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Politique

Chabat met la majorité sous pression

Par L'Economiste | Edition N°:4024 Le 06/05/2013 | Partager
Ses sorties du 1er Mai ont sonné ses alliés
Grave accusation contre un ministre du PPS
Sans remaniement ministériel, le gouvernement devra dégager

Fini la lune de miel entre Hamid Chabat et le chef de gouvernement. A cause de cette joute oratoire qui fragilise la majorité, la confrontation prend de nouvelles dimensions. En ciblant les ministres du PPS, le parti de la coalition le plus proche du PJD, le patron de l’Istiqlal s’attaque en fait à Abdelilah Benkirane

La majorité en péril? La question est légitime surtout après la réunion de la majorité jeudi dernier, marquée par une ambiance détestable. Ce n’est pas l’ordre du jour qui a été à l’origine d’une tension exacerbée. Certes, le menu de la réunion comprenait le Sahara et la situation économique et sociale. Mais aucun de ces points n’a été abordé. D’ailleurs, les patrons de la majorité se sont séparés sans se donner rendez-vous pour une prochaine réunion. Cela montre l’ampleur de la dégradation des relations au sein de cette coalition.
En fait, ce sont les propos tenus par Hamid Chabat lors du défilé du 1er Mai sur les deux ministres du PPS qui ont retenu l’attention. Le patron de l’UGTM a insulté, sans les nommer, deux ministres. Mais, selon les observateurs, le secrétaire général de l’Istiqlal visait Abdelouahad Souheil. Chabat a accusé le ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle de «venir au Parlement saoul». Son collègue, en charge de la Santé, El Haussaine Louardi, n’a pas non plus été épargné. «C’est un menteur et un hypocrite», pour reprendre les termes de Chabat. Cela a provoqué un tollé et suscité des commentaires défavorables au patron de l’Istiqlal, qui a fait preuve d’un dérapage gratuit.
Evidemment, Nabil Benabdallah ne pouvait pas ne pas défendre ses camarades. «Il est impossible de ne pas parler de ces propos inadmissibles  lors de la réunion de la majorité», a  affirmé Nabil Benabdallah. D’ailleurs, il était renforcé par une réunion du bureau politique de son parti qui a condamné «cette dégradation dans les mœurs politiques, avec des pratiques basses et des manœuvres viles. On a atteint les tréfonds dans la calomnie politique», souligne un membre du bureau politique du PPS. En tout cas, le recours à ce genre d’attaques personnelles peut mener à des mésaventures. Sans dramatiser outre mesure, cela présente le risque de pousser à l’extrémisme et ouvrir la voie à la violence politique.
Cet épisode rappelle un précédent, avec un député du RNI de Taounate qui avait assisté à une séance plénière de la Chambre des représentants, après avoir bu quelques bières au déjeuner. Il a été pris à partie par «les sirènes du populisme». Le président du RNI Salaheddine Mezouar l’a expulsé du parti.  Cela s’est passé quelques mois avant les élections de novembre 2011 et le RNI a perdu un siège.
Mais dans l’affaire du ministre du PPS, même Abdelilah Benkirane l’aurait soutenu, en faisant valoir la primauté de la vie privée. Reste que cet épisode fragilise la majorité. La confrontation entre Hamid Chabat et le chef du gouvernement a pris de nouvelles dimensions. En ciblant les ministres du PPS, le parti de la coalition le plus proche du PJD, le patron de l’Istiqlal s’attaque en fait à Abdelilah Benkirane. L’alliance des deux partis lors des dernières élections partielles est encore dans les mémoires.
Pressé de toutes parts, Hamid Chabat a fini par faire amende honorable. Auparavant, le patron de l’Istiqlal a été invité à assumer ses responsabilités et présenter, avec l’opposition, une motion de censure pour faire tomber ce gouvernement. «Ils ont la majorité», soutient un responsable politique qui a assisté à la réunion du jeudi. Un pas que l’Istiqlal ne veut pas franchir. Il ne quittera pas le gouvernement. Il veut y rester pour contrôler ses actions, souligne un membre du comité exécutif.
Sur le plan politique, Hamid Chabat joue une autre partition. Le secrétaire général de l’Istiqlal a saisi l’opportunité  du 1er Mai pour montrer ses biceps. Il a mobilisé ses troupes venues de l’ensemble du territoire. Dans son discours, il a soufflé sur les braises et adressé des messages à Abdelilah Benkirane comme «s’il n’y a pas de remaniement ministériel, le gouvernement devra dégager» ou encore «la moitié du gouvernement est composée de crocodiles et démons, l’autre moitié de ministres sous la tutelle du chef du gouvernement». Et à ce titre, il est le seul responsable de tout manquement à la réalisation du programme gouvernemental, dit-il. Sur le parasitage du travail du gouvernement dont ne cesse de parler Abdelilah Benkirane, Hamid Chabat a cherché à le défier en lui demandant de citer «un seul projet ou initiative en faveur des citoyens et que l’Istiqlal a contrecarré».


Mohamed CHAOUI

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