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Politique

Régionalisation: La Belgique offre son ingénierie

Par L'Economiste | Edition N°:4050 Le 11/06/2013 | Partager
L’équation financière est critique dans le transfert des compétences
Il n’y a pas à faire du copier-coller, les contextes ne sont pas les mêmes

André Flahaut, président de la Chambre des représentants belge: «La Belgique transformé en Etat fédéral après une succession de réformes structurelles, peut mettre à disposition du Maroc son ingénierie dans le processus de transfert de compétences de l’Etat central vers les régions»

André Flahaut, président de la Chambre des représentants fédérale belge a entamé une visite de 48 heures hier lundi à Rabat. Il a multiplié des rencontres avec plusieurs responsables marocains dont son homologue Karim Ghellab, le ministre des Affaires étrangères, Saad Dine El Otmani, et plusieurs acteurs de la société civile. Figure de premier plan du PS belge, pivot du «cartel» actuel du gouvernement fédéral en Belgique, André Flahaut croit en l’efficacité de la diplomatie parlementaire. Au Maroc, il propose l’ingénierie de son pays dans le processus de transfert des compétences de l’Etat central aux régions. Cela tombe bien car la régionalisation est l’un des chantiers-phares de la réforme institutionnelle dans le Royaume. Entretien.

Le Parlement marocain vient d’instituer le bilinguisme avec l’adoption de l’amazigh comme langue officielle de travail. Dans ce domaine, la Belgique a une longue expérience, et peut apporter son expertise au Maroc, confie André Flahaut, président de la Chambre des représentants fédérale belge. Le sujet est sensible en Belgique. Pour tout responsable politique dans ce pays, député, ministre régional ou fédéral, ou élu local, la maîtrise du flamand et du français est une obligation. D’ailleurs, tout le débat et les réformes de l’Etat en Belgique gravitent autour de la question linguistique, entre les deux principales communautés du pays.
En matière de régionalisation, la Belgique transformée en Etat fédéral après une succession de réformes structurelles, peut mettre à disposition du Maroc son ingénierie dans le processus de transfert de compétences de l’Etat central vers les régions. Il y a donc matière à échanger des deux côtés, poursuit André Flahaut.
Ceci étant, poursuit-il, «pas question de se placer en donneur de leçons». Le contexte n’étant pas le même, le schéma belge n’est pas transposable parce que les histoires et les évolutions sont différentes, assure le responsable belge.
En revanche, échanger sur les obstacles à éviter permet d’aller vite dans le processus. Ces obstacles, les responsables belges ont su les transcender grâce à leur sens du compromis que leur envie presque toute l’Europe. Le système du scrutin fondé sur la proportionnelle intégrale a aussi contribué à asseoir cette culture du compromis. Alors que Benkirane doit gérer quatre partis dans sa coalition, son homologue belge doit composer avec un cartel turbulent de huit partis aux positions souvent éloignées sur des dossiers très importants.
Le principe de subsidiarité fait partie de l’ADN du fonctionnement de l’Etat belge. Les régions sont dotées de très larges compétences en matière économique dont l’agriculture et le commerce extérieur, entre autres. L’autre échelle de l’architecture institutionnelle, les communautés ont le pouvoir de pilotage sur un domaine aussi sensible que l’éducation. Le ministère de l’Education n’existe qu’à l’échelle régionale.
Ce schéma où des niveaux de décision se superposent est a priori difficile à décrypter pour les interlocuteurs étrangers. C’est cette proximité de la prise de décision qui a permis à la Belgique de fonctionner normalement pendant plus de 17 mois sans gouvernement fédéral, mais «cela ne veut pas dire que celui-ci ne sert à rien comme on a souvent tendance à caricaturer la situation», insiste André Flahaut. Le principal obstacle à franchir dans ce processus de transfert des compétences du niveau central aux régions est d’une part, le fait de trouver un mécanisme de financement qui assure l’équilibre financier des régions, et d’autre part, la nécessaire solidarité. Ce point d’équilibre est très difficile à trouver, toute la science est de placer le curseur entre la liberté conférée aux régions et la solidarité nationale. En Belgique, la ligne rouge dans ce processus de la réforme de l’Etat est la sécurité sociale, «parce que c’est la solidarité interpersonnelle qui est en jeu».
Les difficultés d’intégration des jeunes marocains issus de l’immigration sont réelles en Belgique, concède André Flahaut, mais sans doute pas dans la même proportion que chez les voisins. «Beaucoup de personnalités montantes dans les formations politiques sont issues de l’immigration marocaine», fait-il remarquer. «Et ce n’est pas l’arbre qui cache la forêt».

Plusieurs fois ministres

André Flahaut, 57 ans, est président de la Chambre des représentants fédérale belge depuis 2010. Ministre d’Etat, il a été plusieurs fois ministre dans le gouvernement fédéral. Il a successivement dirigé le Service Public Fédéral (ministère) de la Fonction publique, de la Modernisation de l’administration et de la Régie des bâtiments, puis celui des Anciens combattants de 1995 à 1999, avant de diriger le Service Public Fédéral de la Défense nationale et des Victimes de guerre de 1999 à décembre 2007.

Propos recueillis par Abashi SHAMAMBA

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