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Analyse

Industrie pharmaceutique
Faux départ du contrat-programme

Par L'Economiste | Edition N°:4054 Le 17/06/2013 | Partager
Les débats sur les marges et les prix parasitent le démarrage de la stratégie
Le Maroc souhaite se positionner sur de nouvelles activités

Source: AMIP
L’industrie pharmaceutique reste handicapée par une faible production et une concentration sur des médicaments à faible valeur ajoutée

Le contrat-programme ambitionne de porter le chiffre d’affaires (CA) à plus de 10 milliards de dirhams à l’export dans dix ans et de doubler le chiffre d’affaires sur le marché local. Actuellement, il est de 8,7 milliards de dirhams. L’on table également sur la création de 25.000 emplois, dont 5.000 directs. A fin 2012, le secteur emploie 12.000 salariés. La stratégie s’articule autour de 7 initiatives qui se déclinent en 58 mesures convenues entre les industriels et le gouvernement. 570 millions de dirhams, dont 257 millions apportés par le budget de l’Etat pour financer ces mesures. Le reste proviendra du Fonds Hassan II.
Le challenge de la taille critique
En 2011, les laboratoires pharmaceutiques ont produit plus de 290 millions d’unités, soit une croissance moyenne de 7% par an depuis 2005. L’étude stratégique réalisée par le gouvernement affirme que la fragmentation du tissu industriel, avec près de 40 acteurs, pénalise le secteur. La production est plombée par la faiblesse des séries produites et l’absence d’une spécialisation. Ce qui fragilise les opérateurs nationaux face à la concurrence des pays émergents. La difficulté d’accès aux certifications internationales et les problématiques d’homologation empêchent le développement du secteur. Le gouvernement souhaite renforcer les capacités de production du secteur en misant en particulier sur les génériques et les médicaments chers. Les investissements dans ces créneaux seront soutenus par le Fonds Hassan II.
Projet de zone industrielle spécialisée
Le marché mondial de l’externalisation de l’industrie pharmaceutique s’élève à plus de 55 milliards de dollars. Soit une progression annuelle de 12% au cours de la dernière décennie. Une tendance soutenue par la politique de réduction des coûts des majors mondiales et qui est appelée à s’accélérer. Le Maroc pourrait attirer des multinationales spécialisées dans la production et la recherche externalisée. Pour ce faire, il devra concevoir une offre intégrée et aux normes internationales. Le contrat-programme prévoit l’aménagement de Pharma, plateforme industrielle intégrée (P2I). Un parc qui devrait tirer profit du réseau de P2I déjà créé dans le cadre du plan Emergence. Le gouvernement s’engage à aménager une P2I alliant plusieurs possibilités, notamment la location ou la vente de terrains, de bâtiments prêts à l’emploi ou de locaux customisés.
Gagner le pari de l’attractivité
L’industrie pharmaceutique mondiale tend de plus en plus à externaliser les activités R&D et de production, mais le Maroc n’en profite pas. En cause, la taille limitée de son marché, l’absence d’installations dédiées et la pénurie de ressources qualifiées, mais aussi des barrières réglementaires à l’entrée. Le contrat-programme est censé déboucher sur une offre attractive pour la production pharmaceutique en termes de coûts et de valeur ajoutée. Et en capitalisant sur l’expérience engrangée en matière d’investissements directs étrangers (IDE), le Maroc veut cibler les opérateurs mondiaux orientés export. L’objectif étant de favoriser le transfert de technologie et du savoir-faire et d’augmenter les volumes produits. Dans un premier temps, le gouvernement vise l’implantation d’activités d’essais cliniques, avant d’envisager l’émergence d’activités de sous-traitance et de R&D. L’Etat s’engage à fournir aux industriels une base de données des principaux CRO (Contract Research Organization) et CMO (Contract Manufactoring Organization) et des salons dédiés à la R&D et à démarcher les CRO. L’offshoring de production figure également parmi les priorités. Cela consiste à attirer les investissements, notamment des CMO, des génériqueurs et des acteurs moyens à l’échelle mondiale. C’est le groupe qui vient juste derrière les grands opérateurs planétaires du secteur.
De nouvelles filières de formation
A l’instar des autres stratégies sectorielles, la qualité des ressources humaines reste un handicap. Pour les industriels de la pharmacie, cette problématique se pose avec acuité en raison de la criticité technique du secteur, l’innovation permanente et l’intensité de la concurrence. Un handicap pour la mise à niveau  pour la filière, mais aussi pour l’arrivée de nouveaux investisseurs. Au vu des différents segments ciblés, les besoins en formation sont énormes. Pour attirer les activités d’essais cliniques, le gouvernement doit élargir le dispositif de formation à toutes les facultés de médecine et de pharmacie. Les certificats universitaires spécialisés dans la recherche clinique seront érigés en diplôme national.
Pour favoriser l’implantation des CRO, il faudra également former des attachés de recherche clinique (ARC) dont la mission est d’assurer le suivi scientifique et administratif des tests de médicaments. Une aide directe à la formation immédiate et à l’embauche sera offerte. Le secteur a également besoin de profils de type master. Un cahier des charges sera élaboré avec les industriels sur la base de leurs besoins. Dans un premier temps, ces formations seront proposées par les facultés de médecine de Casablanca et Rabat. Les profils de type bac+2 ne sont pas en reste. Un plan de formation pour les métiers d’opérateurs, techniciens et techniciens spécialisés sera élaboré entre le gouvernement et les industriels. L’Ofppt, qui développe déjà 5 filières spécialisées dans la chimie-parachimie orientée pharmacie, doit construire un institut spécialisé dans les métiers de la pharmacie. Le foncier a déjà été identifié. L’Ofppt est actuellement en train de se concerter avec les industriels pour arrêter le contenu des modules de formation.
Combler le vide juridique
Le développement de l’industrie pharmaceutique reste handicapé par l’absence d’un arsenal juridique complet et des zones grises de certaines réglementations. Ce qui  décrédibilise le Maroc à l’export. Les deux parties signataires du contrat-programme s’engagent à élaborer un plan d’action pour mettre de la cohérence et de la lisibilité dans les législations. En 2010, la recherche biomédicale a été interdite faute d’un cadre juridique adéquat. Ce qui a conduit à la délocalisation des projets de recherche en Tunisie et en Afrique du Sud. Pour l’instant, la priorité est de sortir le projet de loi relative aux essais cliniques, actuellement à l’instruction au SGG. L’adoption de cette loi et de ses textes d’application permettra de garantir la sécurité des essais et les droits des patients et peut être d’attirer les «Big Pharma» (Les 7 grands groupes mondiaux).

Où est passé le comité de pilotage

Quatre mois après la signature du contrat-programme, le comité de pilotage et de suivi de la feuille de route sectorielle n’a pas encore été installé. Or, c’est la structure qui devrait opérationnaliser les 58 mesures prévues dans le contrat-programme.
Le projet d’arrêté fixant, notamment les marges bénéficiaires, peine toujours à être finalisé faute d’un accord entre le ministère de la Santé, les industriels et les pharmaciens d’officines. Le marché reste suspendu à la baisse des prix promise par la tutelle. Les ventes de médicaments sont en chute libre depuis début 2013. «Les résultats à fin mai sont tous négatifs par rapport à 2012, qui n’était pas une bonne année. Ce qui est inquiétant pour l’avenir de la profession s’il n’y a pas un redressement significatif de la situation générale de l’économie du pays», prévient Abdelghani El Guermaï, président de l’Association marocaine de l’industrie pharmaceutique (AMIP).  La situation d’attentisme explique la disparition de certains produits des rayons. Des médicaments qui ont pour point commun leur niveau de prix variant autour de 20 dirhams. «Le ministère saisit souvent les industriels au sujet de la rupture de stock de certains produits, mais tant que les prix restent trop bas, les laboratoires ne sont pas tentés de les produire en quantités suffisantes», explique un opérateur. La feuille de route sectorielle a pour objectif d’améliorer l’attractivité du Maroc auprès des investisseurs nationaux et internationaux à travers la baisse des tarifs et la disponibilité du médicament.

Hassan EL ARIF

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