicaments comparativement aux pays voisins et qui représente une lourde contrainte ainsi que les déficits d’infrastructures. Le secteur de la santé est très fragile avec des efficiences connues à l’instar des systèmes de financement ou encore des déficits en ressources humaines. En plus d’un manque d’infrastructure médicale, le secteur de la santé affiche une carence chronique en médecins. Théoriquement, au Maroc, un médecin prend à sa charge 12.000 habitants.
Ces thématiques et aussi d’autres liées à l’égalité d’accès aux soins médicaux sont au cœur des débats des deuxièmes assises de la santé. Des sujets inscrits également en priorité dans le plan d’action sectoriel 2012/2016 du ministère de la Santé et dans lequel la généralisation du Ramed occupe un grand pan.

Challenge

Réussir le Ramed fait aussi partie des challenges. Pour l’instant, le bilan chiffré est positif. A fin 2012, 1,07 million de cartes Ramed ont été distribuées sur un total de 1,7 million de dossiers déposés. Dans son message, le Souverain a tenu à réaffirmer sa volonté personnelle d’assurer la mise en œuvre optimale du Ramed en lui permettant de surmonter les obstacles et simplifier les procédures, de sorte à garantir un large accès.

Badra BERRISSOULE

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