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    Culture

    Goncourt: «L’étrange histoire...» de Laroui

    Par L'Economiste | Edition N°:4027 Le 09/05/2013 | Partager
    Distinction pour sa dernière oeuvre
    Parcours atypique d’un X

    Un troisième prix Goncourt vient gratifier la littérature marocaine de langue française. Le prix de la nouvelle a été décerné à «L’étrange affaire du pantalon Dassoukine» de Fouad Laroui

    Comme dit le dicton, «Jamais deux sans trois». Après Tahar Benjelloun pour son roman «La nuit sacrée» et Abdellatif Laâbi pour l’ensemble de son oeuvre poétique, c’est au tour de Fouad Laroui de remporter le saint Graal des distinctions littéraires francophones: le prix Goncourt.  Belle consécration pour cet ingénieur formé aux Ponts et Chaussées (X).
    Le prix de la nouvelle a été attribué à l’auteur et économiste marocain Fouad Laroui pour «L’étrange affaire du pantalon de Dassoukine», publiée aux éditions Julliard en 2012 dans un recueil éponyme.
    La nouvelle raconte l’histoire d’un fonctionnaire marocain envoyé à Bruxelles pour y acheter du blé au meilleur prix. Mais une fois installé, c’est le drame. Il se fait voler l’unique pantalon en sa possession: celui qu’il devait porter pour plaider la cause de ses mandataires devant les membres de la Commission européenne… Vue comme cela, l’histoire paraît banale, mais «cette nouvelle raconte une histoire plus ou moins inventée. A priori, elle a l’air complètement burlesque, mais à y voir de plus près, beaucoup de choses très sérieuses sont en jeu», explique Fouad Laroui. L’écrivain avait déjà manqué de peu le prix Goncourt en 2010 pour son roman «Une année chez les Français» publié chez Julliard, son éditeur habituel. Avec l’humour décapant qui caractérise ses œuvres, Fouad Laroui donne vie à des personnages loufoques et décalés confrontés à l’absurdité de la vie au quotidien. En perpétuelle remise en question, ces personnages illustrent l’une des conditions premières de l’homme: l’éclat de rire en réaction à la fatalité de la vie. «Le rire est le propre de l’homme», écrivait Rabelais. Du garçon désireux de se faire délivrer un passeport et qui s’aperçoit, contre toute attente, que le supposé village de sa naissance n’existe pas et que par conséquent il est inconnu au bataillon. A l’édile marocain qui, frustré par l’absence de piscine dans la ville qu’il habite, s’invente le concept de la «natation sèche» afin de se construire une raison de vivre.
    L’auteur dénonce la bêtise liée aux blocages, inégalités et frustrations qui accompagnent la vie d’un homme, toujours avec un humour versant dans le burlesque et la bouffonnerie. D’ailleurs, existe-t-il un moyen plus efficace de véhiculer des messages que par le rire? Ce n’est pas pour rien que l’écrivain rencontre un grand succès dans le monde. «La confrontation entre gens de culture, religion et pays différents m’amuse beaucoup. Ce qui m’intéresse, c’est de montrer à quel point ces gens-là se font des idées les uns sur les autres. On ne peut pas penser sans stéréotypes, mais il faut aller au-delà et se dire que si quelqu’un nous semble bizarre, il y a de fortes chances que ce soit réciproque», confie l’auteur. 


    Sanaa EDDAÏF

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