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Société

Droits de la femme: Le RNI s’inquiète

Par L'Economiste | Edition N°:3985 Le 11/03/2013 | Partager
Le parti déplore le retard dans la mise en œuvre du principe de la parité
Et critique l’absence des femmes dans la dernière liste des ambassadeurs
L’Instance de la parité doit avoir une autorité parajudiciaire, selon le CESE

Pratiquement tous les participants à la conférence organisée par le RNI ont critiqué la lenteur du gouvernement dans la concrétisation du principe de la parité et la création de l’Instance nationale prévue par la Constitution

AU moment où le monde entier célébrait la journée internationale de la femme, le Rassemblement national des indépendants (RNI) a saisi l’occasion pour remettre sur la table la question de la parité entre les hommes et les femmes, lors d’une conférence organisée jeudi dernier à Rabat. L’objectif est de faire le point sur ce qui a été réalisé en matière de dispositions constitutionnelles relatives à l’égalité des sexes. Surtout que ce dossier «constitue une priorité pour le parti. Aujourd’hui, plus d’une année et demie après l’adoption de la Constitution, il faut accélérer sa mise en œuvre», a souligné Amina Benkhadra, membre du bureau exécutif du parti et ex-ministre de l’Energie. En effet, «la nouvelle Constitution a introduit une série de principes qui vont transformer l’image de la société marocaine», a noté pour sa part Salaheddine Mezouar, président du RNI. «Nous ne devons pas perdre de vue la leçon tunisienne où les femmes font face à la menace d’hégémonie d’une idéologie totalitariste», a-t-il rappelé. L’ex-argentier du Royaume fait allusion à l’impact de la montée des islamistes au pouvoir sur les libertés individuelles et sur les acquis en matière des droits de la femme. Ces critiques sont également adressées au gouvernement Benkirane qui «n’a pas fait preuve d’engagement en faveur de la promotion du principe de la parité», se sont accordés à dire plusieurs membres du parti. D’ailleurs, «la loi organique relative à la parité a été placée en bas de la liste de l’agenda législatif du gouvernement», a avancé Mezouar. Cela se traduit aussi par «l’absence des femmes dans les dernières nominations, notamment la liste des ambassadeurs qui vient d’être approuvée», a déploré Naima Farah, députée du RNI. C’est pour cela que Mezouar a appelé à une mobilisation générale pour la défense des droits de la femme. Car, «il faut combattre pour préserver les acquis et avancer sur le terrain de la promotion du rôle de la femme dans la société», a-t-il ajouté. De son côté, Khadija Rebbah, président de l’Association démocratique des droits de la femme au Maroc, a rappelé l’engagement du Royaume, dans le cadre du sommet Rio+20, à accélérer l’opérationnalisation des principes d’égalité des sexes. Or, «ce principe a été aux oubliettes depuis l’installation de ce gouvernement dont les orientations idéologiques sont connues de tous», a-t-elle affirmé. Cette militante associative a dressé un tableau sombre de la situation socioprofessionnelle des femmes au Maroc, qui travaillent dans des secteurs difficiles avec des revenus dérisoires. Ainsi, «près de 35% des femmes sont employées dans les secteurs de l’industrie et de l’artisanat dans des conditions difficiles, au moment où 40% d’entre elles travaillent dans les métiers agricoles, et seulement 4,6% sont chefs de service», a-t-elle avancé.
Par ailleurs, même «l’instrument institutionnel de promotion des droits de la femme semble limité à cause du manque de moyens qui l’empêche de mettre en place des politiques préventives», a indiqué Zahra Zaoui, membre du Conseil économique, social et environnemental (CESE), qui a élaboré une étude sur ce sujet. Elle fait allusion au ministère de la Femme, de la Famille et de la Solidarité, «dont la refonte est devenue une urgence». Cette étude réalisée en auto-saisine contient une série de recommandations. En tête, «la nécessité de mettre en place une loi définissant le concept de discrimination à l’égard des femmes en vue de l’incriminer, parallèlement à la création de l’Instance de la parité». A cela s’ajoute «la réforme du code pénal afin de l’harmoniser avec les dispositions constitutionnelles, et l’adoption de mesures visant la préservation de la dignité des femmes en situation vulnérable». Le CESE a également appelé à favoriser l’approche de discrimination positive à l’égard des femmes. Mieux, il a appelé les partis politiques et les syndicats à «appliquer le principe de la parité dans leurs structures internes».
Ces mesures devraient être accompagnées du lancement «d’un plan d’action en faveur de l’égalité des sexes dans le monde rural». De son côté, le Conseil national des droits de l’Homme a également réalisé une étude sur la nouvelle Instance de la parité. Il en ressort que «les expériences internationales ont montré que cette structure doit être encadrée par une loi relative à la lutte contre la discrimination», a fait savoir Naima Benwakrim, membre du CNDH. Les débats au sein du Conseil étaient animés, notamment concernant certains points relatifs au fonctionnement de cette instance. Ainsi, parmi les points qui ont fait l’objet du débat, l’on retrouve le statut de cette structure qui «doit disposer d’une autorité parajudiciaire». Aussi, «ses membres doivent être choisis sur la base de la compétence et de l’expérience, afin qu’elle ne devient pas otage des rapports des forces politiques», a expliqué Benwakrim.


Mohamed Ali MRABI

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