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Analyse

Catastrophes naturelles
Les menaces qui planent sur le Maroc

Par L'Economiste | Edition N°:4062 Le 27/06/2013 | Partager
Tremblement de terre, inondation et sécheresse
Une étude identifie les risques et évalue leur coût
Des scénarios pour limiter les pertes

En 2004, un tremblement de terre a violemment secoué Al Hoceima. Aujourd’hui, la ville est loin d’être à l’abri d’une nouvelles secousse

Bien des menaces planent sur le Maroc en matière de catastrophes naturelles. C’est en tout cas la problématique dont s’est saisi le ministère des Affaires générales et de la gouvernance. En effet, le département de Mohamed Najib Boulif a préparé une étude sur la gestion des risques, en collaboration avec la Banque mondiale. L’objectif est d’identifier les aléas de la nature pour limiter les pertes humaines et les dommages matériels susceptibles de survenir suite à ces incidents. Surtout que la croissance démographique et plus particulièrement la forte urbanisation que connaît le pays l’exposent davantage aux risques.
Premier constat alarmant de ce document qui aura nécessité 4 ans, la probabilité d’un tremblement de terre dépasse 95% sur une période de 30 ans. Le nord du pays, notamment les villes de Nador et d’Al Hoceima qui a déjà été frappée par un violent séisme en 2004, est le plus exposé au risque. Par contre, l’est du pays est beaucoup moins menacé. Mais à la grande surprise, la menace est moins élevée dans le sud du Royaume, même à Agadir qui avait été complètement détruite par un foudroyant tremblement de terre en 1960. Pourtant, élus et opérateurs du BTP avaient tiré la sonnette d’alarme en 2012 sur la non-application de l’arsenal juridique qui réglemente l’acte de bâtir dans cette ville qui a été à l’époque rayée de la carte après le séisme.
En tout cas, les conséquences de ce type de catastrophe sont alarmantes. Ainsi, le coût moyen annuel des risques est estimé à 5,6 milliards de DH. Les dégâts d’un tremblement de terre peuvent être lourds. Dans les détails, le secteur résidentiel, le plus menacé, peut engendrer des dégâts évalués à 506 millions de DH. Viennent ensuite les secteurs commercial et industriel avec des pertes estimées respectivement à 31,4 millions et 144,4 millions de DH. 
Outre les séismes, l’étude s’attarde également sur le phénomène des inondations. Selon le document, les régions qui y sont le plus exposées sont le Gharb-Chrarda-Beni Hssen, le Grand Casablanca et Tanger-Tétouan. Les dommages peuvent atteindre 1,8 milliard de DH pour le secteur résidentiel, 471 millions de DH pour les activités industrielles et 434 pour le secteur commercial. Par ailleurs, l’étude a mis en garde contre l’impact de la sécheresse qui est devenue de plus en plus récurrente au Maroc.
Le document note d’ailleurs que d’importantes zones du pays connaîtront au moins un épisode de sécheresse tous les 3 ans. La région du sud-est, qui souffre déjà d’un déficit pluviométrique, est la plus menacée. C’est le cas de plusieurs villes comme Erfoud, Ouarzazate et Merzouga. Même la région nord-ouest peut être touchée par la sécheresse.
En tout cas, les conséquences pourront être fâcheuses avec une perte annuelle estimée à 4,6 milliards de DH. C’est le secteur agricole qui contribue à hauteur de 19% au PIB qui en sera le plus impacté. Globalement, quel que soit le type de catastrophe, les dommages peuvent être portés au double ou au triple dans des secteurs particuliers, comme ceux du BTP et de l’agriculture. D’autant plus que l’économie nationale se caractérise par l’interdépendance des secteurs. Pour projeter la tendance de la situation actuelle, le ministère et son partenaire, la Banque mondiale, ont élaboré deux scénarios sur la base d’un ensemble d’hypothèses. Ce sont des simulations qui permettront de limiter toutes les pertes causées essentiellement par les séismes et par les inondations.
Le premier scénario prédit les avantages d’une baisse de la probabilité de tremblement de terre via notamment le renforcement des habitations antisismiques. Ainsi, l’investissement dans des mesures à même de contrer un tel incident permettra de réduire de 40% l’impact négatif sur le PIB. Néanmoins, le renforcement parasismique dans la ville d’Al Hoceima, très exposée au risque, devra mobiliser un coût presque équivalent aux économies qui seront réalisées. Le 2e scénario vise à mettre en place un système d’alerte d’inondations. L’étude propose de l’accompagner par d’autres dispositifs comme la construction de digues dans les zones à haut risque et l’installation de caniveaux sous les voies ferrés pour faciliter l’écoulement de l’eau. Rien que l’évaluation des bénéfices de ce dispositif relève qu’ils représentent 34 fois le montant de l’investissement.

Des tsunamis au Maroc?

Le Maroc n’est pas à l’abri du risque de tsunami. D’ailleurs, la côte ouest du pays a été inondée en 1755 par des vagues de 15 mètres de haut. Le risque d’un éventuel raz-de-marée persiste. Selon l’étude, un nouveau tsunami de 8 mètres sur Casablanca devra se produire au cours des 30 prochaines années.

Mise à jour du règlement parasismique

Pour mieux faire face au risque de tremblement de terre qui pèse lourdement sur le Maroc, le ministère de l’Habitat a opté pour l’actualisation du règlement parasismique (RPS) entré en vigueur en 2002. Le texte élargit le zonage sismique du territoire. De trois zones à haut risque, on passe à cinq. Il s’agit du Nord et de l’Oriental. En plus de cette nouvelle configuration sismique, la vitesse de tremblement du sol sera désormais prise en compte.
L’autre nouveauté concerne l’affinement du classement des bâtiments selon leur importance. De deux catégories dans l’ancienne version du RPS, l’on passe aujourd’hui à trois. En tête, les bâtiments publics prioritaires, comme les hôpitaux et la protection civile, font partie de la 1re. Viennent ensuite d’autres types d’édifices publics tels que les écoles et les administrations.
Les bâtiments à usage d’habitation, de bureaux ou de commerce font également partie de la dernière catégorie. 
Le nouveau règlement limite également la hauteur de la construction. Ainsi, les bâtiments se trouvant dans des zones à fort risque sismique ne doivent pas dépasser un niveau. Et la limite est de deux niveaux pour les régions à risque faible.

 

Hajar BENEZHA

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