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Competences & rh

Focus
Il faut préparer l’entreprise à motiver les jeunes recrues

Par L'Economiste | Edition N°:4045 Le 04/06/2013 | Partager
Les managers doivent impérativement être formés à la transformation digitale
Sans mise à niveau, ils font courir un gros risque à l’entreprise
Les dirigeants réticents à remettre en question les positions, pouvoirs et influences

Pour Gilbert Frade, ex-DGA de l’Ecole des mines de Paris, un monde qui ne produit plus d’industrie n’a plus de support 

- L’Economiste: Quels sont les défis des ressources humaines face aux modifications induites par le digital?
- Gilbert Frade, ex-DGA de l’Ecole des mines de Paris: Ce qui est sûr, c’est que la modification des ressources humaines par le digital va être progressive. Sur le terrain, elle dépendra bien sûr des entreprises, de leur degré d’implication, mais aussi de leur gestion. De manière générale, l’être humain a besoin de deux générations pour l’intégrer et l’appliquer. Il ne faut pas oublier qu’il a fallu 1.000 ans pour s’approprier l’écriture et 100 ans pour l’imprimerie et 10 ans pour internet qu’on croit s’être approprié alors que nous en sommes très loin. Pendant très longtemps, la technologie allait très doucement, et rapidement, les choses se sont accélérées.
- Est-il donc si ardu d’aller vers la transformation? Y a-t-il des résistances?
- La transformation digitale est avant tout une transformation culturelle et RH. La digitalisation remet en question ce qui existe (et fonctionne parfois très bien), bouscule les pouvoirs et les influences. La réussite de la digitalisation va donc se mesurer au niveau des RH. Celles-ci sauront-elles attirer et maintenir les hommes compétents, tout en faisant évoluer l’ensemble du personnel et changer l’état d’esprit de l’entreprise. C’est là où le bât blesse: il est difficile aux dirigeants de remettre en question les positions, les pouvoirs et les influences au sein de leur entreprise. Ils doivent faire évoluer les méthodes de management
- Entre-temps, les générations «Y» investissent le marché de travail. Ne risque-t-on pas d’aller à un conflit de génération?
- On aime bien mettre les êtres humains dans des catégories alors que les processus sont plus compliqués que l’on croit. J’ai l’impression qu’on met la charrue avant le bœuf en extrapolant déjà sur les futures exigences des jeunes sur le marché du travail. On parle désormais de télétravail,… A-t-on pensé à poser la question à ceux classés dans la génération «Y» pour connaître leurs aspirations? J’ai en tête une enquête du cabinet Deloitte auprès d’un échantillon de 1.500 jeunes qui a eu des résultats surprenants. Elle a démontré que les jeunes de 22 à 25 ans souhaitent tout simplement une stabilité et un bureau. Cette étude conforte mes impressions lorsque je dirigeais l’Ecole des mines de Paris où j’ai eu à former des jeunes qui sont aujourd’hui de grands chefs d’entreprise et des ministres. J’ai donc vu trois générations: les X, les Y et le démarrage de la génération D. Les jeunes attendent d’un employeur qu’il les fasse rêver, qu’il les accompagne et qu’il s’occupe d’eux. Et c’est toujours le cas. Et le rôle d’un DRH est de préparer l’entreprise à être à l’écoute de ces jeunes recrues, de motiver leur capacité d’innover. Cela nécessite aussi une mise à niveau des cadres dirigeants, y compris les chefs d’entreprises. Car, le digital est certes un atout, mais peut développer des risques qui, sans un minimum de connaissance des managers, sont encore plus grands.
 - Dans 10 ans, 60% des métiers seront des jobs qui n’existent pas encore. Partagez-vous cette vision et pensez-vous que les métiers d’ingénieurs auront toujours le vent en poupe?
- Oui sans conteste, l’avenir va développer de nouveaux métiers. Il n’y a qu’à voir les différentes applications que l’on va faire demain avec l’impression à 3 D. Mais, on aura toujours besoin d’ingénieurs car un monde qui ne produit plus d’industrie n’a plus de support. Et il ne faut surtout pas faire la même erreur qu’en France qui a décrété qu’elle n’avait plus besoin d’industrie, mais de service. En revanche, la production de demain devra prendre en compte le service. Dans le secteur de l’énergie par exemple, il va falloir réfléchir à former des gens capables d’assurer la production la plus efficience et l’application la plus appropriée, capable de la faire stocker au-delà du type d’énergie.

Qui est Gilbert Frade?

Gilbert Frade a dirigé pendant plus de deux décennies l’Ecole des mines de Paris, dont les lauréats ont occupé et continuent d’occuper de grands postes au Maroc et ailleurs. Cet ancien élève de l’Ecole des mines de Paris (promotion 1960) a favorisé la création de plusieurs réseaux internationaux avec des entreprises et des universités et participe à leur fonctionnement et à leur développement. Depuis 2005, il est conseiller auprès de plusieurs groupes internationaux. Gilbert Frade est également officier de la Légion d’honneur, Commandeur de l’Ordre national du mérite.

Propos recueillis par   Badra BERRISSOULE

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