×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

Société

Architecture: Casablanca, «une ville en mouvement»

Par L'Economiste | Edition N°:4064 Le 01/07/2013 | Partager

Edouard François est un de ceux qui apportent une dimension artistique, voire philosophique à l’architecture. L’architecte designer associe son nom à un projet de grande ampleur à Casablanca  porté par le cabinet Yasmine Immobilier: Anfa Club

L’architecte français Edouard François a été élu créateur de l’année 2011 par le Salon Maison & Objet. En 2012, il a été nommé chevalier des Arts et des Lettres de l’Hexagone. Il a un grand palmarès à son actif, dont la façade de l’hôtel Fouquet’s Barrière et la Tower Flower de Paris.  Il a associé son nom au projet Anfa Club de  Yasmine Immobilier

- L’Economiste: Quelles sont les spécificités du projet qui vous a été confié à Casablanca?
- Edouard François: L’ambition du projet Anfa Club est de redonner vie à cet ancien laboratoire de design architectural qu’était Casablanca dans les années 20 et 50. Cela a commencé par un concours dans le cadre duquel nous avons proposé deux lots différents. Le premier jugé trop avant-gardiste, c’est l’actuel Anfa Club qui a été retenu. Il s’agit d’un petit quartier indépendant situé dans un grand parc. Plusieurs commerces seront établis dans les jardins sous forme de petits kiosques en bois aux toitures végétalisées.
Il me semblait évident qu’au milieu d’un parc, il fallait construire des bâtiments avec végétation. J’ai déjà abordé cette solution en France où je suis d’ailleurs le premier architecte à avoir construit des tours (5 tours de 50 mètres en construction). Je suis convaincu que l’époque veut qu’on aille vers la verticalité pour des raisons d’écologie et de densité. D’ailleurs, le maire de Paris, Bertrand Delanoë, m’avait demandé de faire en sorte que les gens aiment les tours. Ce qui n’est pas facile.  En France, comme ici, il s’agit d’un sujet quelque peu effrayant.

- Que vous inspire le cachet urbaniste de Casablanca?
- C’est une ville vivante avec beaucoup de potentialités, notamment sur le front de mer. Nous avons pu le voir avec la construction de la mosquée Hassan II ou des projets sur la marina. La ville est en train de bouger. Ce qui n’est pas le cas de Paris, par exemple, qui reste figée et où l’on a peur du changement.

- A propos de changement, quelles sont les nouvelles tendances architecturales?
- Ce sont celles que l’on retrouve dans tous les arts. Nous avons quitté le monde moderne, l’heure est aujourd’hui à l’écologie et à la pensée contextuelle. On ne doit pas détonner mais s’insérer pour rendre les alentours beaux et attractifs. Par exemple, ma plus grande fierté après avoir refait la façade de l’hôtel Fouquet’s Barrière est de constater que les gens sont encore plus émerveillés par les immeubles Haussmanniens aux alentours.
La tendance aujourd’hui est à l’économie d’énergie. D’ailleurs, je prône un retour de la ventilation à hélices qui est beaucoup plus écologique et qui permet de déplacer la sensation de chaleur d’environ 6 degrés! D’autres concepts tels que la relation dedans/dehors, la fraîcheur, la multi-orientation… sont de plus en plus tendance. 

- Y a-t-il des matières que vous privilégiez?
- J’aime la matière nature. Un de mes faits de gloire est de pouvoir dire que ma façade est «en plantes». Je suis d’ailleurs arrivé à faire changer la réglementation française à tel point qu’aujourd’hui, la plante est considérée comme un matériau pour la construction de façades.
Pour le projet Anfa Club, nous avons choisi des plantes très rustiques avec une grande capacité d’adaptation et de croissance: le bougainvillier, entre autres. Cet arbre liane amènera de la fraîcheur sur les balcons et fera des jardins une toile avec palette végétale.

Alchimie/cuisine

«MON objectif premier a toujours été de participer au temps présent. Pour ce faire, plusieurs médiateurs peuvent être utiles. En ce qui me concerne, il y a d’abord l’art contemporain, à travers lequel l’on peut déceler un certain nombre de changements en cours dans la société actuelle. Il y a, par exemple, le land art qui ne fait qu’anticiper sur le courant paysager et qui est très fort actuellement au niveau international», soutient Edouard François.
«La  cuisine m’a également beaucoup aidé. Les courants novateurs sont à base de développement durable, se référant aux matières, aux saisonnalités, à l’humain, à l’économie retrouvée… Ce que j’ai pu voir dans la cuisine qui, avec l’architecture, est un des arts les plus représentatifs du courant actuel et futur. L’on peut prendre exemple sur la notion de terroir: certains légumes poussent dans un lieu donné, en fonction de la saisonnalité», poursuit François. Pour l’artiste, «la cuisine est un médium qui m’a permis de faire des transpositions et d’avoir plus de recul par rapport aux changements qui s’opèrent. D’ailleurs, la cuisine et l’architecture donnent lieu à une même alchimie, au niveau des goûts pour l’une et des matières pour l’autre».

Propos recueillis par Sanaa EDDAÏF

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc