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Sommet Laureate pour la jeunesse et l’emploi: Bienvenue à l’ère des «soft skills»

Par L'Economiste | Edition N°:4045 Le 04/06/2013 | Partager
Débrouillardise, créativité, esprit d’entreprise… ne sont pas enseignés dans les universités
La demande des entreprises en constante évolution crée un décalage entre les formations universitaires et les besoins réels du marché
Réformer l’éducation, jeter des ponts université/entreprise, moderniser la formation professionnelle… des problèmes universels

Ce sommet qui préoccupe les décideurs du monde entier a attiré des centaines d’officiels. Plusieurs ministres européens ont pris part à cette manifestation, à l’initiative de Bill Clinton, intitulée: «Youth & jobs in Europe», et dont le coup d’envoi a été donné par le prince héritier espagnol Felipe

LE gotha du monde de l’éducation s’est réuni le 21 mai dernier pour débattre de l’épineuse problématique de l’emploi des jeunes. Ce sommet, qui s’est tenu à «Universidad Europea» à Madrid et dont les travaux ont été retransmis en direct à travers le réseau «Laureate international universities» dans le monde, a attiré des centaines d’officiels, décideurs, universitaires. Plusieurs ministres européens ont également pris part à la manifestation, intitulée: «Youth & jobs in Europe», sans compter Bill Clinton et le prince héritier espagnol Felipe. «Chacun doit s’impliquer afin de contribuer à son niveau à résorber ce problème qui touche directement ou indirectement les sociétés à travers l’Europe et un peu partout dans le monde. Il s’agit d’un challenge collectif qui doit d’abord être considéré à travers une large perspective, avant d’être considéré par pays, comme c’est le cas pour ce Forum», a déclaré le prince Felipe dans son discours.
Un thème plus que jamais d’actualité au regard de la conjoncture internationale. Plus de 260 millions de jeunes sont «économiquement inactifs» à travers le monde, selon les chiffres de la Banque mondiale. Le chômage des jeunes a augmenté d’un tiers (30%) depuis 2007 et en Espagne, pays qui accueille la conférence, un jeune sur deux est inactif. L’ONU relève pour sa part que les jeunes ont 3 fois plus de chances que les adultes d’être au chômage. Ce sont quelques-uns des chiffres avancés par Douglas Becker, fondateur et président de Laureate Education, Inc, organisateur de l’évènement, lors de la séance inaugurale de cette rencontre. Selon lui, l’économie européenne a perdu l’équivalent de 1% de son PIB (soit 153 milliards de dollars) à cause de l’inactivité économique des jeunes. Selon Becker, la formation supérieure peut contribuer à améliorer l’employabilité de ces jeunes. «C’est un fait: les jeunes ayant reçu une formation supérieure tirent mieux leur épingle du jeu que ceux n’ayant aucun diplôme», souligne le président Laureate Education, Inc.

Esprit d’innovation

«CE thème d’emploi de jeunes m’a obsédé pendant plus de 30 ans. Dans l’Etat où j’étais gouverneur dans les années 80 (Arkansas), on était confronté à ce problème de chômage des jeunes avec un taux supérieur à la moyenne nationale durant les 9 années de mon mandat, durant lesquelles on a travaillé sur ce problème», témoigne Bill Clinton, ancien président américain et chancelier d’honneur du réseau «Laureate international universities», dont l’Université international de Casablanca fait partie. «A mon sens, la clé de la création des emplois est d’instiller l’esprit d’innovation et restaurer l’espoir de l’actuel génération de jeunes chômeurs européens», a-t-il souligné. En réponse à la question d’une étudiante sur les incertitudes des opportunités de carrière dans son pays, Clinton a expliqué que l’éducation est la meilleure manière de tracer une voie vers le succès. «Si vous recevez une formation de qualité, vous serez plus flexible dans la détermination de votre futur», lui conseille-t-il.

Cependant, il y a un décalage entre les formations universitaires et les besoins réels du marché, constate-t-il. Certes, les entreprises ont besoin de compétences techniques (hard skills), mais ce qui compte aujourd’hui, ce sont les «soft skills», comme la communication, les capacités de résolution de problèmes, de travail en équipe, créativité, esprit d’entreprise,… «Ce sont malheureusement des spécialités qui ne sont pas souvent enseignées dans les universités», souligne Becker.
Autre évolution des temps modernes à prendre en considération: les technologies de l’information (voir aussi nos articles pages VIII, IX et X). Elles ont en effet fortement impacté le monde du travail. «L’idée classique d’aller au bureau et d’être entouré de ses collègues est en train de changer radicalement et l’idée de travailler toute sa vie pour un même employeur fait désormais partie du passé», poursuit Becker. Résultat: beaucoup parmi les jeunes d’aujourd’hui travailleront dans plusieurs entreprises ou opteront pour l’auto-emploi.
Or, les universités ne forment pas non plus à la création d’entreprise (auto-emploi) qui exige d’autres talents de présentation, travail en équipes, gestion, prise de risque… Aujourd’hui, il est possible de travailler sans frontière et d’avoir des clients à travers le monde grâce aux technologies de l’information. C’est une nouvelle ère qui bouleverse le monde traditionnel du travail.  «A cause de l’incertitude du marché, beaucoup d’entreprises hésitent à recruter des travailleurs permanents et ont plutôt recours à des contractuels ou des travailleurs à distance. Ce marché en ligne va révolutionner le monde du travail», selon les termes de Becker. Et d’ajouter que selon des estimations, les travailleurs contractuels constitueront 50% des salariés en 2020. Pour s’adapter à ces changements, les jeunes doivent impérativement développer un esprit d’entreprise.
Jonas Prising, président du groupe Manpower, partage ce point de vue. «Le changement des besoins des entreprises fait qu’il y a un gap entre les demandes des employeurs et les compétences des jeunes», souligne-t-il. C’est un paradoxe, selon lui, car il y a tellement de jeunes au chômage d’un côté, mais il est toujours difficile de trouver les bonnes personnes avec les bonnes compétences, de l’autre. Une idée corroborée par Alejandro Pocina, PDG de Steelcase. «Il existe certes des ingénieurs ayant un bon niveau technique sur le marché, mais il leur manque des talents essentiels comme la communication, les langues, l’expérience… Nous peinons à trouver les bons profils», témoigne-t-il.
Jesus Galindo, directeur du secteur public au sein de Cisco Systems (Espagne), renchérit pour sa part expliquant que les jeunes d’aujourd’hui auront de plus en plus besoin de ces «soft skills», c'est-à-dire qu’ils doivent faire preuve de qualités humaines et relationnelles. «Auparavant, les gens avaient l’habitude de travailler seuls, dans leurs bureaux, ils n’étaient pas obligés de collaborer avec les autres. Aujourd’hui, ils doivent interagir, collaborer, travailler en équipe… Du coup, les talents de résolution de problèmes, l’initiative, le leadership… deviennent plus que jamais essentiels», dit-il. Les employés doivent  aussi avoir une mentalité d’entrepreneurs (prise de risque, initiative…). Ce sont les talents dont l’entreprise a besoin pour le futur, selon Galindo.
Mais comment peut-on réduire ce gap entre les besoins des entreprises et les compétences des lauréats? La solution serait d’instaurer un partenariat université/entreprise, selon les termes de Luis Palha Da Silva, PDG de Galp Energia (production de pétrole/gaz/électricité et raffinerie). «Les universités doivent considérer les entreprises comme leurs clients et répondre à leurs besoins. Nous n’utilisons qu’une petite partie des talents techniques de nos ingénieurs, nous avons surtout besoins de leurs soft skills», renchérit Da Silva.
Les professionnels étaient donc unanimes à souligner l’intérêt des «softs skills» et du partenariat université/entreprise pour renforcer l’employabilité des jeunes,  lors de ce premier panel axé sur le thème: «Perspective de l’employeur: explorer des solutions pour contrer le chômage des jeunes du point de vue des chefs d’entreprises».
Le rôle de la formation professionnelle dans le renforcement de l’employabilité des jeunes était également au cœur des discussions dans le 2e panel, intitulé : «Perspective d'enseignement: solutions pratiques pour de jeunes diplômés prêts pour l’emploi». En Espagne, où le chômage touche plus de 50% des jeunes, 25% des jeunes quittent le système scolaire vers l’âge de 16 ans. Ces chiffres prouvent que le système d’éducation a failli, selon les termes de Monserrat Gomendio Kindelan, secrétaire d’Etat à l’Enseignement, la Formation professionnelle et les Université (Espagne). «Avant la crise, ces jeunes avaient la possibilité de travailler dans des postes n’exigeant pas un haut niveau de qualification (bâtiment, restauration…), aujourd’hui ce n’est plus le cas», affirme-t-elle. Pour réduire les taux de déperdition scolaire, la formation professionnelle est la solution, selon la ministre espagnole. Pourtant, seulement 30% des étudiants choisissent cette alternative.
«Le système d’éducation actuel a clairement besoin d’être réformé. Nous envisageons d’offrir les options de formation professionnelle dès le primaire pour garder le maximum de jeunes scolarisés», poursuit-elle. Un avis partagé par Kyriakos Kenevezos, ministre de l’Education et Culture chypriote qui souligne qu’en ces temps de crise, «les budgets de l’éducation sont les premiers à pâtir».
Quant à Urusula Von der Leyen, ministre de l’Emploi en Allemagne, elle pense qu’il faut moderniser les systèmes de formation professionnelle. «Si l’on considère les pays ayant les plus forts taux de chômage de jeunes, on constate qu’ils ont des écoles et des universités et rien entre les deux, alors que ceux ayant les plus faibles niveaux de chômage des jeunes, ont des systèmes très sophistiqués de formation professionnelle», affirme-t-elle. La solution, pour elle, consiste à développer davantage le partenariat public/privé et responsabiliser les professionnels en encourageant les stages au sein des entreprises.  Et ce faisant, les entreprises profiteront d’une force de travail personnalisée, en fonction de leurs besoins. La formation professionnelle gagnerait aussi a être plus valorisante et valorisée et non seulement considérée comme une option pour les «loosers».
Et d’ajouter: «en Allemagne, les diplômés de la formation professionnel sont très fiers de leur cursus qui comprend plus de 340 types de formations différentes».
Ruairi Quinn, ministre de l’Education de l’Irlande, a présenté, quant à lui, une expérience inédite qui consiste selon lui à supprimer les examens pour éviter que les jeunes quittent le système scolaire à 15 ans. «C’est une réforme qui nécessitera du temps pour l’appliquer, même si elle a suscité une levée de boucliers de la parts des adeptes du système d’enseignement classique», explique Quinn.

1er réseau mondial d’universités privées

LE Réseau international universities inclut plus de 70 universités accréditées, sur campus et en ligne.  Aujourd’hui, ses lauréats s’élèvent à plus de 800.000 originaires de 29 pays en Amérique du Nord, Amérique Latine, Europe, Asie, Afrique du Nord et Moyen-Orient. Pus de 130 licences, mastères et doctorats y sont proposés dans divers domaines dont notamment achitecture, art, affaires, art culinaire, design, éducation, ingénierie, sciences de la santé, technologies de l’information, droit… Hormis leurs programmes d’études similaires et leurs opportunités d’échange, chacune des universités Laureate s’adapte et se fond dans la culture de sa propre communauté.

Les lauréats des universités privées gagnent mieux

LE sommet fut l’occasion pour la firme internationale de recherche «Millward Brown Optimor» de rendre publics les résultats de sa dernière enquête.
Menée auprès de 1.200 jeunes âgés de 21 à 30 ans originaires de 6 pays Européens (France, Portugal, Turquie, Allemagne, Italie et Espagne), l’étude analyse le lien entre employabilité et éducation, avec un focus sur l’impact de l’enseignement sur l’emploi. «Notre enquête a démontré que les lauréats de l’université ont 10% plus de chances d’être employés à plein temps que les non diplômés. De même, leurs salaires sont supérieurs de 40% et ils sont plus satisfaits de leurs carrières», a affirmé Mario Simon, président de «Millward Brown Optimor». L’employabilité des jeunes lauréats du privé est meilleure, poursuit Simon. En effet, 67% sont employés à plein temps, contre 56% pour les diplômés du public.
«Nous avons besoin d’un esprit de collaboration entre les secteurs public et privé  afin d’assurer un avenir meilleur pour nos jeunes», a commenté Douglas L. Becker, président de Laureate Education, Inc.
 

Aziza EL AFFAS

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