×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste



eleconomiste
Vous êtes 203.440 lecteurs à vous connecter sur leconomiste.com chaque jour. Vous consultez 254.995 articles (chiffres relevés le 29/5 sur google analytics)
Evénement

Après l’audience royale
Les explications de Chabat

Par L'Economiste | Edition N°:4063 Le 28/06/2013 | Partager
«Nous refusons la mainmise de Benkirane»
«L’arbitrage royal prendra le temps qu’il faut»

«Si le comportement du gouvernement ne change pas, nous ne pouvons en aucun cas accepter d’être un suiveur du PJD ou de collaborer avec un Chef de gouvernement qui réagit comme un Chef de parti», assure le SG du parti de l’Istiqlal

- L’Economiste: Le Roi vous a reçu. Cela marquera-t-il la fin de la crise de la majorité?
- Hamid Chabat: Tout d’abord, la crise est située au sein du gouvernement. Le chef de cette institution n’a pas répondu à son principal allié qui est le Parti de l’Istiqlal et qui lui avait remis deux mémorandums en janvier et en mars. Entre-temps, le Maroc s’est retrouvé dans une situation critique qui touche tous les secteurs et principalement l’économie. Malheureusement, la présidence du gouvernement est entrée en litige avec la majorité, l’opposition, les syndicats et la CGEM… Elle a terrorisé aussi les hauts fonctionnaires de l’Etat et mené une guerre contre tous ceux qui lui disent non ou qui viennent avec d’autres idées à débattre. Pis encore, Abdelilah Benkirane est descendu au plus bas avec le débat politique en comparant les gens aux crocodiles, diables, fantômes et autres. C’est du jamais-vu dans l’histoire de tous les gouvernements précédents. Sachant que celui de Benkirane est doté, en vertu de la Constitution du 1er juillet 2011, de pouvoirs élargis. Il aurait dû profiter de ces pouvoirs pour mieux gouverner et sortir le pays de la crise. C’est dans ce sens que nous nous sommes orientés d’abord vers le Chef du gouvernement, selon l’article 47 de la Constitution. Mais sans aucune réponse de sa part. Après une attente qui a duré plus de 4 mois, nous avons adressé notre mémorandum, selon l’article 42 de la Constitution, au Chef de l’Etat, c’est-à-dire à SM le Roi, qui assure l’arbitrage entre les institutions.

- N’y avait-il pas d’autre solution?
- L’intervention du Souverain est devenue primordiale du fait que le Chef du gouvernement avait ouvert un nouveau front contre le Parlement. Et chaque fois qu’un groupe parlementaire propose une loi, il la bloque pour la présenter par la suite comme étant son projet de loi et se l’accaparer. Le cours normal suppose que  le Parlement contrôle le gouvernement. Dans l’état actuel des choses, c’est le contraire: quand le Parlement demande à assurer ses prérogatives, certains leaders du PJD répliquent en brandissant la menace de destituer Karim Ghellab sous prétexte que ce sont eux qui l’ont élu président du Parlement. Plus encore, le gouvernement veut s’impliquer dans des administrations relevant de l’Institution royale. Et ce, en faisant pression pour retarder les budgets, faire traîner le travail, etc. Son Chef qui n’a pas mis en œuvre la Constitution menace de descendre dans la rue. Qui menace-t-il? L’Etat, le peuple, la stabilité? Le 1er mai, il a pris part aux meetings du syndicat proche de son parti et se présente comme s’il était une victime. Il aurait mieux valu, au bout d’une année de pouvoir, présenter son bilan. Pour toutes ces raisons, nous avons demandé une intervention du Roi, seul garant des institutions constitutionnelles. En attendant, le gouvernement, qui est une institution constitutionnelle et qui souffre aujourd’hui d’anomalies en matière de gouvernance, n’a pas initié de chantiers structurants. Il  en a même bloqué, se contentant de la gestion des affaires courantes. Nous refusons que les institutions soient mises au service de Benkirane et non pas au service de l’Etat. Nous refusons aussi qu’il considère les partis de la majorité comme  de simples compléments du PJD.

- Que contient le mémorandum présenté au Souverain?
- C’est un document explicatif, de 12 pages et 19 points, adressé au Chef de l’Etat qui prendra son temps pour assurer l’arbitrage qu’il faut. La réponse qui nous sera rendue par le Roi déterminera la décision que prendra par la suite le Conseil national du parti. Lorsque les conditions de travail seront réunies au gouvernement, nous y reviendrons. Notre objectif est de renforcer l’économie nationale, consolider la décision politique au sein du gouvernement, et assurer les corrections nécessaires pour lutter contre la crise de gouvernance. Le peuple ne doit pas supporter la crise en augmentant les prix et les impôts ou en diminuant les salaires. Le gouvernement doit prendre ses responsabilités, s’ouvrir au dialogue social, au partenariat et à la concertation. Autrement, et si le comportement du gouvernement ne change pas, notre décision restera la même, c’est-à-dire le retrait. Ceci du fait que notre parti est souverain sur ses décisions, depuis 80 ans, et ne peut en aucun cas accepter d’être un suiveur du PJD ou de collaborer avec un Chef de gouvernement qui réagit comme un Chef de parti. Imaginez toute la dictature dont a fait montre Benkirane, alors qu’il n’a qu’une petite majorité (seulement 1 million de Marocains ont voté PJD). S’il avait eu une majorité confortable, cela aurait été dramatique pour notre démocratie.

- Allez-vous maintenir les mêmes ministres istiqlaliens?
- Ce n’est pas un remaniement que nous avons demandé au Roi. Nous lui avons présenté les raisons de notre retrait. Pour la question des portefeuilles, nous appelons à réduire le nombre des ministères et à les organiser en pôles. Aucun membre de la nouvelle direction du parti n’est intéressé par un portefeuille ministériel. Nous voulons un gouvernement de 15 ministères homogénéisés avec un nouveau programme qui remporte l’adhésion de tous. Nous voulons aussi que des débats nationaux soient ouverts, en partenariat avec la société civile, sur les chantiers de réforme, sur la Caisse de compensation, la Caisse de retraite… en conformité avec la nouvelle Constitution. Nous sommes pour le pluralisme et contre la pensée unique, et ce, depuis la naissance de notre parti à l’époque du protectorat et après l’indépendance.

- Vous avez remis au Roi deux petits livrets. De quoi s’agit-il?
- Ce sont les deux mémorandums qu’on avait adressés au Chef du gouvernement.

- Continuez-vous vos meetings régionaux en attendant le verdict royal?
- Effectivement. Il s’agit d’un agenda de rencontres politiques qui n’a rien à voir avec le mémorandum adressé au Roi. Nos meetings sont programmés dans les différentes régions afin d’assurer une proximité avec les militants et simples citoyens, les tenir au courant de l’actualité du parti et les écouter. Pour rappel, notre formation célébrera en 2014 son 80e anniversaire. Elle a toujours été aux côtés des Marocains avec son idéologie et ses fondamentaux et refuse qu’une autre formation la défie sur la base d’un discours religieux car nous sommes tous des Musulmans.


Propos recueillis par Youness SAAD ALAMI

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc