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Evénement

Maroc-Turquie
Une relation perdant-gagnant

Par L'Economiste | Edition N°:4045 Le 04/06/2013 | Partager
Le gouffre du déficit commercial: 7 milliards de DH
Chute libre des IDE: - 70%

Source: Office des changes
A l’horizon 2014, la Turquie compte parvenir à 3 milliards de dollars (environ 27 milliards de DH) d’échanges commerciaux avec le Maroc. S’il est atteint, cet objectif impliquera un plus grand creusement du déficit

Agressivité commerciale! Voilà qui résume bien la stratégie de la Turquie au Maroc et dans le monde entier. Appels d’offres de grands projets, foires et expositions, rencontres de haut niveau… Les Turcs sont partout et ne viennent jamais les mains vides. Dans leurs cartables, les investisseurs turcs ont des produits sur-mesure pour les besoins du pays, d’énormes capacités de production, des coûts très compétitifs et surtout un sens des affaires bien aiguisé. Bref, Ankara est une puissance économique incontestable comme le sont les forces industrielles modernes. Une offensive qui se traduit par un déséquilibre important de la balance commerciale maroco-turque. La situation a atteint son paroxysme avec l’entrée en vigueur de l’accord de libre-échange le 1er janvier 2006.
Le texte prévoit une libéralisation totale à horizon 2015 pour l’industrie. Une date qui terrifie les industriels marocains qui sont loin, très loin, d’être suffisamment compétitifs pour faire face à l’offensive d’Ankara. Dans le fond, cet accord est l’un des plus décriés par les industriels marocains. Subventions aux industriels turcs, pléthore de mesures protectionnistes sur le marché local, déséquilibre des pouvoirs de négociations et omniprésence d’entreprises commerciales publiques… Ce sont les défaillances que souligne, avec insistance, la partie marocaine. D’autant plus que, chiffres à l’appui, les rapports commerciaux sont déséquilibrés. En 5 ans, les importations marocaines depuis la Turquie ont quasiment doublé. Elles ont été de l’ordre de près de 9,8 milliards de DH en 2012. Par contre, les exportations évoluent très lentement (2,8 milliards de DH en 2012). En tout cas, trop lentement pour les entreprises locales. Résultat: le déficit commercial avec Ankara s’est établi à près de 7 milliards de DH, en 2012. Istanbul table sur de plus grands volumes d’échanges. L’objectif est de parvenir à 3 milliards de dollars (environ 27 milliards de DH) d’échanges commerciaux, à l’horizon 2014. A première vue, le déficit de l’offre exportable peut être pointé du doigt. Cela est tout à fait vrai. Cependant, ce n’est pas l’unique paramètre qui rentre en jeu. A titre d’exemple, le transport est un véritable frein. Il existe une seule ligne directe de faible fréquence et deux lignes indirectes aux délais incompatibles avec les besoins des produits d’exportation marocains. S’y ajoutent de nombreuses barrières non tarifaires  comme les délais de dédouanement qui peuvent aller jusqu’à… 40 jours! Le même son de cloche retentit du côté du Bosphore. Les professionnels turcs mettent le doigt sur les contraintes liées aux crédits documentaires et aux règlements des transactions. Pour eux, les délais de paiement sont beaucoup trop longs au Maroc. «Il faut faire preuve de beaucoup de patience pour être payé au Maroc», confie un opérateur stambouliote dans le textile. Justement, c’est dans le textile que le bat blesse. Fini le temps des quelques mètres de tissu qui arrivent au Royaume dans des valises. Aujourd’hui, les Turcs mettent carrément en péril quelques industries comme celle du denim. L’autre secteur qui est au cœur de tous les débats est l’agriculture. La Turquie veut une ouverture totale pour ses produits. Le pays est un très gros producteur agricole. Ses compagnies sont d’une taille mondiale. Sauf que cette ouverture est vivement dénoncée par la partie marocaine.
En outre, lors des négociations de l’accord de libre-échange, la partie marocaine avait dans son viseur les milliards d’investissements turcs. Un vœu pieux! «Les investissements directs turcs au Maroc sont en baisse constante ces dernières années. Ils ont atteint 34,6 millions de DH en 2012 contre 110 millions de DH en 2011 et 113 millions de DH en 2010», selon les données du département de l’Industrie. Sur la période 2002-2011, la Turquie a occupé la 20e place des investisseurs au Maroc. Surprise, en 2012, la Turquie descend à la 30e place avec 0,11% des investissements entrant au Maroc.

Les secteurs phares

75% des investissements turcs au Maroc sont réalisés dans le commerce et les grands travaux. Les success stories sont multiples dans ces secteurs. Elles poussent comme des champignons! Ce sont les superettes BIM qui font incontestablement partie du paysage de la grande distribution. «Actuellement, nous disposons de 128 magasins Bim au Maroc et nous comptons en ouvrir 30 autres d’ici la fin de l’année», explique Mohamed Benmezouara, directeur général de BIM Stores Maroc. Actuellement, 6 grandes sociétés turques réalisent des projets structurants au Maroc. La plus grande est Tekfen qui prend à sa charge la réalisation du pipeline de l’OCP. L’Office est l’une des rares entreprises marocaines à avoir tenté l’aventure dans l’autre sens. Le groupe OCP a monté à Istanbul une joint-venture avec le turc Toros Tarim (filiale de Tekfen). La structure opère dans le domaine du négoce d’engrais dans la région de la mer Noire, des Balkans et de l’Asie centrale.

Ilham BOUMNADE

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