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Evénement

Maroc-Turquie
La relance par la politique

Par L'Economiste | Edition N°:4045 Le 04/06/2013 | Partager
Deux accords signés
Création d’un Conseil de coopération stratégique
Le Maroc, plateforme pour la conquête de l’Afrique

Abdelilah Benkirane a reçu le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, arrivé à la tête d’une délégation ministérielle et de 300 hommes d’affaires. La proximité idéologique des deux partis politiques qu’ils dirigent devait faciliter la convergence de vues pour relancer la coopération économique

C’est Abdelilah Benkirane qui a reçu hier lundi 3 juin Recep Tayyip Erdogan, arrivé à la tête d’une forte délégation composée de ministres et de 300 hommes d’affaires. Au programme, un tête-à-tête des deux chefs du gouvernement à la Primature, parallèlement à des rencontres bilatérales des ministres. Les deux délégations devront se retrouver au siège du ministère des Affaires étrangères pour participer à une grande réunion où deux accords devraient être signés. Par la suite, Benkirane et Erdogan se rendront au Forum d’affaires Maroc-Turquie, organisé par les deux associations Amal Entreprises et Musiad à Rabat et boycotté par la CGEM (voir page 3).
Sur le plan politique, la visite de Recep Tayyip Erdogan est interprétée comme un soutien au PJD. Abdelilah Benkirane attend ce moment avec impatience depuis sa nomination à la tête du gouvernement. Plusieurs hommes politiques avaient misé sur la proximité du PJD marocain et le PJD turc (AKP) pour recadrer la coopération économique. Benkirane devait user de cet atout entre ses mains pour relancer les échanges et surtout rééquilibrer la balance commerciale, actuellement en faveur d’Ankara. D’ailleurs, tout le monde a pris conscience que l’accord de libre-échange signé avec la Turquie n’arrangeait pas les affaires du Maroc. A aujourd’hui, rien de consistant n’a été entrepris pour l’amender. En tout cas, ce dossier doit être à l’ordre du jour de l’une de ses prochaines réunions du Conseil de coopération stratégique,  créé à la faveur de l’accord  signé hier entre les deux pays. La mission de ce conseil est de booster les échanges bilatéraux. D’ailleurs, les deux capitales ont pris conscience de la nécessité de sortir du schéma classique de coopération, basé sur la promotion des échanges commerciaux. Ils veulent aller plus loin, en mettant en place un nouveau partenariat. L’idée est que le Maroc joue un rôle prépondérant comme plateforme régionale pour faciliter à la Turquie la conquête de l’Afrique.
D’ailleurs, la convergence des vues s’étend à la question de l’intégrité territoriale. La position d’Ankara est favorable au Maroc, mais il ne faudra pas baisser la garde même si la Turquie a un problème kurde. L’idée est de sensibiliser le pouvoir en place et la société civile sur les avantages de l’offre d’autonomie proposée par le Maroc comme solution négociée au conflit au Sahara marocain. Ankara est devenue, en l’espace de quelques années, une force régionale. Les deux pays figurent en bonne place sur la liste des «amis de la Syrie» et soutiennent l’opposition à Bachar El Assad.
Reste que la visite d’Erdogan s’inscrit dans le cadre d’une tournée du Premier ministre turc au Maghreb. Il la commence par le Maroc avant de s’envoler vers Alger et Tunis. Cependant, elle intervient dans un contexte marqué par la fragilité du Premier ministre turc qui est confronté à un mouvement de contestation inédit depuis son arrivée à la tête du gouvernement. Le conflit a démarré par des protestations contre le projet de destruction d’un parc public à Istanbul avant de gagner d’autres villes. Au fil des jours, la mobilisation semble se transformer en un vaste mouvement contre la politique du chef du gouvernement. Sur la place Takcim à Istanbul, à Ankara et ailleurs, Erdogan est accusé de «dérive autoritaire, en monopolisant le pouvoir».
Autre grief, l’irruption de la religion dans l’espace public et son instrumentalisation pour gouverner.  Ce qui a poussé des observateurs à parler de «printemps turc» et oser prévoir à la Turquie le même sort que la Tunisie et l’Egypte. En tout cas, l’expérience turque, donnée en modèle, semble avoir les plombs dans les ailes. C’est dans cet état d’esprit que le Premier ministre turc a atterri hier à Rabat, avec deux heures de retard. Abdelilah Benkirane n’est pas non plus au mieux de sa forme. Déjà fragilisé par la décision de l’Istiqlal de quitter le gouvernement, il a essuyé un autre revers politique au Parlement vendredi dernier. Quatre formations de l’opposition ont boycotté sa prestation lors de la séance mensuelle des questions de politique publique. Mais ce qui complique la situation du chef du gouvernement, c’est la décision de la CGEM de ne pas participer au forum d’affaires Maroc-Turquie. C’est incontestablement un coup dur pour le gouvernement Benkirane.


Mohamed CHAOUI

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