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Economie

Anti-blanchiment des capitaux
Le Maroc droit dans ses bottes
Entretien avec le président de l’Unité de traitement du renseignement financier

Par L'Economiste | Edition N°:4054 Le 17/06/2013 | Partager

Pourquoi le Maroc n’a pas opté pour la déclaration automatique en matière de blanchiment d’argent? «Ce mode de traitement n’est pas exigé par les recommandations du Groupe d’action financière internationale. Notre législation confère plutôt à la personne assujettie la responsabilité d’apprécier l’opportunité d’une déclaration de soupçons», déclare Hassan Alaoui Abdellaoui, président de l’Unité de traitement du renseignement financier

C’est l’une des très rares sorties de Monsieur renseignement financier. Hassan Alaoui Abdellaoui présente un bilan d’étape de l’Unité qu’il préside depuis avril 2009. La lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme est un chantier permanent. «Le Maroc vient de marquer un point»,  annonce cet ex-directeur central à Bank Al-Maghrib. La nouvelle version de la loi anti-blanchiment a été publiée au Bulletin officiel du 2 mai 2013.

- L’Economiste: Six mois après votre installation en avril 2009, l’Unité reçoit et traite les premières déclarations de soupçons. La réactivité de votre écosystème ne vous a-t-elle pas surpris?
- Hassan Alaoui Abdellaoui: Avant même l’installation de l’Unité et sa création par la loi du 17 avril 2007, les banques ont adopté des normes contre le blanchiment des capitaux grâce, en particulier, à une circulaire de Bank Al-Maghreb sur la vigilance bancaire. Les banques, filiales de groupes étrangers, appliquaient déjà ces règles. Les établissements marocains se sont également engagés dans cette ligne vu leur ambition de modernisation et d’extension en Europe et en Afrique. Le terrain était donc balisé grâce  à l’accompagnement de la banque centrale.

- Les déclarations de soupçons sont largement dépendantes de la mise en place d’un dispositif interne de lutte contre le blanchiment des capitaux (LBC). Les 19 banques sont-elles totalement conformes?
- Ce dispositif a évolué du fait des obligations découlant de la loi sur la LBC, mais aussi du système d’information mis en place. Les banques se sont adaptées et nous communiquent des renseignements directement exploitables par ce système qui est opérationnel depuis avril 2011. L’UTRF n’a pas créé un qui lui soit propre. Les risques de développer un système en interne sont relativement élevés, notamment en matière de maîtrise des coûts et des calendriers. La décision était d’autant plus facile que les Nations Unies ont un système spécifique aux unités de traitement du renseignement financier. Toutes les banques n’ont pas encore achevé leur adaptation à ce système. Mais nous y travaillons avec les 3 ou 4 établissements qui restent.

- Banques et sociétés de transfert de fonds ont réagi. Or, la liste des personnes assujetties aux déclarations est large: casinos, intermédiaires immobiliers, promoteurs… Comment expliquer ce manque d’implication?
- Ce n’est pas un manque d’implication. Dans tous les pays, le secteur financier est à l’origine de 90% des déclarations de soupçons. Raison pour laquelle il était naturel que la sensibilisation, la sollicitation et les décisions de l’Unité au début commencent par le segment où existe le plus grand risque: banques, sociétés de Bourse, assureurs et sociétés de transfert de fonds. Les chiffres de 2012 montrent un élargissement de l’assiette des déclarants aux notaires et aux casinos. Mais il ne faut pas s’attendre à ce que ces derniers soient plus importants que les banques.   
- Vous avez déclaré que «le blanchiment d’argent prend de l’ampleur au Maroc» et que le secteur immobilier est le premier touché. Pourquoi n’arrivez-vous pas à avoir des chiffres pour étayer ce constat?
- Nous ne sommes pas les seuls à ne pas en avoir. Le secteur immobilier, on le touche directement ou à travers les autres acteurs (notaires, banques …). Pour les intermédiaires immobiliers, le manque d’organisation du secteur ne facilite pas son intégration au dispositif. L’Unité a adopté sa décision n° 5 pour préciser leurs obligations. La prochaine étape est d’impliquer leur association professionnelle comme nous l’avons fait avec des secteurs plus organisés (banques, sociétés de bourse, experts-comptables, casinos…). Nous sommes une jeune administration qui essaye de se développer rapidement. Mais de faire les choses de manière à pouvoir les maîtriser.

- N’empêche que le constat est là. Sur quels indices se base-t-il?
- C’est via l’analyse des déclarations de soupçons reçues par l’UTRF. Ce constat n’est pas seulement de l’Unité, il est partagé par d’autres administrations. Il est corroboré par certains indices dont l’utilisation importante du cash, opérations financières non justifiées économiquement, multiplication des virements… Mais n’en tirons pas des conclusions hâtives.

- Adoptée en 2007, la loi anti-blanchiment a été réformée à deux reprises. Pourquoi n’a-t-on pas opté dès le début pour un texte plus complet? 
- Je ne peux pas commenter des choses auxquelles je n’ai pas participé. Mais pratiquement, aucun pays n’a sorti dès le début une loi sans faille. Les normes du Groupement d’action financière internationale (Gafi) ne peuvent pas s’appliquer telles quelles. Chaque système à ses spécificités et s’adapte à sa manière aux recommandations. Autre difficulté, les normes sont établies par les Anglo-Saxons dont le système juridique est très différent du droit latin. À ce titre, ceux qui ont préparé le 1er texte ont fait un grand effort d’adaptation. En ayant amendé et publié la loi avant juin 2013, le Maroc a marqué un bon point. Si ce n’était pas le cas, le pays se serait retrouvé dans la liste noire du Gafi. Ce risque est maintenant écarté.


Propos recueillis par Faiçal FAQUIHI

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