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Urbanisme
Protéger le littoral, une matrice complexe

Par L'Economiste | Edition N°:4029 Le 13/05/2013 | Partager
Des pressions économiques et démographiques
Comment éviter la bétonisation de la côte
Un travail de conscientisation lent à déployer

«Avec sa mer d’huile, Cap de l’eau (cabo de Agua en espagnol) à 15 km de Saïdia fait rêver baigneurs et plongeurs. Sa falaise est restée protégée pendant des années jusqu’à ce que l’incurie de la gestion locale s’en mêle et la laisse se transformer en dépotoir»

Intégrer la composante littorale dans les politiques d’aménagement du territoire..facile à dire, compliqué à faire. Pour relancer le débat, c’est donc à cet exercice difficile que s’est attelé le Forum de la mer qui s’est tenu à El Jadida du 8 au 11 mai. La bétonisation de la côte est un fait comme l’indiquent les chiffres du ministère de l’Habitat et de l’Aménagement du territoire sur les taux d’urbanisation: 69% sur le littoral atlantique et 49% sur le littoral méditerranéen. Ce boom induit des problèmes sous-jacents comme ceux des rejets polluants: seulement 15% des eaux usées (donnée 2009), fait l’objet d’une épuration tandis que la majorité des stations d’épuration restent non opérationnelles. En 2020, le volume avoisinera les 900 millions de m3 dont la plus grande partie sera déversée dans la mer.

Horreurs en béton et bugs réglementaires

«Que disent ces chiffres? Ils disent d’abord qu’il y a de fortes pressions économiques et démographiques sur la côte. Ils disent ensuite qu’à côté des belles marinas, des villes nouvelles, il y a des horreurs en béton qu’on laisse construire en front de mer. Ils disent enfin qu’il y a aussi de gros bugs réglementaires et de coordination entre les départements» a indiqué Mohamed Benabid, rédacteur en chef de L’Economiste (qui a présidé cet atelier à titre gracieux). Ce n’est pas uniquement la partie continentale qui préoccupe.
L’approche littorale c’est aussi l’axe portuaire-transport maritime, lequel reste l’un des principaux déterminants des économies de la côte. Ce qui est certain, c’est que la matrice d’aménagement du littoral est complexe. «Parfois, il s’agit de concilier entre des objectifs qui peuvent paraitre contradictoires: à la fois maintenir l’intégrité fonctionnelle des ressources de la côte, réduire les conflits d’utilisation, préserver l’environnement et aussi faciliter la progression du développement multisectoriel» a indiqué Jean-Claude Tourret, Directeur de l’AViTeM (Agence des Villes et Territoires Méditerranéens Durables).
Il y a bien un projet de loi, c’est la loi 81-12,  sur la protection du littoral, proposée depuis... 2001. Elle préconise «l’intégration de la dimension environnementale (protection des biodiversités) dans les politiques sectorielles (industrielle, touristique,..)». Un vœu incantatoire pour l’heure, le texte a été discuté en Conseil de gouvernement en janvier 2013, puis reporté...
En réalité,  les seules mesures le sont souvent par le biais d’efforts d’autodiscipline. La CDG présente sur de nombreux projets immobiliers et touristiques est souvent interpellée sur ces préoccupations. Et pourtant c’est probablement l’un des rares groupes à avoir fait régulièrement preuve de réactivité. La fiche technique déployée au Forum de la mer par Mohamed Hafnaoui, chargé de mission à CDG Développement, et décrivant les différents dispositifs  du groupe: a d’ailleurs fait forte impression: Conservation et protection des zones humides, des dunes et des espèces végétales locales; préservation de la biodiversité, efficacité énergetique,  réutilisation des eaux usées traitées pour l’entretien des espaces verts. 
L’urbanisation  est certes l’un des principaux axes du développement économique et à ce titre le Maroc a le droit d’avoir des ambitions. Il y a cependant des pièges à éviter. «Il s’agit de ne pas reproduire les mêmes erreurs que nos voisins de la Méditerranée, notamment l’Espagne» a précisé Franck Valleguro, Professeur à l’Essec.

 

Imane Naji

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