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Tribune

Pour un renouveau du tennis marocain
Un projet sportif alternatif
Par Mohammed Benmoussa

Par L'Economiste | Edition N°:3989 Le 15/03/2013 | Partager

Mohammed Benmoussa est ancien banquier et chef d’entreprise

Un projet sportif alternatif est nécessaire pour assurer le renouveau du tennis marocain. Il a pour vocation d’améliorer radicalement la performance de la gestion fédérale sur plusieurs niveaux : la gouvernance, la direction sportive, la politique d’investissement et l’organisation des tournois.

La gouvernance fédérale

La révision des statuts de la F.R.M.T. constitue la première priorité d’un plan d’urgence. Un Règlement intérieur fédéral devra être défini en concertation avec les clubs. La bonne gouvernance requiert aussi des dirigeants fédéraux la capacité de rendre compte régulièrement de leur gestion. Un congrès fédéral annuel pourrait être organisé la semaine précédant le Grand Prix Hassan II, pour présenter le bilan d’activité ainsi que l’état d’avancement du projet sportif fédéral. Une fédération sportive bien gouvernée suppose qu’elle dispose d’outils de communication et de pilotage modernes, permettant une diffusion massive de l’information et un partage élargi des données et des expériences. Il faudra donc procéder à une refonte globale de son site web et veiller à son interactivité, créer un réseau de vidéo communication sur IP et le mettre en place entre la Fédération et les clubs, favoriser une communication clubs/ Fédération dans les deux sens par le biais d’enquêtes de satisfaction permettant la remontée des réalités de terrain. Il faudra également lancer une campagne de communication valorisant l’identité et la mission de la Fédération, incitant le grand public à la pratique du tennis en véhiculant les valeurs assorties à ce sport et créant un engouement national pour le tennis de compétition.

La gestion sportive de la D.T.N.

La D.T.N. (Direction technique nationale) doit faire l’objet d’une restructuration globale. Seuls les critères de compétence et de performance doivent guider les choix des hommes. La feuille de route de la D.T.N. doit être établie par le bureau fédéral qui fixera les orientations politiques. La D.T.N. sera chargée de les appliquer et devra soumettre à l’approbation du bureau fédéral un plan d’action opérationnel traduisant dans les faits ces orientations. Elle sera tenue de rendre compte des résultats sportifs des équipes nationales. La pratique du saupoudrage de bourses d’entraînements doit être interrompue, pour laisser place à une politique d’aides directes aux clubs et à un suivi décentralisé des meilleurs jeunes joueurs basé sur la formation des formateurs, la responsabilisation, la mesure des performances sportives et la motivation au mérite. Seuls les joueurs d’élite doivent faire l’objet d’un suivi personnalisé au sein de la structure fédérale d’entraînement.

La politique d’investissement en équipements

La Fédération doit lancer un fonds d’aides fédérales abondé par le ministère de la Jeunesse et des Sports, destiné à soutenir directement les clubs qui présentent des projets sérieux visant l’entretien et l’amélioration de leurs infrastructures. La Fédération doit également les aider dans leurs démarches à l’égard des collectivités locales qui accepteraient de participer aux investissements en raison de leur utilité collective. Sous l’appui du ministère de la Jeunesse et des Sports et du ministère de l’Economie et des Finances, un fonds de garantie peut être créé avec le Groupement professionnel des banques du Maroc pour faciliter l’accès des clubs aux crédits d’investissement bancaires et mutualiser le risque de contrepartie.

L’organisation des compétitions nationales & internationales

Le Maroc organise chaque année 24 tournois internationaux dans les catégories juniors et séniors professionnels. Il faut aller plus loin: augmenter les dotations des tournois professionnels, enrichir le circuit ITF juniors par des tournois de grades 2 & 3, upgrader le Med Avenir pour le porter au grade A et élargir la programmation des tournois internationaux aux jeunes catégories (minimes & cadets). Les rapports d’évaluation émanant des superviseurs de l’ITF, ATP & WTA, doivent être rendus publics, pour permettre de corriger les anomalies relevées et rehausser le niveau d’organisation .La convention signée avec la BMCI BNP, Paribas pour l’organisation du Grand Prix Hassan II, doit être renégociée.Comme doivent être conclues d’autres conventions de partenariat et de sponsoring avec les grandes entreprises institutionnelles. Des discussions avec les chaînes de télévision nationales doivent conduire à une meilleure diffusion des matchs du circuit international.                                                                                                                         

Le calendrier des tournois nationaux doit être considérablement enrichi en encourageant les clubs inactifs à organiser des tournois sur tout le territoire national, et les tableaux de doubles doivent être systématisés dès les petites catégories en assurant la gratuité de l’inscription et en prévoyant des prix et des primes attractifs. Les dotations doivent être très significativement augmentées pour la catégorie des 2e et 1re séries, où un nombre important de participants vivent de leur pratique sportive. Les règles régissant les compétitions nationales doivent être définitivement arrêtées en concertation avec les clubs et figées dans un Règlement sportif, qui sera opposable à tous et empêchera la reproduction des pratiques douteuses du passé.

La montée en puissance du Grand Prix Hassan II

Une feuille de route plus ambitieuse doit être attribuée à un directeur de tournoi, qui veillera à son application et présentera un plan d’action opérationnel. Il sera en particulier chargé de hisser le Grand Prix Hassan II au statut d’ATP 500 dans un horizon de 4 à 5 années. Les infrastructures du site du tournoi doivent être modernisées pour attirer et fidéliser un public de plus en plus nombreux. Il sera nécessaire d’améliorer le service au public (accueil, restauration, animations,...). Des enquêtes qualitatives doivent être régulièrement menées pour mesurer la satisfaction des spectateurs et des professionnels du tennis (joueurs, coachs, journalistes, sponsors, exposants,...). Il faudra assurer au tournoi une meilleure couverture médiatique. Un plan de communication puissant devra être mis en place et une stratégie de marketing évènementiel doit être conçue pour scénariser l’événement sportif sur plusieurs semaines, dont l’apothéose sera la semaine du tournoi. Des contacts one to one doivent être pris pour garantir la venue de grandes stars du tennis mondial. Les retombées financières du Grand Prix Hassan II doivent faire l’objet d’une redistribution partielle et équitable en faveur des joueurs de haut niveau à titre de soutien fédéral et aux clubs les plus engagés dans la formation des jeunes champions.  
Le projet sportif alternatif a vocation de susciter une mobilisation générale pour reconsidérer les générations actuelles et donner un avenir aux générations futures. Il doit être prioritairement au service des champions marocains qui portent et porteront fièrement les couleurs nationales sur le circuit international. Nous leur devons le respect qu’ils méritent, la reconnaissance à laquelle ils aspirent, la solidarité qui nous oblige et le soutien qui leur est dû.

Complexe Al Amal

La Fédération doit se doter de ses propres installations dont elle aura l’entière maîtrise. Le complexe Al Amal de Casablanca représente le lieu le plus adapté. Des négociations avec les élus de la commune urbaine de Casablanca doivent être engagées, avec l’appui du wali du Grand Casablanca, pour obtenir la signature d’un bail emphytéotique sur 99 ans. A défaut d’accord, une procédure d’expropriation au profit du ministère de la Jeunesse et des Sports qui accorderait dans une seconde étape ledit bail à la Fédération, pourrait être envisagée.

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