Culture

Festival de Fès des Musiques sacrées
La fresque andalouse de l’amour spirituel

Par L'Economiste | Edition N°:4049 Le 10/06/2013 | Partager
Une création hommage à Ibn Arabi
Lalla Salma, Taubira, Laenser, Ramid… le gotha présent

SAR Lalla Salma à l’inauguration du festival des Musiques sacrées de Fès

COUP d’envoi du 19e festival de Fès des Musiques sacrées du monde, vendredi dernier. Une scène particulière à Bab El Makina pour un spectacle création mis en œuvre par Andrès Marin, l’un des meilleurs artistes du flamenco actuel.
A 21h, les officiels ont accueilli SAR la princesse Lalla Salma qui inaugure officiellement depuis 7 ans  le festival des Musiques sacrées de Fès qui est à sa 13e édition. Avec sa tenue traditionnelle, sertie de pierres Shwarovski, la princesse était attendue à la sortie par une énorme foule, et particulièrement les femmes qui ont scruté attentivement la couleur pistache et le col d’officier de sa tenue, mais aussi sa cape noire brodée avec le fil d’argent. Certainement, les couturières vont être sollicitées pour copier cette tenue. Comme pour chaque ouverture du festival et ce, depuis trois ans, les organisateurs métissent la scène inaugurale par une production imaginée, composée et réalisée spécialement pour l’occasion. Celle-ci devrait, par la suite, partir en tournée mondiale afin de promouvoir l’Esprit de Fès. «L’amour est ma religion», à l’affiche ce 7 juin, qui est en hommage à Ibn Arabi, se produit devant notamment des personnalités de marque tels Christiane Taubira, la ministre française de la Justice, et Karim Ghellab, président de la Chambre des représentants, Mohand Laenser, Mustapha Ramid, Mohamed Amine Sbihi, et bien d’autres grandes figures du monde politique et des affaires.
Sur scène, une soixantaine d’artistes arabo-andalous, amazighs, rifains, juifs, du Maroc et d’Espagne. Ils ont raconté l’Andalousie du VIIIe au XIe siècle. Dans cette fresque, un personnage, Nizam (Harmonia), intervient entre rêve et réalité pour interroger l’Andalousie et ses sages sur la quête, voire la conquête de l’amour. El Andalus était traversé par des courants idéologiques et religieux qui ont oscillé parfois entre un Islam de culture et de spiritualité et un juridisme aride et dogmatique. Les cinq séquences du spectacle du vendredi ont redessiné cette Andalousie avec des artistes de renom comme Haj Mohamed Ba Jeddoub, Abdrrahim Souiri, Abdelfettah Bennis, Cherifa, et Françoise Atlan. Côté espagnol, Andrès Marin, Carmen Linares et Jose Valencia, entre autres, ont enflammé Bab El Makina par le «flamenco». Ainsi, le tableau d’ouverture a offert un voyage sur les traces de l’amour spirituel, interrogeant l’histoire et les hommes sur le sens de cette quête. «L’amour de la passion tourmentée s’est élevé des chants flamenco ou encore l’amour mystique qui s’est exprimé dans chacune des trois religions abrahamiques. L’anéantissement de soi qui est le secret ultime de l’amour n’a été dévoilé qu’en fin de parcours», explique Faouzi Skali, directeur du festival et de la Fondation Esprit de Fès.
Samedi, la porte d’or «de Constantinople à Istanbul» a fait oublier les soulèvements populaires que connaît actuellement la Turquie. A Bab El Makina, l’ensemble Al Chordais et l’ensemble Mevlevi de la Grèce et de la Turquie ont exprimé par leurs chants et danses la paix...

De notre correspondant, Youness SAAD ALAMI

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc