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Politique

Benkirane mal à l’aise devant un hémicycle désert

Par L'Economiste | Edition N°:4044 Le 03/06/2013 | Partager
La séance mensuelle sans les quatre partis de l’opposition
Les griefs de l’opposition
L’impact des coupes budgétaires sur le monde rural passé au second plan

Abdelilah Benkirane mal à l’aise. Il est conscient que le boycott de l’opposition est un camouflet politique pour lui et sa majorité. Un coup dur qui s’ajoute à la décision de l’Istiqlal de quitter le gouvernement

Après un report et plusieurs réunions, la séance mensuelle de Abdelilah Benkirane devant la Chambre des représentants a finalement eu lieu vendredi dernier. Mais cette fois-ci, sans les quatre partis d’opposition qui ont convenu de ne pas participer à la prestation du chef du gouvernement. La décision des groupes parlementaires du RNI, du PAM, de l’USFP et de l’UC est venue en réaction à la manière de gérer cette séance mensuelle. Les griefs formulés auparavant et réitérés en séance plénière ont été suivis du retrait de l’hémicycle.
La majorité impose les thèmes à discuter, et la séance de politique publique, conformément à l’article 100 de la Constitution, s’est transformée en session de règlement de comptes avec les partis d’opposition. C’est Ahmed Zaidi, chef du groupe parlementaire de l’USFP, qui était chargé de porter la parole des quatre formations au chef du gouvernement.
Mais attention, l’opposition ne veut pas réduire cette affaire à la simple répartition du temps de parole. Depuis le lancement des séances mensuelles, «le désaccord était présent, mais elle a accepté de jouer le jeu pour faire avancer les choses», affirme un chef de groupe. L’opposition  se dit attachée au dialogue, à condition qu’il soit constructif. Or, «la manière de faire du chef du gouvernement est considérée comme une agression contre l’opposition,  perçue faible du fait du manque de temps pour s’exprimer», a souligné Ahmed Zaidi, avant de quitter l’hémicycle. 
Abdallah Boinou, chef du groupe parlementaire du PJD, a estimé que ce boycott était un chantage exercé par l’opposition, à un moment où la Chambre met les dernières touches pour sortir son nouveau règlement intérieur. Abdelilah Benkirane semblait mal à l’aise devant un hémicycle quasi désert. Il est conscient que ce boycott est un camouflet politique pour lui et pour sa majorité. Surtout après la décision de l’Istiqlal de quitter le gouvernement. D’ailleurs, la séance a été expéditive: moins d’une heure, et sans clashs habituels ni sorties de route. Si dans la première partie il s’est contenté de lire, avec une rapidité exemplaire, un texte préparé, dans la suivante il a cherché à improviser. Sur un ton paternaliste, il a rappelé, en parlant des coupes budgétaires, qu’il s’agissait de «dispositions tristes, mais dans l’intérêt du peuple». Pour lui, quel qu’en soit le prix, les réformes de la compensation, des retraites, de la fiscalité et de la justice seront faites. Benkirane  a comparé la gestion de l’Etat à «un chef de famille qui construit une maison: retarder la construction ne signifie pas la bloquer. Ce qui n’aura pas été fait cette année, le sera l’année suivante», a-t-il martelé devant un hémicycle acquis à sa cause.  Ou encore l’expression adressée «aux pauvres des villes et des campagnes: notre cœur est avec vous». Dans le domaine de la santé, le chef du gouvernement compte voir avec son ministre de tutelle comment faire pour que des médecins aillent au moins deux fois par semaine dans le monde rural.
Dans cette affaire, le président de la Chambre des représentants ne sortira pas indemne. C’est Karim Ghellab qui menait les discussions avec les présidents des groupes parlementaires et le chef du gouvernement pour rapprocher les points de vue. Visiblement, il n’est pas arrivé à une solution de compromis. Reste que dans cette opération, l’Istiqlal n’a pas cherché des noises à Abdelilah Benkirane. La crise entre les deux partis, née de la décision de sortir du gouvernement, n’a pas joué. Le parti de Hamid Chabat est resté dans les rangs, même si le député ayant intervenu en son nom a critiqué les coupes budgétaires de 15 milliards de DH. D’ailleurs le sujet choisi pour la séance mensuelle a porté sur l’impact de ces coupes sur le monde rural. Pour le chef du gouvernement, cet impact est limité puisque la décision de réduire le budget d’investissement ne concerne pas les collectivités locales et les établissements publics. Il reconnaît toutefois que le budget consacré à la santé dans les campagnes sera amputé de 10%, sur 648 millions de DH consacrés à ce chapitre en 2013. Le secteur de l’Equipement et du Transport verra son budget coupé de 7,6% sur 1,7 milliard de DH prévus. Reste qu’il faudra trouver un terrain d’entente pour que majorité et opposition puissent s’exprimer. C’est une règle basique de la démocratie.


Mohamed CHAOUI

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