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Economie

Tension sur le marché du fuel industriel

Par L'Economiste | Edition N°:3985 Le 11/03/2013 | Partager
Les opérateurs tirent la sonnette d’alarme
Les briquetiers, les plus touchés
Samir dénonce des pratiques de dumping sur le marché

La note de conjoncture du ministère de l’Energie du mois de février dernier fait ressortir une baisse de la production de fuel de 13%  chez Samir en 2012

Les industriels sont sous tension! Pour cause, les problèmes d’approvisionnement de fuel industriel refont surface. «Il y a une véritable pénurie en matière de fuel industriel. S’y ajoute un manque de qualité. Ce problème s’aggrave de jour en jour», dénonce Fouad Benzakour, président de l’Association professionnelle des industries céramiques (APIC). Même l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) a été touché par cette pénurie. Il y a deux mois, les centrales de Mohammedia et de Kénitra se sont arrêtées pendant deux jours à cause du manque de fuel industriel. Pourtant, l’Office est prioritaire en matière d’approvisionnement! Cependant, l’industrie des briquetiers reste la plus touchée. C’est d’ailleurs cette activité qui consomme le plus de fuel. «Depuis un mois, nous souffrons de grandes difficultés d’approvisionnement que ce soit auprès de Samir ou des autres distributeurs», témoigne Mohamed Bouattane, directeur financier et administratif de Briqueterie Slaoui, l’un des plus gros opérateurs du marché. L’enjeu est de taille pour cette profession. «Le déficit en énergie fait subir aux briquetiers une véritable pression à cause du risque d’arrêt de production qui peut coûter entre 300.000 et 600.000 DH», tient à précisier Rachid Naanani, DG d’Orobrique. En fait, les unités de briqueterie tournent non stop 24h/24 et tout arrêt des fours nécessite une semaine de manipulations avant de reprendre la production.
Des charges supplémentaires que les professionnels auront du mal à supporter en ces temps de crise. Cette situation est également confirmée par le Groupement des pétroliers du Maroc (GPM). «Il y a eu beaucoup de difficultés d’approvisionnement surtout parce que la Samir a dû faire face à une hausse importante de la demande chez l’ONE», explique Adil Ziady, président du GPM.
Pour Ziady, le problème est davantage structurel. «Le besoin annuel en fuel industriel est de 2,7 millions de tonnes, alors que la production n’est que de 1,2 million de tonnes», souligne Ziady. Cet écart est compensé par un renforcement des importations. Ainsi, à elle seule, Afriquia (Groupe Akwa) compte importer cette année entre 600.000 et 800.000 tonnes de fuel industriel. Cette importation n’est devenue possible que grâce aux nouvelles installations du port de TangerMed. Contacté par L’Economiste, le management de Samir rejette en bloc l’existence d’une quelconque pénurie. Le raffineur a livré depuis le début du mois 58.000 tonnes contre 35.000 tonnes normalement. «Il n’y a pas demande qui ne soit pas satisfaite, Samir dispose d’un stock suffisant. S’il y a des difficultés d’approvisionnement, le problème se trouve plutôt dans la distribution», explique Mohamed Hajroun, directeur des combustibles et carburants auprès du département de tutelle. Pour sa part, le raffineur Samir pointe du doigt un problème encore plus grave. «Il y a un véritable dumping dans le marché. Des opérateurs importent du fuel à moindres prix grâce à la récession économique dans les pays voisins», dénonce le management de Samir qui affirme avoir porté le problème devant la tutelle. Sauf que Fouad Douiri ministre de l’Energie et des Mine,  explique n’avoir reçu aucun dossier dans ce sens. «Nous avons mis en place une commission de travail avec Samir et le Groupement des pétroliers qui se réunit mensuellement pour établir des prévisions d’importations et des besoins des opérateurs», explique Douiri. En tout cas, ce problème d’approvisionnement cache, selon certains opérateurs, une véritable guerre des tranchées entre Samir et les pétroliers/distributeurs.

Compensation: 1 milliard de DH de charges financières

Les 21 milliards de DH d’arriérés de paiement que doivent les pétroliers à l’Etat au terme de la compensation sont de moins en moins supportables. «Ces retards génèrent des charges financières de 1 milliard de DH par an pour les pétroliers», confie  Adil Ziady, président du GPM. En fait, les pétroliers sont obligés de se financer auprès des banques pour couvrir les retards de versement de l’Etat. Aujourd’hui, le GPM réclame un calendrier précis des versements pour avoir plus de visibilité sur le reste de l’année.

Ilham BOUMNADE

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