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Economie

L’UE déçue par la lenteur des réformes au Maroc
De notre correspondant permanent à Bruxelles, Aziz Ben Marzouq

Par L'Economiste | Edition N°:3993 Le 21/03/2013 | Partager
La Commission européenne rend public son dernier rapport de suivi sur le Maroc
Elle invite à hâter la réforme judiciaire notamment
L’harmonisation réglementaire avec les acquis communautaires jugée nécessaire

L’UE montrerait-elle un certain agacement à propos des retards dans la mise en œuvre des réformes engagées par le Maroc?
«En 2012, le Maroc s’est engagé à mettre en œuvre toutes les recommandations formulées dans le Plan d’action en 2011, mais ne les a pas entièrement réalisées. La plupart des recommandations du rapport de suivi de 2012 restent donc valides ». C’est la principale observation que la Commission européenne fait dans son dernier rapport de suivi sur le Maroc en ce qui concerne les développements intervenus en 2012. Parmi ses recommandations majeures pour l’avenir, Bruxelles invite notre pays notamment à hâter la réforme du secteur judiciaire, à lutter plus efficacement contre la corruption, à lutter contre le chômage des jeunes et à accélérer le rapprochement de la législation marocaine avec l’acquis communautaire.
Si le rapport de suivi de la Commission européenne admet du bout des lèvres que des progrès substantiels ont été réalisés sur le plan commercial avec la mise en place définitive de la zone de libre-échange entre le Maroc et l’UE le 1er mars 2012 et l’entrée en vigueur de l’accord de libéralisation du commerce agricole. En revanche, le document regrette que «les progrès dans la mise en œuvre effective de la nouvelle Constitution aient été assez limités».

Devant les représentants du peuple européen

Stefan Füle, qui est très apprécié par les eurodéputés, s’est adressé à eux en premier pour leur présenter les principales conclusions que la Commission a tirées de ses relations en 2012 avec les pays partenaires du sud et de l’est de l’Europe. Il s’est notamment félicité du fait que la Commission et le Maroc aient lancé des négociations sur un futur accord de libre-échange complet et approfondi ainsi qu’un autre sur la mobilité des personnes entre les deux parties. Il s’est aussi félicité que dans un dernier sondage «eurobaromètre», les personnes sondées au sud de la Méditerranée ont répondu que le «respect des droits de l’homme et la solidarité» étaient les deux principales caractéristiques de l’Union européenne.
Il a reconnu que la Politique européenne de voisinage «n’apporte pas de recettes-miracle mais qu’aujourd’hui il s’agit de la politique la plus souple et la plus étendue pour soutenir les efforts de réformes des pays partenaires du sud». Il a dit aussi que « chaque rapport de suivi est unique» dans la mesure où il différencie l’action de l’UE en fonction et des ambitions et des besoins de chaque pays partenaire. Si la PEV ne prévoit pas de perspective d’adhésion pour les pays du sud, a-t-il indiqué, «elle offre en revanche la perspective d’une intégration à une zone économique européenne étendue».
Le commissaire tchèque a précisé qu’il s’agit «d’une démarche progressive mais qui exige aussi des pays partenaires d’intégrer les valeurs et les principes du marché intérieur européen. Il a aussi souligné la nécessité de promouvoir la coopération régionale notamment au niveau des pays du Maghreb car, a-t-il souligné, «la Banque mondiale elle-même a regretté que le Maghreb soit la région la moins intégrée du monde... ».

En d’autres termes les Marocains n’ont pas fait leur boulot ce qui revient à dire que la plupart des recommandations du rapport de 2012 restent d’actualité. S’agissant du nouveau «Plan d’action de la Politique européenne de voisinage» pour la période 2013-2017, le partenaire européen invite le Maroc à procéder dans les meilleurs délais à une série impressionnante de travaux pratiques. Parmi ceux-ci, l’accélération de l’application de la nouvelle Constitution, notamment par l’adoption des seize lois organiques prévues et la mise en place des structures chargées de son application, l’adoption des lois organiques pour la création d’un Conseil supérieur du pouvoir judiciaire et le statut des magistrats, l’adoption de la nouvelle Loi organique des finances, la lutte «plus résolue» contre la corruption, un meilleur respect de l’exercice des libertés d’association, de rassemblement, d’expression et de la presse (y compris par l’adoption du nouveau Code de la presse), l’adoption du Plan d’action national en matière de démocratie et des droits de l’Homme et la nécessité d’associer la société civile à l’élaboration, la mise en œuvre et l’évaluation des politiques publiques.
Sur le plan économique, notre pays est encouragé notamment à accélérer le Pacte national pour l’émergence industrielle dans les secteurs porteurs de l’économie, à adopter la nouvelle loi sur la concurrence et à améliorer l’environnement des affaires.
Au niveau social, le Maroc se doit de renforcer la lutte contre le chômage notamment des femmes et des jeunes, y compris à travers des mesures visant la formation de la main-d’œuvre dans les secteurs porteurs de l’économie et le développement rural.
Le système des subventions généralisées «Caisse de compensation» devrait cibler davantage les couches les plus pauvres de la population. En vue d’élaborer un programme national de convergence réglementaire, le Maroc est invité à rendre plus systématique le rapprochement de sa législation avec l’acquis communautaire.

Bémol d’une «amie du Maroc»

Bien qu’elle soit membre du «Groupe d’amitié du Parlement européen avec le Maroc», la libérale belge Annemie Neyts a soulevé -lors du débat avec le commissaire Füle- la question des quatre eurodéputés refoulés du sol national il y a une semaine. «C’est parce que je suis une amie du Maroc -même si je ne suis pas d’accord avec les idées politiques de ces quatre collègues du Parlement européen- que je me permets de critiquer cette décision des Marocains. Ils ont manqué une opportunité d’expliquer leur position et ont -au contraire- renforcé la position de ceux qu’ils voulaient combattre», a-t-elle indiqué.
Ce à quoi le commissaire Füle a répondu: «Je considère que dans le cadre de notre relation très privilégiée avec le Maroc les autorités de ce pays doivent faire preuve de plus de sincérité dans leurs communications avec les institutions européennes. Il ne doit pas y avoir de tabous dans nos relations avec le Maroc et ce pays devrait s’abstenir de faire des obstacles aux allers et venues d’individus du Parlement européen ou de n’importe quelle autre institution européenne qui voudraient accomplir l’une ou l’autre mission au Maroc».

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