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Evénement

L’Istiqlal s’accroche à la sortie du gouvernement

Par L'Economiste | Edition N°:4063 Le 28/06/2013 | Partager
La campagne pour expliquer le retrait continue
Benkirane aura besoin d’un remplaçant de sa taille
Le pôle Istiqlal-USFP, une alternative pour 2016?

Curieusement, Abdelilah Benkirane ignore ses alliés et les partis d’opposition avec qui il ne s’est jamais réuni depuis qu’il a été nommé chef du gouvernement en novembre 2011

AVEC l’audience royale accordée à Hamid Chabat, le feuilleton de la crise gouvernementale rebondit. A peine rentré d’Oujda, le secrétaire général de l’Istiqlal a convoqué une réunion de son comité exécutif, avec comme ordre du jour, la remise du mémorandum au Souverain.
En attendant une réaction royale au mémorandum dans les prochains jours, l’Istiqlal poursuit sa campagne d’explication de sa décision du retrait du gouvernement et de son recours à l’article 42 de la Constitution. D’ailleurs Hamid Chabat participe à une réunion avec plus de 200 hommes d’affaires à Casablanca pour discuter de «la crise économique et l’incompétence du gouvernement à y faire face», pour reprendre l’expression d’un membre du comité exécutif. Le ministre des Finances Nizar Baraka y est attendu pour un exposé. La semaine prochaine, le secrétaire général poursuivra sa tournée dans la région de l’Oriental, Taza, Oujda,… Le maintien de cette campagne après l’audience royale est un indicateur qui renseigne sur la volonté de l’Istiqlal de faire jouer un ticket : le retrait du gouvernement. D’ailleurs, le Conseil national avait donné au Comité exécutif  la délégation pour sa mise en œuvre. Cette option est sur la table. Si l’Istiqlal passe à l’acte, en basculant dans l’opposition, il présentera l’alternative pour les prochaines législatives de 2016. Il mènera la vie dure au gouvernement. Un rapprochement avec l’USFP, qui a besoin de se refaire une santé, sera dans l’ordre des choses. Son premier secrétaire Driss Lachgar a déjà affirmé qu’il partageait l’analyse de la situation économique et politique de l’Istiqlal.
Reste le cas du PPS qui ne manquera pas de revoir ses calculs. Nabil Benabdallah a fait l’objet d’attaques en tout genre lors de la tournée de Hamid Chabat à travers le Maroc. Son parti analysera la situation politique, à la lumière de la nouvelle donne. Des membres du bureau politique commencent à s’interroger sur la plus-value tirée par le parti de leur participation à la majorité conduite par le PJD. Et cela, au-delà des 4 portefeuilles obtenus en contrepartie de l’entrée du PPS au gouvernement.
Abdelilah Benkirane est également appelé à tirer les conclusions de ce qui arrive. Pour continuer, le chef du gouvernement devra faire preuve de plus d’ouverture et de diplomatie en acceptant un fait : le PJD n’a pas la majorité à lui tout seul. Il fait partie d’une coalition. C’est à lui, en tant que chef d’orchestre, de mettre en harmonie tout le monde. D’ailleurs, l’audience royale est à méditer à plus d’un titre. En recevant Hamid Chabat, le Souverain a montré l’importance qu’il accordait aux partis comme acteurs politiques. Cela montre la conviction royale dans la démocratie. Et curieusement, Abdelilah Benkirane ignore ses alliés et les partis d’opposition avec qui il ne s’est jamais réuni depuis qu’il a été nommé chef du gouvernement en novembre 2011.
En tout cas, si l’Istiqlal met sa décision en pratique, Benkirane devra lui trouver un remplaçant. Il n’a pas d’autres choix que de se tourner vers le RNI pour former une majorité. Et encore, il faudrait que le parti de Salaheddine Mezouar accepte d’intégrer le gouvernement. Un scénario  difficile à accepter de part et d’autre sachant que l’ancien ministre des Finances a fait l’objet de critiques frontales et de calomnies en tout genre. Comment Benkirane fera passer la pilule à ses camarades, même si en politique, tout est possible. Mais en dehors du RNI, il aura besoin des deux partis. 
Reste que l’autre option toujours sur la table est de garder la même coalition avec un changement de management politique et un remaniement ministériel, avec les conditions de l’Istiqlal. Il s’agit notamment de la réduction du nombre des ministères à 15, avec la création de grands pôles, la répartition des portefeuilles selon les résultats des élections, une représentation du Sahara au gouvernement, 20% des femmes,… Dans cette hypothèse, le parti devra convoquer une réunion extraordinaire du Conseil national, le Parlement du parti, pour annuler la décision du retrait du gouvernement. Cette hypothèse paraît peu probable lorsqu’on mesure l’ampleur du fossé qui sépare les deux alliés.  Un grand responsable de l’Istiqlal, très amer et remonté contre Abdelilah Benkirane, donne un exemple: «je défie le PJD de sortir un seul projet du gouvernement bloqué par notre formation. Au Parlement, sur les 116 parlementaires que compte le parti, pas un seul n’a voté contre l’actuelle majorité. Les 6 ministres istiqlaliens n’ont pas fait un seul acte de gestion contre le gouvernement». Face à cette discipline,  «l’Istiqlal, un vieux parti, expérimenté en politique,  est récompensé par des humiliations infligées par Benkirane».

 

Mohamed CHAOUI

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