Entreprises

L’art, une autre manière d’investir

Par L'Economiste | Edition N°:4026 Le 08/05/2013 | Partager
De plus en plus d’adeptes misent sur ce créneau
Les ventes aux enchères se multiplient et les prix explosent
Un Cherkaoui mis en vente à 1,8 million de DH ce samedi

Le «Talisman rouge» de Ahmed Cherkaoui est proposé à la vente ce samedi au prix de 1,8 million de DH. Une autre version de ce tableau du même auteur avait trouvé preneur en mai 2011 à 2,3 millions de DH!


Après la Bourse ou l’immobilier, les oeuvres d’art commencent à attirer de plus en plus les investisseurs. Tableaux, sculptures, tapisseries, antiquités… deviennent les nouvelles valeurs refuges de collectionneurs de plus en plus nombreux. «Depuis une décennie, le marché de l’art attire les connaisseurs qui sont prêts à miser de grosses fortunes dans les œuvres d’art», indique un expert. Dans le sillage, les ventes aux enchères se multiplient. La dernière en date est celle qui sera organisée ce samedi 11 mai par la Compagnie marocaine des œuvres et objets d’art (CMOOA) qui met aux enchères 80 tableaux d’exception représentatifs de l’histoire de la création artistique marocaine. La vente concerne de prestigieuses collections dont des œuvres marocaines contemporaines et de grands chefs-d’œuvre de l’orientalisme du XIXe et XXe siècles. Les œuvres maîtresses de cette vente sont «Femmes dans un intérieur oriental» de Frederick Arthur Bridgman, un tableau proposé à la vente à partir de 1,5 million de DH. Ainsi que «Talisman rouge» de Ahmed Cherkaoui dont le prix de mise en vente est de 1,8 million de DH. Une autre version de ce tableau signée du même auteur avait  été cédée lors d’enchères dans la même galerie, en mai 2011, à 2,3 millions de DH! Un prix qui est encore loin des 120 millions de dollars dépensés à New York par un collectionneur pour acquérir le fameux «Cri» d’Edvard Munch, ou encore des 191 millions de dollars pour «Les joueurs de cartes» de Paul Cézanne que s’est offert la famille royale du Qatar. En effet, le marché de l’art qui, au niveau mondial, pèse plus de 56 milliards de dollars, a encore une grande marge de progression au Maroc. Ce n’est qu’à partir du début des années 2000 qu’il connaît un premier démarrage avec l’émergence de nouvelles galeries et de lieux de culture. Tel est le cas de la CMOOA lancée en 2002. Etant un acteur majeur dans ce marché, la galerie fera l’objet d’un ouvrage sur son activité qui paraîtra début 2014. Celui-ci reviendra sur les plus importantes collections vendues et constituées. La Compagnie organise au moins six ventes aux enchères par an. Parmi ses meilleures ventes, «La sieste» de Jacques Majorelle vendu à  3,4 millions de DH et «Le sultan du Maroc et son escorte» d’Henri Rousseau cédé à 4,4 millions de DH. Il s’agit là des prix de l’adjudication, appelés également «prix marteau». Les acquéreurs, en plus du prix du tableau, remettent des honoraires à la galerie. Ainsi, la CMOOA touche des honoraires sur chaque vente: 20,4% lorsque le prix de l’œuvre ne dépasse pas 1,5 million de DH, 19,2% pour les prix allant de 1,5 à 3 millions de DH et enfin 18% pour les œuvres vendues au-delà de 3 millions de DH. Par ailleurs, tous ceux qui souhaitent vendre des œuvres d’art lors d’une vente aux enchères à la CMOOA doivent également s’acquitter de frais de commission. Les particuliers souhaitant mettre aux enchères une œuvre à moins de 1 million de dirhams se doivent de payer une taxe de 16,8%, une taxe qui baisse à 14,4% quand le prix du tableau est supérieur à 1 million de DH. Les professionnels, quant à eux, ont droit à des taux préférentiels. Les taxes dont ils doivent s’acquitter s’élevant à 13,2% pour les œuvres à moins de 1 million de dirhams et 11,4% pour celles proposées à plus.


Sanaa EDDAÏF

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc