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    Régions

    Souss/Stress hydrique
    La manne des matfias et khettaras

    Par L'Economiste | Edition N°:4026 Le 08/05/2013 | Partager
    12. 000m3 de capacité pour la matfia de Biougra
    Des mesures d’hygiène strictes doivent être mises en place aussi pour les deux systèmes
    Les fosses sceptiques et latrines interdites à proximité

    Dans la zone de l’Agence du Bassin Hydraulique Souss Massa et Draâ, il y a une large prolifération des Matfias et Khettaras notamment dans les localités situées dans l’anti-Atlas où la ressource est généralement rare. Ci contre le schéma de fonctionnement d’une khettara dont les mesures d’hygiène devraient être aussi strictement appliquées que pour les matfias

    Les bassins du Souss Massa et Draâ ne sont pas à l’abri du stress hydrique vu la rareté des ressources en eau. Cela pousse les populations rurales à collecter l’eau via les Matfias et Khettaras. Cette alternative constitue une solution adéquate pour répondre aux besoins de ces populations aussi bien en eau potable et d’abreuvement du cheptel que d’irrigation. La technique des matfias a été développée durant les dernières décennies, et a progressivement été étendue pour intéresser des activités de plus en plus grandes, nécessitant la mobilisation de volumes importants. C’est le cas notamment de la matfia de Biougra dont la capacité est de 12.000 m3 environ. Les capacités des matfias réalisées par les pouvoirs publics ont des volumes standards de 100, 150 et 300 m3. Outre un chenal d’amenée des eaux, un décanteur pourvu de grille et un réservoir, le dispositif comprend un puits de puisage, un abreuvoir pour le cheptel, des regards de visite avec couvercles verrouillés et un évent.
    Dans le but d’améliorer le service assuré par les matfias, des mesures de conception de la citerne et des mesures organisationnelles, institutionnelles, financières et sanitaires se révèlent nécessaires, précise un document de l’Agence du Bassin Hydraulique Souss Massa et Draâ.
    Tout d’abord, la surface de collecte des eaux doit être dépourvue de toute source de contamination fécale ou autre. Elle doit être surveillée et aucune installation de fosses ou de latrines, dépôt d’ordures ou de fumier, ne doit être autorisée à proximité. Que ce soit des terrasses, impluviums pour usage individuel ou terrain naturel dans le cas d’une matfia collective, il est impératif d’éviter de collecter les premières pluies. En effet, en lavant la surface de captage, celles-ci entraînent les risques de pollutions les plus graves. La protection de la zone de captage par une clôture, reste envisageable dans le cas des matfias collectives.
    La conception des matfias respecte la forme rectangulaire et la construction en béton armé. Un revêtement des parois internes par un mortier en ciment bien dosé ou par une peinture bitumineuse pour des raisons d’étanchéité est nécessaire. Le dispositif à mettre en place doit comprendre un traitement initial par une grille qui arrête les éléments grossiers et un prétraitement par un décanteur/dessaleur qui élimine la plus grande partie des matières en suspension décantables. S’ajoute à cela, un réservoir de stockage muni d’un filtre, sur le côté, formé de gros graviers reposant sur un filtre en sable surmontant des graviers permet de filtrer l’eau avant son arrivée au puits de puisage. Et enfin, un abreuvoir pour le cheptel doit être prévu.
    Il est possible de placer le filtre en amont du réservoir après la décantation primaire. L’avantage de cette solution résulte dans la facilité de l’entretien et de remplacement du filtre une fois colmaté. Néanmoins, le filtre risque d’entraver le remplissage du réservoir de stockage s’il est colmaté entièrement.
    Par ailleurs, les ouvertures de puisage et de visite doivent être munies de couvercles verrouillés et surélevés par rapport au niveau du sol. Les ouvertures d’aération et de trop-plein doivent être pourvues de grille. Pour éviter que l’eau retourne dans les gouttières et chenaux, il faut entretenir les drains en bon état, et leur donner une pente de 45° en direction de la citerne, précise le document. En ce qui concerne le puisage de l’eau, plutôt qu’un seau suspendu à un cordage, il est conseillé d’installer une pompe manuelle. D’un côté, elle est commode et de l’autre, elle limite la prolifération des souillures et maladies hydriques, un risque qu’encoure particulièrement la matfia collective. C’est pourquoi, il est important de prévenir les usagers sur les risques engendrés par une eau provenant d’une matfia et de les sensibiliser sur les mesures préventives à prendre. La gestion et l’entretien étant nécessaires pour un approvisionnement sain des populations habitant des zones dépourvues d’eau souterraine. Pour rappel, dans la zone d’action de l’ABH SMED, il y a une large prolifération des Matfias et Khettaras notamment dans les localités situées dans l’anti-Atlas où la ressource est généralement rare. Néanmoins, la gestion et l’entretien demeurent des tâches importantes dans la conservation de la matfia. L’ABH SMED déplore que la totalité des matfias existantes ne fasse l’objet d’aucun entretien.

     

    De notre correspondante, Fatiha NAKHLI

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