×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Economie

Textile: Le pari du sourcing de proximité

Par L'Economiste | Edition N°:3997 Le 27/03/2013 | Partager

Mohamed Tazi, directeur général de l’Amith: «Nous espérons aboutir à un nouveau contrat de confiance entre l’Etat et le secteur, dénommé plan Textile 2025»

Tout en réfutant les chiffres d’Eurostat, Mohamed Tazi, DG de l’Association marocaine des industries du textile et de l’habillement, reconnaît les contre-performances des opérateurs marocains. Que ce soit au niveau de l’orientation générale ou en matière de ciblage des marchés, le business model du Royaume arrive à bout de souffle. Entretien.

- L’Economiste: Un décalage conséquent existe entre les chiffres d’Eurostat et ceux publiés par l’Office des changes. Quelles sont vos assurances par rapport à la résilience du secteur?
- Mohamed Tazi: La discordance entre les chiffres aurait été acceptable si elle ne dépassait pas 2 à 3% tant les méthodes et paramètres de calcul utilisés par chacune des parties sont différents. Mais quand elle prend une proportion de 7%, elle devient problématique. Il est difficile à ce stade de se prononcer sur la crédibilité d’une source de données par rapport à l’autre. Néanmoins, si l’on s’en tient aux données dont dispose l’association à travers son système de veille, celles-ci sont plus proches de celles de l’Office des changes qui créditent les exportations du secteur de 0,2% par rapport à 2011 que celles d’Eurostat qui affichent un fléchissement de 6,5%.

- En 2012, les coûts salariaux au Maroc sont supérieurs à ceux pratiqués en Tunisie et dans les pays d’Europe de l’Est. Est-ce un facteur qui plombe le positionnement du Maroc sur les marchés internationaux?
- Il est notoirement connu que les salaires au Maroc ont augmenté à une cadence plus soutenue que dans tous les autres pays de la région au cours de la dernière décennie, positionnant par la même le Maroc à la tête des pays africains en la matière. Dans un contexte international aussi tendu, chaque pays déploie ses propres leviers pour maintenir ses réalisations.
Au Maroc, le maintien du chiffre d’affaires à l’export s’est fait au détriment des marges. Cette solution ne saurait être à terme. Ne nous y trompons pas, les coûts des salaires sont déterminants, mais ils ne sont pas les seuls facteurs de compétitivité et le cas de la Turquie en est une parfaite illustration. Ce pays, qui bénéficie de l’intégration de ses filières, réalise les meilleures performances dans la région euromed même si les salaires dans ce pays représentent le double de ceux du Maroc et 3 fois ceux de la Tunisie ou de la Bulgarie. N’oublions pas les gisements d’amélioration en matière de productivité qui demeurent énormes. Les offres Moussanada dans le cadre de l’ANPME existent, il y a 2 ans encore, le textile représentait 25% du portefeuille de cette agence, il en représente aujourd’hui moins de 13%. 

- Dans quelles mesures l’ALE Maroc/USA peut profiter à votre secteur?
- Même avec une croissance de nos ventes entre 2011 et 2012 de 24% sur les US, nous ne pouvons  nous empêcher d’avoir un sentiment d’insatisfaction tant les réalisations marocaines sur ce marché restent insignifiantes. La part du marché US dans nos exportations est à peine de 1%. On peut toujours mettre à l’index les variables monétaires, logistiques, réglementaires des règles d’origine, etc. Qui, certes, constituent des freins au plein bénéfice de l’ALE Maroc/USA.
La véritable raison est à chercher au niveau de l’inadéquation de notre business model essentiellement axé sur la sous-traitance avec des enseignes européennes et l’inadaptation de l’offre marocaine tant en termes de qualité que de quantité pour souscrire les besoins du marché US.
- Au vu de la morosité du marché mondial, quelles sont vos perspectives pour le secteur?
- A l’Amith, nous continuons à penser que le contexte actuel est favorable au sourcing de proximité. Les approvisionnements textiles à partir de la Chine ont fléchi en 2012 de 9,5% pour la première fois depuis l’adhésion de ce pays à l’OMC en 2002. Ceux qui tirent leur épingle du jeu sont les pays qui, comme la Turquie, ont su anticiper en mettant sur pied un secteur intégré avec un fonctionnement harmonieux de ses filières. Le Maroc profite également de ce nouvel engouement pour la zone euroméditerranéenne, mais pas avec la même intensité. Un travail de réflexion bien fourni et documenté a été réalisé durant une année au sein de la profession en partenariat avec le ministère de l’Industrie. Il est aujourd’hui bien avancé. Nous espérons aboutir à un nouveau contrat de confiance entre l’Etat et le secteur dénommé plan Textile 2025.o

Propos recueillis par
Abdessamad NAIMI

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc