Economie

Assises de l’industrie : Le nouvel impératif du pacte Emergence

Par L'Economiste | Edition N°:3973 Le 21/02/2013 | Partager
Tous les ministères doivent s’impliquer pour une plus grande convergence
De nouveaux secteurs rejoignent les métiers mondiaux
1.400 patrons et toute l’équipe de Benkirane à Tanger

TOUT le gotha du monde des affaires s’est donné rendez-vous aux  troisièmes Assises de l’industrie qui se sont déroulées hier à Tanger. Un événement hautement stratégique présidé par le Souverain accompagné pour la circonstance de Son Altesse le prince Moulay Rachid.  Il ne faut pas oublier que les enjeux du Pacte national pour l’émergence industrielle (PNEI) sont primordiaux pour la relance de l’économie, et surtout la compétitivité du Maroc. A l’horizon 2015, cette stratégie qui reposait jusqu’alors sur 6 métiers mondiaux (Aéronautique, textile, offshoring, agroalimentaire, automobile et électronique) devrait permettre la création de 220.000 emplois, l’augmentation du PIB industriel de 50 milliards de DH additionnels et un volume supplémentaire à l’export de 95 milliards de DH. La plateforme Maroc devrait également générer quelque 50 milliards de DH d’investissements privés.
Des ambitions pour lesquelles toute l’équipe gouvernementale doit se mobiliser pour une plus grande convergence. Tous les ministres ont d’ailleurs accompagné Abdelkader Amara, ministre du Commerce et de l’Industrie, pour la présentation du bilan d’étape de la politique industrielle. Ce sont aussi plus de 1.400 chefs d’entreprises, professionnels et autres personnalités qui ont attentivement suivi l’évaluation des réalisations du pacte Emergence. Trois points sont à retenir. L’industrie a pu capter 8 milliards de DH d’investissements directs étrangers (IDE) en 2012. Le Maroc a également signé un accord de co-localisation industrielle avec la France en décembre dernier. Un accord similaire avec l’Espagne est aussi envisagé.
Le pays a réussi à attirer de grands groupes mondiaux, comme Bombardier qui a inauguré son usine à MidPark à Nouaceur, autre investissement de référence après celui de Renault à Tanger. «L’ensemble de ces investissements ont pu créer plus de 100.000 emplois dans les six métiers mondiaux du Maroc entre 2009 et 2012», note Amara.
Hormis la présentation du bilan, l’évènement a été marqué par la signature de plusieurs accords importants. Ainsi, comme annoncé par L’Economiste dans son édition n°3972 du 20 février, les secteurs de la chimie-parachimie et la plasturgie bénéficient désormais d’un contrat-programme s’établissant sur la période de 2013 à 2023. Un document paraphé, lors des Assises, par les industriels, le gouvernement et l’Office chérifien des phosphates (OCP). Un deuxième contrat-programme a été signé avec les laboratoires pharmaceutiques pour la période 2013-2023.

Au-delà des stratégies sectorielles,

les Assises se sont aussi focalisées sur

les volets technique et de formation

Les IMME ne sont pas en reste. Un mémorandum d’entente a été paraphé entre l’Etat et leur fédération afin d’établir un contrat-programme, «dont les détails seront annoncés prochainement», confie à L’Economiste Abdelhamid Souiri, président de la Fédération des IMME. Et même si le secteur de l’offshoring affiche les meilleurs scores, il n’en est pas moins concerné par cette dynamique. Une plateforme «Moultaka» pour les échanges et la coopération dans le secteur de l’offshoring devrait bientôt voir le jour.
Au-delà des stratégies sectorielles, les Assises se sont aussi focalisées sur les volets technique et de formation. Ainsi, une convention pour le soutien des centres techniques d’appui aux entreprises a été conclue entre le gouvernement, les fédérations et les différents centres. A titre d’exemple, le Centre technique textile (CTT) qui existe depuis 1996 mais qui, faute de moyens, ne pouvait plus remplir convenablement son cahier des charges (analyse, essais, veille et formation technique), selon l’Amith. Le contrat-programme étalé sur la période 2013-2017 permettra de doter ces centres de moyens pour accomplir au mieux leurs missions. «A lui seul, le CTT disposera d’une enveloppe budgétaire de près de 40 millions de DH financés par l’Etat», précise Mohamed Tazi, DG de l’Amith. Les centres s’engagent pour leur part à accompagner les entreprises dépendamment de leur secteur et à accomplir des actions d’ordre public. Pour pallier le manque de financement, une convention cadre relative à la mise en place d’une plateforme de notation entre l’Etat et Arab Bank pour l’amélioration de l’appui et du financement des PME. La rencontre a été prolifique aussi en matière de formation. Une convention a été conclue afin d’assurer l’adéquation entre l’offre de formation dans l’enseignement supérieur et les besoins des entreprises.

Financement: Les engagements du GPBM

LE GPBM, qui intervenait lors de ces 3e Assises de l’industrie à Tanger a réitéré son engagement en faveur de l’accompagnement du Pacte national pour l’émergence industrielle. Le secteur bancaire, malgré les critiques des opérateurs industriels, a pu contribuer au financement de l’économie marocaine à hauteur de 720 milliards de DH, soit une croissance moyenne de 8,2% de 2010 à 2012, selon Othman Benjelloun, président du GPBM. 160 milliards de DH ont été attribués à titre de crédits à l’équipement et près de 220 milliards de DH en prêts immobiliers. En parallèle, le réseau bancaire a pu continuer son extension passant de 4.800 agences en 2010 à environ 5.500 agences en 2012, améliorant ainsi l’accès des citoyens aux services bancaires avec un taux de bancarisation atteignant les 55 % en 2012, se félicite Benjelloun.

Meriem Bensalah: Leçon de pragmatisme

L’intervention de Meriem Bensalah, présidente de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) lors des Assises de l’industrie n’est pas passée inaperçue. La patronne des patrons a mis le doigt sur la plaie. «Le repli de l’industrie est réel. L’année dernière 38.000 postes d’emploi ont été perdus dans l’industrie», explique Bensalah. En effet, depuis plusieurs années certains opérateurs industriels se dirigent vers d’autres activités à plus grande rentabilité. Pour Bensalah, «il est nécessaire de trouver de bonnes solutions et dans de bons délais à la réelle problématique de la disponibilité du foncier et au problème récurrent de l’amélioration du climat des affaires». La CGEM appelle également au raccourcissement des délais d’activation des P2I et des agropoles.

IL. B. & A. A.

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc