×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Analyse

Habitat insalubre
Plus d’un milliard de DH mobilisé pour Fès

Par L'Economiste | Edition N°:3997 Le 27/03/2013 | Partager
Etaiement, confortement, restructuration… en priorité
4.000 bâtisses concernées par le nouveau programme
Une loi pour intervenir sur le bien d’autrui s’il présente un danger

Les habitations anarchiques continuent de proliférer au mépris de la loi et sous le regard indifférent des autorités. De véritables «machines à tuer» qui pourraient  s’effriter au moindre problème de dénivellement ou de pluies torrentielles

DEUX cent décès qui auraient pu être évités, à cause d’un phénomène qui dure depuis 20 ans, sans véritable solution… Aujourd’hui, le problème des habitations anarchiques principalement à Fès (20% de la population vit dans des logements insalubres) est pris à bras le corps afin de stopper l’hémorragie. Abdelkader Ben Bassou, l’inspecteur régional de l’habitat et de l’urbanisme est conscient de l’importance des dangers de la construction anarchique et la prolifération de l’habitat clandestin. Selon lui, ses services ont expertisé minutieusement près de 6.000 bâtisses dont 3.666 dans le tissu ancien, (Médina et Méchouar Fès Jdid) et le reste dans le tissu d’habitat périphérique au niveau de la zone nord, Jnanates et Sahb El Ouard. Outre la précarité de la situation socioéconomique des ménages concernés, les experts de l’habitat ont mis des réserves sur la surdensification et surexploitation des bâtisses, le vieillissement des constructions, le statut d’occupation des bâtisses (la plupart des occupants sont des locataires d’où le manque d’entretien), la nature du sol très défavorable (sites impropres à la construction, cas des Jnanates et de la zone nord), et la surélévation des constructions. Ils ont noté également que ces bâtisses sont construites sans respect des normes réglementaires d’urbanisme et de sécurité. Le phénomène n’est pas propre à la ville de Fès. Loin s’en faut. Et dans les quatre coins du Royaume, de nombreux immeubles «clandestins» continuent à pousser, à prospérer et à narguer et défier le respect le plus élémentaire de la vie humaine. Les exemples ne manquent pas. Des quartiers entiers dans plusieurs villes n’abritent que l’habitat clandestin. Pour Fès, «suite aux effondrements répétés qu’a connus la ville, l’Etat, à travers le ministère de l’Habitat, de l’Urbanisme et de la Politique de la ville, en partenariat avec la wilaya et la commune urbaine de Fès, a mis en place, depuis 2002, une stratégie visant à cerner cette problématique», explique Ben Bassou. Cette stratégie porte sur l’intervention directe sur les sites concernés au niveau des quartiers d’habitat non réglementaire (identification – expertise – travaux de confortement et d’aménagement extérieur), et le relogement à travers l’acquisition d’un parc logements de 1.019 appartements répartis sur deux sites, à savoir Bensouda et Sahrij Gnaoua. Ce mode d’intervention a été destiné au profit des ménages occupant les constructions jugées irrécupérables par l’expertise technique. Le prix de cession des appartements, cédés par la location – vente, varie entre 43.000 et 120.000 DH. Le montant moyen des mensualités est de 300 DH sur une durée de 25 ans sans intérêts. Il a été opté également pour le confortement et la réhabilitation des constructions au niveau des tissus anciens (étaiement, interventions d’urgence, confortement des bâtisses à 100%, aide à la réhabilitation à 50%, évacuation des ruines) ainsi que l’octroi des aides frontales aux ménages occupant les bâtisses menaçant ruine irrécupérables et démolition des bâtisses évacuées. Selon le bilan présenté dernièrement au Souverain, durant la période 2002- 2007, le coût global des interventions adoptées a été estimé à 153 millions de DH pour Fès médina et  25,8 millions de DH pour Méchouar Fès Jdid. «Dès 2007,  l’Etat a mobilisé un deuxième  financement qui s’est élevé à 224,55 millions de DH pour la Médina et 47,9 millions de DH pour Méchouar Fès Jdid», explique l’inspecteur de l’Habitat. Et de poursuivre, «de même, les quartiers périphériques (zone nord et Jnanates) ont bénéficié, entre 2002 et 2007, d’un montant global de 59 millions de DH mobilisé sous forme d’interventions directes». Auparavant (en 2005), un montant de 100,14 millions de DH a été débloqué pour l’acquisition des habitats de relogement. En 2010, l’Etat a encore misé 150 millions de DH dans le cadre d’un programme d’urgence.
D’après un dernier bilan, l’on a procédé à l’étaiement de 1.162 bâtisses (tissu ancien), une intervention d’urgence au profit de 430 bâtisses, et le confortement de 495 bâtisses (212 aux quartiers périphériques et 283  au tissu ancien). Par ailleurs, grâce aux fonds mobilisés, 840 ménages (476 au tissu ancien et 364 aux quartiers périphériques) ont été relogés. L’Etat a financé également l’aménagement extérieur au profit de 9.000 ménages, et octroyé des aides frontales à 1.095 ménages (quartiers périphériques). «Et pour éviter l’occupation des bâtiments évacués, l’on a assuré la démolition de 158 bâtisses (13 au tissu ancien et 145 aux quartiers périphériques)».  In fine, le coût global des opérations menées de 2002 à 2010 a dépassé les 760 millions de DH. «Cette bagatelle a été subventionnée à hauteur de  421,14  millions de DH par le ministère de l’Habitat, de l’Urbanisme et de la Politique de la ville», conclut Ben Bassou.

Moins de contraintes?

LE nouveau programme d’intervention pour la période 2013-2017 nécessitera un investissement  de 550 millions de DH. Il porte sur le traitement de 3.666 bâtisses dont 1.729 classées 1er degré (330 millions de DH) et la restructuration de  2.279 constructions dont 975  classées  1er degré, toutes situées dans les quartiers périphériques (zone nord et Jnanates). La réalisation du programme de restauration ne devrait plus se heurter aux contraintes liées à la lenteur de la procédure juridique afférente à l’injonction des propriétaires des bâtisses concernées et la difficulté d’accès à certaines, vu l’absence de leurs propriétaires. A ce titre, le Parlement votera incessamment une nouvelle loi pour légaliser l’intervention sur un bien d’autrui si celui-ci présente un danger.

Y. S. A.

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc