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Economie

ALE: Toujours loin, le marché US

Par L'Economiste | Edition N°:3997 Le 27/03/2013 | Partager
Appel à créer des consortium pour répondre aux besoins du marché américain
Nécessité de nouveaux réseaux de jeunes entrepreneurs pour développer les échanges
Les besoins des consommateurs américains méconnus

Plus de 6 ans après son entrée en vigueur, l’Accord de libre échange entre le Maroc et les Etats Unis continue de susciter le débat. En effet, les intervenants à la conférence organisée par l’International Institute of higher education in Morocco (IIHEM), hier à Rabat, ambitionnaient de proposer de nouvelles pistes pour consolider l’implémentation de cet accord. Globalement, ils étaient unanimes pour affirmer que l’accord de libre échange avec les Etats Unis offre une série d’opportunités. Néanmoins, il est important de mettre à niveau le tissu productif pour faire face à la grande concurrence sur le marché américain.
Les étudiants de cet Institut, qui ont présenté un exposé sur les différentes étapes de conclusion et de mise en œuvre de cet accord, semblent bien cerner les difficultés que rencontre le Maroc pour percer sur le marché américain. Certains n’ont pas hésité à dire qu’il s’agit d’un «cadre injuste, à cause de la grande différence en termes de taille du marché et des capacités des deux pays».  En effet, plusieurs intervenants ont évoqué la question du déséquilibre qui caractérise la relation entre les deux partenaires. Or, pour Souad Bennani Kheireddine, chef du service Europe et Etats Unis au ministère du Commerce extérieur, «il s’agit d’un accord juste, dans la mesure où l’équipe des négociateurs avait pris en considération tous les intérêts du Maroc». Néanmoins, Rabat peine encore à profiter pleinement des clauses de cet accord à cause d’une série de difficultés.
Tous les intervenants ont reconnu que les entreprises marocaines, notamment les PME, ont du mal à pénétrer le marché américain, caractérisé par sa grande taille. Sur ce point, Abdelaziz Lazrak, patron d’une unité industrielle, a insisté sur la dimension culturelle de cette relation. Pour lui, «il faut prendre en considération que les Américains privilégient tout ce qui est grand, tandis que les Marocains ont peur de tout ce qui est immense». A cela s’ajoute «le problème de la langue qui constitue également un handicap qui freine la lancée des opérateurs nationaux», a ajouté Kheireddine. La responsable, qui faisait partie de l’équipe de négociateurs marocains, a également déploré le manque de lignes maritimes directes entre le Maroc et les Etats Unis. Ce qui pose, selon elle, un véritable problème à certains exportateurs, notamment pour les produits frais. Cependant, au-delà de toutes ces contraintes, «l’accord de libre échange avec les Etats Unis constitue un véritable privilège pour le Maroc», a estimé Yassine Belemlih, directeur général de Plastima, société spécialisée dans la production des produits en plastique. Avec les autres intervenants, il a insisté sur les grandes opportunités qu’offre le libre échange avec les Etats Unis. Surtout dans un contexte de crise marqué par le recul de la demande extérieure, particulièrement en provenance de l’Union européenne, principal partenaire commercial du Maroc. Et c’est là tout l’intérêt de cet accord avec le géant américain qui accapare 52% de la consommation mondiale, comme l’ont rappelé d’autres intervenants. Face à la complexité de pénétrer ce grand marché américain, ils ont appelé à «développer de nouveaux réseaux en misant sur des jeunes entrepreneurs, maîtrisant la langue anglaise». Mieux, la responsable du département du Commerce extérieur a appelé les opérateurs nationaux à se constituer en consortiums afin de pouvoir faire face aux besoins du marché américain. D’ailleurs, la connaissance des besoins des consommateurs américains est la clé de la réussite de la pénétration de ce marché comme l’ont rappelé différents intervenants. C’est pour cela qu’il est «important de prendre conscience qu’il n’y a pas de produit international, mais des produits spécifiques pour des marchés bien définis», a noté Belemlih. Outre le volet des relations commerciales, cet accord de libre échange offre d’autres opportunités, notamment celle de pouvoir investir dans les deux pays respectifs. C’est ce qu’a rappelé Mihail Seroka, chargé de mission à l’Ambassade des Etats Unis à Rabat. D’ailleurs, «les Etats Unis accordent un grand intérêt à cette relation avec le Maroc considéré comme un partenaire clé dans la zone méditerranéenne». Seroka a rappelé que ce genre d’accords peut susciter certaines craintes, en tête le risque de chômage. Or, les résultats sont là pour démentir ces suspicions. Il a affirmé que «cet accord a permis de grands investissements au Maroc, s’élevant à près de 2 milliards de dollars, générant près de 100.000 emplois».

Déficit

Durant les six dernières années, les échanges entre le Maroc et les Etats Unis ont connu une progression soutenue de 30% annuellement. C’est ce qu’a affirmé Souad Bennani Kheireddine, qui a souligné que les importations par exemple, sont passées d’un milliard de DH en 2006 à plus de 3 milliards en 2012. Ce taux pourra encore évoluer dans la mesure où plus de 90% des produits sont exonérés des tarifs douaniers. Néanmoins, la balance commerciale continue d’afficher un grand déficit pour le Maroc. Outre la faible compétitivité des entreprises marocaines face à un marché très développé, Bennani Kheireddine a avancé une autre explication. Pour elle, la nature des importations marocaines des Etats Unis explique aussi ce déséquilibre, car elles sont budgétivores. C’est le cas notamment des biens d’équipement sophistiqués, notamment du secteur aéronautique, d’une grande valeur, mais également d’autres matières premières comme le charbon et les céréales.

M. A. M.

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