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    Economie

    Les ventes de médicaments plongent

    Par L'Economiste | Edition N°:4025 Le 07/05/2013 | Partager
    Entre janvier et mars, les volumes ont baissé de 26%
    Quant au chiffre d’affaires, il a reculé de 20%
    En cause, l’effet Ramed et la prochaine baisse des prix

    Selon l’IMS, entre janvier et mars 2013, le chiffre d’affaires du secteur a reculé de 20%. Soit un repli de 118 millions de dirhams

    Grosse déprime dans l’industrie pharmaceutique. Selon les chiffres que vient de publier l’IMS Health (Organisme qui a le monopole des statistiques du marché privé de l’industrie pharmaceutique dans le monde), les ventes de médicaments ont enregistré une baisse de 20% entre janvier et février, de 5% entre février et mars. Soit un repli de 7 millions d’unités. Quant au chiffre d’affaires, il a dévissé de 20%, soit une «perte» de 171 millions de dirhams. «Nous avons tenu plusieurs réunions entre confrères et nous avons constaté que tout le monde parle d’un trimestre catastrophique. Au cours du mois d’avril, la situation a empiré», explique un membre de la Fédération Nationale des Syndicats des Pharmaciens du Maroc (FNSPM), qui a lui-même vu son chiffre d’affaires plonger de 22%.
    Au cours des mois de janvier et février, une forte grippe a sévi, poussant les patients à acheter des antiviraux et autres antibiotiques. Mais cela n’a pas pour autant fait exploser les ventes de médicaments au cours du trimestre. Petit bémol tout de même d’un industriel : «si nous comparons le premier trimestre de 2013 avec celui de 2012, nous constatons une baisse de 2,78% en volume et une hausse de 1,79% du chiffre d’affaires». A ce rythme, l’industrie ne devrait pas atteindre le même niveau que 2012, qui avait enregistré un chiffre d’affaires de 8,7 milliards de dirhams via le réseau de pharmacies. A cela, s’ajoute près de 1,6 milliard de dirhams pour les médicaments vendus sur appels d’offres pour le compte du ministère de la Santé. En intégrant achats de la Cnops et des FAR, l’industrie a pesé pour 11,5 milliards de dirhams en 2012. Au cours du premier trimestre 2012, le marché a été morose aussi bien pour le segment des princeps que celui des génériques. Le premier a perdu 118 millions de dirhams (-20%), tandis que le second a reculé de 53 millions de dirhams (-20%). Selon les industriels, cette conjoncture s’explique par plusieurs raisons. Il y a d’abord l’effet Ramed. Depuis la généralisation de la couverture médicale, les 5,2 millions de «ramedistes» récupèrent leurs médicaments dans les hôpitaux. Ce sont donc autant de clients en moins pour les pharmaciens d’officine. Les hôpitaux, qui prennent en charge, les titulaires d’une carte Ramed, s’approvisionnent en médicaments via des appels d’offres. Or, la concurrence oblige les soumissionnaires à réduire leurs prix. L’exemple le plus significatif reste l’insuline, vendue aux hôpitaux à 19,90 dirhams et à 80 dirhams dans les officines. Ce qui se répercute négativement sur les marges des industriels. Ainsi, le montant des achats de médicaments par le ministère de la Santé ont été fixés cette année à 2 milliards de dirhams. La marge bénéficiaire sera donc lourdement rabotée.
    Si l’on compare le premier trimestre 2013 avec le quatrième trimestre 2012, il y a une hausse de 8,72% en volumes. Sauf que là, la progression n’est pas significative car le quatrième trimestre de ces dernières années coïncide avec les fêtes religieuses et la rentrée scolaire. Du coup, «les consommateurs sont obligés de faire des arbitrages au détriment de leur santé», explique un industriel. Le secteur enregistre habituellement une reprise l’été notamment avec les récoltes.
    Mais le calendrier n’explique pas tout. Les industriels n’hésitent pas à parler ouvertement d’une crise, qui pousse les consommateurs de manière générale, y compris ceux qui bénéficient d’une couverture médicale, à surseoir à leurs dépenses de santé.
    Dans la région du Maghreb, le Maroc reste le plus sous-médicalisé. Le marché algérien, par exemple, est trois fois supérieur à celui du Royaume, qui est à peine égal à celui de la Tunisie, avec l’équivalent du tiers des habitants. En moyenne, le consommateur dépense 400 dirhams en médicaments chaque année. Une situation qui s’explique par l’absence d’une couverture médicale généralisée. Si l’on excepte les bénéficiaires des assurances privées, de l’AMO et du Ramed, plus de 45% de la population est exclue de la couverture médicale. Les habitudes de consommation sont également à l’origine des méventes de médicaments. De nombreux usagers préférant se soigner par les plantes. Un phénomène rapporté par plusieurs pharmaciens.

    L’Etat gèle les AMM

    Depuis le début de l’année, l’industrie pharmaceutique vit une situation d’attentisme à plusieurs niveaux. D’un côté, le ministère de la Santé gèle les autorisations de mise sur le marché (AMM) en attendant la baisse des prix des médicaments. De l’autre, les pharmaciens d’officines, qui passent actuellement par une zone de turbulence, sont obligés de retarder leurs approvisionnements en médicaments. Et pour cause, en cas de baisse des prix, ils seront obligés de vendre à perte car ils n’auront pas la possibilité de retourner leurs stocks aux grossistes.

    Hassan EL ARIF

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