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Justice

Affaire ONDA
Un passé agité resurgit devant les juges

Par L'Economiste | Edition N°:4048 Le 07/06/2013 | Partager
Accusés et témoins, le face-à-face
L’ex-secrétaire de Benallou à la barre

Après l’audition de 11 accusés, la Cour d’appel de Casablanca a enchaîné avec les témoins. La prochaine audience de l’affaire ONDA a été fixée pour le 13 juin. Une séance marathonienne s’est tenue fin mai 2013 et où deux fonctionnaires de l’Office, Driss Talhaoui d’abord, et Mouna Benbrahim ensuite se sont relayés à la barre. Dès le début de son audition, cette ex-assistante a dû faire face aux réserves de son ex-directeur général.
Le juge demande «s’il existe une animosité avec le témoin?». L’ex-patron de l’Office national des aéroports (ONDA), Abdelhanin Benallou, lève le doigt. Poursuivi au pénal, il déclare «avoir écarté son assistante de son poste à cause de sa gestion du secrétariat».
Le témoin fait son serment. L’accusé revient sur les chèques de paiement «et qui, au lieu d’être remis 24 heures après leur signature, tardaient à être envoyés aux bénéficiaires». Jusqu’au jour où une société l’appelle sur son GSM pour lui «reprocher le retard». La direction inspecte: «un tas de chèques signés depuis 2 mois sommeillent dans les tiroirs», soutient Benallou. Le tribunal interpelle le témoin. Réponse: «Mon bureau a été saccagé et l’unité centrale de mon PC a disparu. Puis, j’étais mis au placard pendant 2 ans». Suite à cet incident, «un ancien confrère
demande des explications auprès du numéro 2 de l’Office, Amine Berkallil», poursuit la fonctionnaire. Le bras droit de Benallou aurait déclaré qu’il «vise Mouna Benbrahim». Au banc des accusés, Berkallil tourne sa tête d’un geste désapprobateur. Concernant les chèques, l’assistante écarte sa responsabilité: «Après mon départ, une personne de la direction générale se chargeait de les remettre», déclare le témoin d’une voix frêle. Secrétaire de 2003-2005, elle se tourne furtivement vers son ancien patron: «Il sait qui cachait les chèques». La Cour omet de demander le mystérieux nom. Elle enchaîne sur les cadeaux et leurs bénéficiaires, sur «l’introuvable» rapport de Panorama Pub et les billets d’avion dont «bénéficiaient l’épouse et les enfants de Benallou», précise le témoin. Billets dont tout le personnel avait droit via une convention signée avec la RAM.
L’audience entamée à 14 h prend fin au-delà de 20h. Dès le début, le dossier des lots de terrains d’Ifrane rejaillit avec force. Driss Talhaoui, un témoin à part, dénonce le favoritisme ayant marqué l’opération et l’illégalité de la vente (voir p. 33).  Il déclare qu’ont été «uniquement servis des proches de la direction générale. Or les lots  étaient destinés à la construction de chalets». La défense relève une confusion. Les 10 terrains dits “résidence Belle vue” sont «à distinguer du projet des chalets d’estivage». L’ex-chef de division Affaires juridiques et patrimoine estime qu’il est «moralement incorrect» de bénéficier à deux reprises des projets destinés au personnel de l’ONDA. Alors qu’il a lui-même acquis 2 lots à Casablanca puis à Nador. Ce que le juge ne manquera pas de rappeler à Talhaoui.
Le témoin revient sur la procédure d’acquisition des lots d’Ifrane en mettant en cause la décision, le 5 mars 2008, du conseil d’administration en rapport avec  la vente des terrains.  La défense revient à la charge: «n’est-ce pas M. Talhaoui qui a enregistré les lots à la conservation foncière? N’a-t-il pas signé un chèque de 9.489 DH?» Le juge remet au témoin  le chèque en son nom. Ce dernier affirme pourtant «ne pas reconnaître la signature». Me Najib  Houssine promet au tribunal de s’en servir lors de sa plaidoirie.  Talhaoui, lui, ne s’arrêtera pas là. Il conteste l’existence et la légitimité de l’association des cadres de l’ONDA. C’est elle qui a proposé au DG la liste des bénéficiaires. Là aussi, l’avocat de Rachid Msâadi, SG de l’association, remet des documents au juge: récépissé de déclaration, statuts, correspondance… 

Droit de presse

Des articles de presse cités à l’audience. L’un des témoins, Driss Talhaoui, ayant fait des déclarations à Maroc Hebdo du 16 mai 2013, est pris à partie par des avocats. «Comment se fait-il qu’un témoin prenne une telle initiative avant d’être auditionné par les juges?» L’article de notre confrère Aissa Amourag est remis au tribunal. Il s’intitule «Un directeur à l’ONDA enfonce Abdelhanine Benallou». Le témoin va renier ses propos devant le juge et promet d’adresser un droit de réponse à qui de droit. Même cas de figure pour L’Economiste. Face au juge, Talhaoui se plaint de voir son droit de réponse non publié sur nos colonnes. Laissant entendre une mauvaise foi. Or les déclarations qu’il conteste ont été tenues par Benallou lors de l’audience du 2 mai et reconfirmé par leur auteur. Plus important, le témoin a fait l’objet d’une récusation par la défense.

Faiçal FAQUIHI
 

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