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Régions

Fès/Effondrement
Les habitants montent au créneau

Par L'Economiste | Edition N°:3989 Le 15/03/2013 | Partager
Ils manifestent devant le palais royal
Et accusent des agents de l’autorité d’être responsables de la vente de biens insalubres

A l’heure où nous mettions sous presse, les éléments de la protection civile fouillaient encore les décombres. Pour sa part, la population du quartier Hay Hassani tentait d’organiser un sit-in devant le plais royal. Elle réclame des logements décents et surtout salubres

TRISTES, anxieux, et angoissés… les habitants du quartier Hay Hassani Ben Debbab se sont réveillés, jeudi 14 mars, sur un autre effondrement. Fort heureusement, l’incident n’a fait aucune victime. Toutefois, ce ne sont pas moins de 8 familles qui ont perdu leurs logements ainsi que leurs biens. En effet, «l’écroulement s’est fait en deux temps. D’abord, mercredi vers 22 heures, une partie du toit a cédé suite aux fortes pluies. Jeudi, à 8 heures du matin, c’est tout l’immeuble qui s’est effondré», raconte l’une des victimes. Selon elle, «l’effondrement partiel de la veille a poussé les habitants à passer la nuit ailleurs». Autrement, le bilan aurait été catastrophique.
Sur place, des constructions denses, une pauvreté palpable, et une population en colère. Celle-ci dénonce la complicité de l’autorité. Pour elle, «le développement de ce désordre est favorisé par les réseaux de connivence tissés entre les services de contrôle de l’Etat et les promoteurs-spéculateurs». A ce titre, une vieille femme accuse nommément des agents de l’autorité qui «seraient impliqués dans la vente des logements insalubres». «Certes, nous avons reçu un arrêté d’évacuation depuis des mois. Toutefois, nous constatons que les actes d’achat et de vente des appartements se font valider encore sous les yeux du caïd et des moqqaddems (Abdelali, Tanjaoui et Rezzouki)», dit-elle. Pis encore, «certains locataires seraient mêmes encouragés par les représentants de l’autorité à ne pas quitter leurs habitations insalubres», ajoute un autre habitant. «Ceci, dans le but de profiter de subventions conséquentes», déclare un jeune du quartier. Des propos impossibles à vérifier auprès du responsable de l’arrondissement. En tout cas, plusieurs autres habitations de cette zone menacent ruine. Construites pour la plupart entre les années 1970 et 2000, ces logements ne répondent à aucune norme d’urbanisation. A l’absence de technicité s’ajoutent la nature des matériaux et la qualité de mise en œuvre en général, tels qu’observés sur l’emplacement et dans le quartier, qui sont également très médiocres. Rappelons enfin que l’histoire des effondrements de Hay Hassani remonte à décembre 1999 date à laquelle Fès avait connu le plus meurtrier des écroulements d’immeubles (près de 50 morts). Malgré ce drame, les constructions ont continué, de la même façon. Hier, à l’heure où nous mettions sous presse, les victimes collatérales de ce nouvel effondrement tentaient d’organiser un sit-in devant le palais royal pour réclamer des habitations décentes.

 

De notre correspondant, Youness SAAD ALAMI

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