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Politique

Des salafistes intègrent le jeu politique

Par L'Economiste | Edition N°:4052 Le 13/06/2013 | Partager
Abou Hafs et d’autres regagnent le Parti de la renaissance et de la vertu
Ils ont accepté de travailler dans le cadre des institutions
Le PJD ne sera désormais plus le seul parti à référence islamiste

Mohamed El Khalidi, secrétaire général du Parti de la renaissance et de la vertu, est arrivé à convaincre des militants du courant salafiste à intégrer sa formation. Son objectif est de dénouer la crise de confiance avec l’Etat et les amener à participer à la vie politique du pays

Plusieurs salafistes ont officiellement rejoint le parti de la Renaissance et de la vertu (PRV) de Mohamed El Khalidi. Le dialogue, lancé par celui-ci avec le courant salafiste, a commencé à donner ses fruits. En effet, l’une des figures de proue du salafisme Abou Hafs, alias Mohamed Abdelouahab Rafiki, en compagnie d’autres, a décidé d’intégrer le PRV. D’ailleurs, le dernier conseil national de cette formation, tenu à Salé, a validé leur intégration officielle. Ainsi, 5 d’entre eux ont accédé au Secrétariat général du parti dont Abou Hafs, qui avait défrayé la chronique au lendemain de la vague terroriste qui avait frappé le Maroc. 15 autres salafistes sont entrés dans le conseil national du PRV. Hassan El Kettani a été également approché. Mais il a préféré pour l’heure se consacrer au prêche, en créant l’association «Al Bassira pour l’éducation et la prédication».
Pour arriver à ce résultat, l’homme politique a travaillé au corps le courant salafiste depuis plusieurs mois. En effet, le dialogue a démarré alors que les salafistes étaient encore en prison, incarcérés à la suite des évènements sanglants du 16 Mai 2003. Avec son action au niveau du comité de soutien, il a essayé de les sensibiliser aux changements que connaît le monde arabe, particulièrement en Egypte où les salafistes ont créé un parti politique baptisé «Annour». Il les a également convaincus de la nécessité de travailler dans le cadre des institutions, en s’organisant de manière formelle. Surtout que le Maroc était traversé par le courant salafiste à travers l’histoire, avec des leaders comme notamment Moulay Larbi Aloui et Allal El Fassi. Dans cette opération, Mohamed El Khalidi avait comme objectif de dénouer la crise de confiance entre l’Etat et le courant salafiste, animé par une culture de boycott. Pour lui, «le prêche ne doit pas être séparé de la gestion de l’Etat et de la vie politique». Et pour cela, les salafistes doivent s’impliquer dans la vie des institutions, a-t-il dit. Cependant, Mohamed El Khalidi réfute «les accusations qui le présentent comme celui qui a fait main basse sur le courant salafiste». Pour lui, «ces militants ont le droit de choisir n’importe quel parti politique. Ce qui importe c’est de les voir participer au jeu politique». Son argumentaire, basé sur le travail politique dans la légalité, implique une reconnaissance des fondamentaux de l’Etat marocain, y compris la monarchie et la commanderie des croyants. «Ce pas de géant franchi confirme les spécificités marocaines dans bien des domaines, a-t-il indiqué avant de rappeler que l’idée est de «créer un modèle marocain, où tous les courants seront représentés». L’arrivée du courant salafiste au PRV marque une mutation importante de l’échiquier politique. Si Al Adl Wal Ihssan rejette pour l’heure toute action de normalisation, il en va autrement pour le courant salafiste qui va chambouler l’échiquier politique, dominé par une seule formation ayant des références islamistes. A l’avenir, le PJD devra composer avec le PRV, «revigoré par ce sang neuf».
Mohamed El Khalidi, originaire d’Oujda, n’est pas à son premier coup politique. Il avait participé à une opération similaire menée avec Abdelilah Benkirane et ses amis du Mouvement pour l’unification et la réforme. Ces derniers avaient décidé d’intégrer le Mouvement populaire démocratique et constitutionnel (MPDC) du Dr Abdelkrim El Khattib en 1996. A l’époque, Mohamed El Khalidi était le numéro 2 de cette formation. «La différence est que Abdelilah Benkirane et ses amis étaient demandeurs pour intégrer notre parti. C’est l’actuel chef du gouvernement qui était le promoteur de l’intégration dans la vie politique», a-t-il dit. Après la transformation du MPDC en Parti de la  justice et du développement (l’actuel PJD), Mohamed El Khalidi a claqué la porte. Il a fini par créer une nouvelle formation en 2005 : le Parti de la renaissance et de la vertu. Avec l’arrivée du courant salafiste, cette formation est appelée à se développer. «C’est une plus-value pour le PRV. Les salafistes ont l’expérience du prêche qui est lié à la politique», a affirmé Mohamed El Khalidi. Surtout, ils sont une force qui compte,  implantés à travers tout le territoire. Ce qui ne manquera pas de doper le score du PRV lors des prochaines échéances électorales. D’ailleurs, d’autres salafistes vont suivre le mouvement sans pour autant assumer des responsabilités dans le parti d’El Khalidi.


M. C.

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