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Evénement

Enquête L’Economiste-Sunergia: Qui réussit le mieux?

Par L'Economiste | Edition N°:3999 Le 29/03/2013 | Partager
Nettement et sans bavure: Louardi, Rabbah et Ramid
La santé et la justice étaient prioritaires pour les gens: le gouvernement «fait le job»
Emplois: le compte n’y est pas, ni pour le résultat ni pour le ministre

Le Dr El Haussaine Louardi, le numéro un des ministres, est le seul non-PJD à se placer dans le quarté gagnant du gouvernement. Il a amélioré son score de 2012, quand le gouvernement venait d’être formé. Mais jusqu’à présent personne n’a battu le record de Yasmina Baddou à ce poste
 

Honnêtement, le ministre qui a le mieux réussi au bout de 14 mois de gouvernement, c’est un certain «M. Je-ne-sais-pas», suivi de son collègue  Louardi, puis de M. Rabbah et de Mustapha Ramid.
Notons que «M. Personne!» arrive en cinquième position. Avec «M. Je-ne-sais-pas», ils cumulent la moitié de l’échantillon, ce qui est beaucoup pour eux deux.
Il ne faudrait quand même pas en déduire que l’opinion publique exprime ici un désaveu, puisque, dans une question précédente, elle a dit, à hauteur de 64% de suffrages exprimés, sa satisfaction.
L’année dernière, la même enquête avait sorti moins d’indécis que cette année. Et ce alors que la cote d’amour de Benkirane était nettement supérieure à celle que lui avait donnée les urnes, aux élections législatives, deux mois auparavant.
Que veulent dire ces chiffres un peu contradictoires? Nos enquêtes ne permettent pas de le savoir précisément.
Peut-être est-on devant un retour au désintérêt pour la politique en général? Ou bien pour la politique de ce gouvernement? Nul ne peut le dire.
Le Dr El Haussaine Louardi, PPS et ministre de la Santé publique, est donc la vedette gouvernementale, en dehors de Benkirane, bien sûr. 
Au moment de l’enquête il venait de présenter son programme Urgences, avec des hélicoptères. Est-ce cela qui l’a propulsé en haut du tableau? Peut-être. L’expérience des enquêtes dit qu’il ne faut ni surévaluer, ni négliger les effets d’actualité: un adage de statisticiens qui ne nous aide pas beaucoup! En tout cas, les jaloux feront mine de croire que c’est une affaire d’hélico.
L’année dernière Louardi se plaçait déjà bien. Il était 4e avec 18% des voix. Pour l’instant, à ce poste, personne n’a encore battu Yasmina Baddou qui avait récolté 41% des suffrages en 2011.
Qui apprécie le plus le travail du ministre de la Santé? Les riches, assez nettement au-dessus de la moyenne, les jeunes adultes et un peu plus les femmes que les hommes.
Comment les autres ministres de l’ex-parti communiste vont-ils prendre  la domination de leur collègue de la Santé? Surtout quand le chef de la formation, Nabil Benabdallah (au Logement) plafonne à 4% d’opinions favorables sur son travail. Il avait fait mieux dans des gouvernements précédents, comme ministre de l’Information.
Et que dire de Mohamed Amine Sbihi, qui est à 1% ? Le buzz qui monte sur l’énorme faute de grammaire dans le stand du Maroc à la foire du Livre de Paris, juste sous les armoiries de son ministère, ne va par arranger ses affaires.
Par contre, l’opinion publique est dure à l’endroit de Souhail, ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, en lui attribuant un faible 1% de satisfaction. C’est lui qui a intelligemment négocié des emplois ministériels pour son parti, bien supérieurs aux résultats des élections.
Plus sérieusement, l’emploi était dans l’enquête de 2012,  la première des préoccupations de l’opinion publique. Elle avait mis cet objectif tout en haut de l’agenda de Benkirane.
Aujourd’hui c’est l’un des deux sujets où l’insatisfaction dépasse la satisfaction: 45% contre 43% (12% d’indécis). Sur l’emploi, les gens ne sont pas contents, ni du ministre ni de son travail.
L’autre motif de mécontentement, personne ne sera surpris, c’est l’éducation : 48% de mécontents contre 44% de contents. Les deux ministres, eux, sont plus durement sanctionnés. Louafa pointe à 6% et Daoudi à 5%.
Dans la gamme des résultats du PJD, Lahcen Daoudi n’a pas à rougir. Le parti domine, c’est exact, mais il n’en va pas forcément de même pour ses hommes… et sa femme. Pour mémoire, elle obtient 2%, mais aucun de ses domaines d’activité ne fait partie des priorités, ni pour l’opinion publique, ni pour le gouvernement.
Qui a dit que la démocratisation apportait automatiquement une meilleure prise en compte des problèmes sociaux et des questions de la femme?

MP et Istiqlal au casse-pipe

LE Mouvement Populaire et l’Istiqlal sont clairement au casse-pipes dans ce gouvernement. Ils n’existent pas.
Le vieux parti nationaliste, qui est arrivé deuxième aux élections, qui était présent lors de l’enquête de 2012, est effacé.
Le mieux classé d’entre eux, Louafa, doit se contenter d’un petit 6% d’opinions favorables. Un niveau qui va rendre jaloux bien de ses coéquipiers istiqlaliens, ceux qui n’arrivent même pas à rassembler assez de voix pour franchir le seuil de la signification statistique. Nizar Baraka (Finances) est à 5%, Fouad Douiri (Energie, Eau et Mines) est à 1%, Youssef Amrani (délégué aux Affaires étrangères) est à 0.  Il n’y a que Loudiyi qui fait pire: une seule personne sur 1.037 a pensé à lui. Petite précision nécessaire tant ils sont incolores: Abdellatif Loudiyi, qui s’occupe de la Défense,  avec le patron des Habous, Ahmed Taoufik, sont les deux seuls ministres de souveraineté qui restent.
Méchamment, le RNI dit partout que le PJD a réussi à marginaliser l’Istiqlal «en deux temps trois mouvements». Les amis de Mezouar ont raison. Les chiffres le confirment très clairement.  Proportionnellement, le parti de Chabat ne fait même pas dans cette enquête les résultats qu’il avait eus dans les urnes.
Peut-on conclure à la même marginalisation du Mouvement Populaire? Certes, les scores y invitent. Le  meilleur, Laenser, ne réunit que 3% de gens estimant qu’il a bien réussi. Objectivement c’est injuste pour un département qui gère sans casse les risques terroristes, par exemple. Mais c’est la loi des enquêtes. Devant l’opinion publique, les ministres MP s’en tirent tous plus mal les uns que les autres.
Peut-être faut-il considérer que le registre du MP fonctionne depuis toujours sur un mode différent, où il n’aurait pas besoin de rechercher la satisfaction de l’opinion publique? Voilà un bon sujet de thèse pour des étudiants de Sciences Po.

Fiche technique

POUR avoir très exactement 1.037 questionnaires complets et significatifs (statistiquement), les enquêteurs de Sunergia ont passé 6.396 appels téléphoniques.
L’échantillon est représentatif de la population marocaine: 13% des enquêtés appartiennent aux catégories socioprofessionnelles A-B; 57% de C et 30% de E-D.
L’enquête s’est déroulée sur les 8 régions les plus peuplées du Maroc au cours de la première décade du mois de mars 2013: 27% dans la région de Casablanca; 23% Marrakech-Agadir-Tadla-Azilal; 17% Rabat-Salé-Gharb; 13% Oriental-Taza-Al Hoceima; 12% Fès-Meknès et enfin 7% Tanger-Tétouan.
Il y a 46% de femmes et 54% d’hommes; 63% habitent à la campagne et 37% en ville.
Sunergia indique que la durée moyenne des entretiens a été de 5 mn et 20s, ce qui indique une assez forte proportion des enquêtés à commenter leurs réponses avec l’enquêteur.
Par tranche d’âge, l’échantillon de Sunergia est réparti comme suit: 28% de 18-24 ans; 24% de 25-34 ans; 21% de 36-44 ans; 14% de 45-54 ans, 8% de 54-65 ans et 6% de 65 ans et plus.

 

N. S.

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