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    Analyse

    Boubrik au Club de L’Economiste
    Une nouvelle vie pour le secteur des assurances

    Par L'Economiste | Edition N°:4027 Le 09/05/2013 | Partager
    Le dispositif prudentiel réaménagé
    Des mesures pour la gouvernance aussi
    Un challenge: réveiller le marché des garanties non obligatoires

    Hassan Boubrik, patron de la Direction des assurances et de la prévoyance sociale: «Dans la branche automobile, il faut surveiller la sinistralité et faire attention à la tarification des garanties annexes»

    La Commission administration organisation (CAO), qui se tiendra ce jeudi 9 mai, va marquer un tournant important pour le secteur des assurances. Les opérateurs s’apprêtent à retoucher plusieurs dispositions du code des assurances dont certaines sont stratégiques.  Invité au Club de L’Economiste du vendredi 3 mai, Hassan Boubrik, patron de la Direction des assurances et de la prévoyance sociale (DAPS) au ministère des Finances, a expliqué les changements qui seront introduits et qui permettront au secteur de poursuivre sa consolidation. Un secteur qui a bouclé 2012 avec un chiffre d’affaires de 26 milliards de dirhams, un taux de croissance de 9% et qui est appelé à se développer davantage. Le challenge étant d’améliorer le taux de pénétration de l’assurance aujourd’hui à 2,9% du PIB, ce qui classe le Maroc deuxième dans le monde arabe en 2011 et 49e au niveau mondial. Le secteur pourrait développer les garanties non obligatoires via une politique agressive de distribution par exemple. «Les relais de croissance sont dans ce troisième tiers (les garanties non obligatoires)», soutient le patron de la Daps.  Comme annoncé dans notre édition du lundi 6 mai, la barre sera relevée un peu plus haut en matière d’exigence de solvabilité convergeant ainsi vers les normes internationales, en particulier Solvency II. Tous les risques que les compagnies d’assurances encourent devraient être pris en considération dans le calcul de la marge de solvabilité. L’enjeu étant de préserver les équilibres financiers et de faire face aux engagements pris vis-à-vis des assurés. Les modifications sont également liées à la gouvernance et s’alignent sur ce qui est en vigueur dans les banques. L’Administration devra approuver les commissaires aux comptes désignés. Elle peut aussi s’opposer à la nomination des dirigeants des compagnies d’assurances si elle juge qu’ils ne peuvent diriger ces établissements. Le renforcement des sanctions et l’assouplissement de certaines dispositions réglementaires sont également prévus. Certaines vont pallier les contraintes constatées sur le terrain comme c’est le cas pour l’article 162 du code des assurances qui interdit aux résidents de contracter des couvertures à l’étranger. Une disposition que des entreprises n’hésitent pas à transgresser pour ne pas perdre les marchés remportés à l’international. L’amendement proposé n’est autre qu’un élargissement de la liste des risques pour lesquels l’Administration peut accorder une dérogation pour pouvoir les couvrir à l’étranger. L’avis du Conseil consultatif des assurance sera requis dans certains cas. Le système d’homologation des contrats sera également assoupli puisque les compagnies d’assurances pourraient ne pas les soumettre à la tutelle. Une mesure censée pousser le secteur à mieux s’organiser en interne car l’Administration conservera toujours la possibilité d’exercer sa «tutelle» sur les entreprises dont les contrats ne seraient pas conformes. Ce secteur, qui a signé en 2011 un contrat-programme avec le gouvernement, reste sous équipé en assurance en raison du peu de branches obligatoires. Sa croissance reste notamment tributaire de la généralisation de nouvelles garanties. Un premier pas sera donc franchi avec la RC décennale et la Tous risques chantiers qui deviendront obligatoires. Les textes ont fait l’objet de concertations avec les départements concernés et seront présentés à la CAO avant d’intégrer le circuit législatif.  Le marché des assurances reste dominé par la branche «vie et capitalisation» et la branche «automobile» qui totalisent 65% du chiffre d’affaires. A elle seule, l’automobile représente près du tiers du marché. Mais le constat dressé n’est autre qu’une augmentation de la sinistralité liée aux dommages matériels. Celle-ci est surtout attribuée au développement des garanties annexes, des produits d’appel distribués parfois à des tarifs jugés non adéquats. «Il faut surveiller la sinistralité de près et faire attention à la tarification des garanties annexes. Nous devons faire jouer la concurrence tout en étant certains que les différentes branches se développent en étant rentables», soutient Boubrik. Car, si le tarif automobile est libre depuis 2006, les compagnies d’assurances se sont surtout «affrontées» sur le terrain du service au client et des garanties annexes. Ce qui a permis de ne pas compromettre l’équilibre de cette branche. «Il n’y a pas d’urgence, mais dès maintenant, il faut mettre un certains nombre d’indicateurs dans le radar et les surveiller», poursuit le directeur de la Daps.

    TPV: La hausse tarifaire quasi inévitable

    Sur le TPV, une hausse tarifaire est nécessaire en particulier sur certaines branches telles que le transport grandes lignes. Le TPV compte deux acteurs: la CAT dont la situation financière s’est redressée et la Matu qui aura droit à un plan de redressement. Ce dernier attend le feu vert du ministère des Finances. Pour le patron de la Daps, la Matu devrait éviter une sous-tarification importante par branche. Elle sera  en outre amenée à augmenter ses tarifs conformément au plan de redressement négocié avec la tutelle. Celle-ci estime d’ailleurs qu’un travail important devrait être mené au niveau de la sinistralité. «Il faut travailler sur la tarification et la sinistralité et faire en sorte que cette dernière baisse. Les chauffeurs doivent être formés et les comportements doivent changer», soutient Boubrik.

    Khadija MASMOUDI

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